Lettre ouverte à Monsieur Jean-Christophe Monier, usurpateur, sagouin, et charretier de son état.
Monsieur,
Mon excellent confrère Marcel Monpatron me rapporte que dans le cadre d'un
newsgroup de motards, vous
déposâtes le 4 avril, à 11 heures 54, le message suivant:
Bonjour,
Avec leur langue parlée fleurie et particulière, il est parfois, pour nous
pauvres êtres civilisés, difficile de comprendre ce que nous répondent
"ces d'jeunes qui n'en veulent" lorsque, par exemple, perdus au fin
fond du département 93 ("le neuf trois" comme ils l'appelent si
joliement) au guidon d'un Speed Triple de plus de 1000 Kms un Samedi soir vers
23h (je sais, il est peu probable que cela arrive ... notamment à cause de la
Triumph avec plus de 1000 Kms), nous quémendons notre chemin à l'un de ses
"d'jeunes qui n'en veulent" le troublant alors dans sa trépidante
discution avec ses comparses émerveillés par son verbe et le chic de ses
baskettes Nike "Limited Edition" et de son survêtement Adidas des années
Disco certifié.
Voici donc un petit guide de voccabulaire pour lequel je m'efforce de donner un
exemple concret après chaque définition avec la traduction en language normal
et ce dans un objectif d'assimilation immédiate.
Oui ami, toi aussi avec quelques efforts et un survêtement adapté tu pourras
alors habiter le "neuf trois" si tu le désires ou au moins te sortir
de là sans paraître trop étranger à la faune locale (mais peut-être pas écouter
Joey Starr - celui du groupe "Fait l'Amour avec ta Maman" - non parce
que là, franchement, faut pas exagérer ! Il y a des choses comme ça que l'on
ne pourra jamais faire.).
Ami, je ne saurais trop te conseiller de conserver ce petit guide dans ta
poche... surtout si tu roules en Triumph :-)
Voilà donc :
A la suite de ce fastidieux préambule, qui compte
plus de fautes de goûts qu'il y a de pustules sur le visage d'un préadolescent
acnéique, vous copiez/collez sans une once de scrupule l'intégralité du
"Dictionnaire du sauvageon", dont je suis l'auteur au bénéfice
exclusif du site ou-pas.net.
J'aimerais rappeler à votre mémoire le texte intitulé Copyright, caché dans la catégorie Le site d'ou-pas.net, ou peut-être vous en apprendre l'existence, après tout, vous n'êtes pas obligé d'avoir lu l'intégralité du site avant de commettre les crimes odieux que j'entends dénoncer ici. En substance, il y est précisé que les écrits publiés dans ou-pas.net sont la propriété de leurs auteurs, et que toute reproduction non autorisée est susceptible de donner lieu à divers sévices corporels. Vous l'avez compris, ce texte n'est pas à prendre au sérieux: tout un chacun peut faire ce qu'il veut de ce qu'il trouve sur le net, et surtout chez nous, qui ne sommes pas des gars prise de chou. Je pourrais même être flatté de ce qu'un internaute se fasse mousser dans les forums en s'appropriant la paternité d'un texte dont je suis l'auteur. Mais il y a hic, et un fameux encore: vous avez cru bon apporter des modifications à mon texte. Et ça, je ne peux pas le supporter, car elles n'ont absolument pas lieu d'être, ne faisant qu'alourdir le propos, quand elles ne le déforment pas. Permettez moi d'en faire un recensement complet.
Vous commencez dès la première définition. Alors que pour traduire Cette meuf c'est de la balle, j'écris Je ne suis pas insensible aux charmes de la donzelle, vous remplacer la donzelle par cette demoiselle. Pour quelle étrange raison? La question bée.
Dans la seconde entrée, je définis le terme bouffon ainsi: Qui ne s'apparente pas au clan, amorçant de la sorte un formidable numéro d'humour de répétition que vous allez vous acharner à mettre en miette, dès sa première application. Je traduis en effet Nique lui sa race à ce bouffon par Rabat son caquet à cet individu qui ne s'apparente pas au clan. Vous écrivez pour votre part Rabat lui son caquet à cet individu qui ne s'apparente pas à notre milieu. D'une part, vous sucrez au clan au profit d'un ridicule notre milieu, et ça n'a aucun sens, d'autre part vous en profitez pour ajouter un lui à rabat qui n'en avait nullement besoin, puisque précédé d'un son. Non content d'être un usurpateur, vous vous avérez être un fameux charretier.
Résolu à me niquer mon effet, vous vous évertuez
par la suite à trouver des expressions synonymes partout ou j'écris qui
ne s'apparente pas au clan. Exemples:
La prof d'anglais elle a des veuch tout chelous/Ce n'est pas tous les jours
que l'on voit une coupe de cheveux aussi inhabituelle et cocasse que celle de la
professeur d'anglais, qui par extension ne s'apparente pas à notre milieu.
Alors que j'avais bien écrit qui ne s'apparente pas au clan, ce qui est
d'autant plus important que je précise bien dans la définition: Chelou:
Bizarre, inhabituel. Par extension, qui ne s'apparente pas au clan. Etes
vous alcoolique?
Comment je lui ai niqué sa race à ce bouffon/ Je sors indéniablement
vainqueur du combat qui m'a opposé à cet individu qui ne s'apparente pas à
notre style de vie (...) Même remarques, à cette précision près que si
vous n'êtes pas alcoolique, c'est que probablement, vous vous droguez.
On me fait pas des mitos à moi, bouffon!/Je ne suis pas le genre de crédule à
qui vous ferez gober vos sornettes, individu qui n'appartient pas à notre
milieu ! Ou alors, vous êtes tout simplement idiot.
Sa race, c'bouffon!/Mon anneau pylorique est complètement fermé. C'est le résultat de la proximité de cet individu. Là, vous sucrez carrément le qui ne s'apparente pas au clan. Je ne comprends pas votre démarche, mais mes soupçons se confirment.
On s'arrête là?
Non bien sûr, car cerise sur le gâteau, vous apportez ça et là d'autres modifications, que je trouve, permettez moi de vous en faire la remarque avec une pointe d'agacement, tout aussi mal venues. Ainsi, quand je traduis Il m'a carotte une zedou de teuchi, l'bâtard, tu vas voir comment je vais le niquer grave par Le scélérat m'a dérobé douze grammes de cannabis, il va s'en mordre les doigts, vous remplacez LE scélérat par CE scélérat. Non, non et non, c'est LE scélérat qu'il fallait écrire, ça a beaucoup plus de classe, c'est d'ailleurs pour ça que je l'ai fait. Mais à quoi bon parler de classe à un motard?
Le comble est atteint lors de la traduction de la phrase Trop la honte, ce blouson. Là, vous remplacez carrément Blouson par Sonblou, à l'instar du premier Laurent Gerra venu. Que vous me dérobiez mon texte, passe encore, mais de grâce, laissez vos initiatives au vestiaire.
On s'arrête là?
Toujours pas. Car en guise de bouquet final, à la suite de cette copie indignement
mutilée de mon texte, vous signez votre attentat de la façon suivante:
En espérant, ami, que cela puisse un jour
t'aider à te sortir d'un mauvais pas.
Que la force du Yoda soit avec toi.
Une allusion à Star Wars! Autant dire le pompon.
Le faits parlent d'eux mêmes, tout un chacun en tirera les conclusion qui s'imposent.
Je ne vous salue pas,
Marcel de Guérande.