L'hommage de Didier Porte à François Giroud

François Giroud nous a quitté. Je le précise à l'intention de ceux qui se seraient absentés du pays ces derniers temps, ou auraient passé des vacances dans un abris anti-atomique. Car les autres, pour peu qu'ils aient, ne serait-ce que distraitement, écouté les infos, n'ont pas pu faire autrement que de subir l'interminable procession d'hommages des plumitifs de la presse écrite à "la grande dame", tous plus empressés les uns que les autres à honorer sa mémoire, se targuant de "l'avoir bien connu", quand ce n'est pas "d'avoir été de ses amis". Vous connaissez la chanson.

Evidemment, dans le lot, personne pour tempérer les ardeurs. Personne pour souligner l'incommensurable vacuité des chroniques télé qu'elle publiait dans le Nouvel Obs, quelques jours encore avant de passer l'arme à gauche, personne pour pointer du doigt l'autosuffisance bedossienne qui suintait de chaque mot des dites chroniques, et enfin, personne pour dire: "François Giroud, je ne lui veux aucun mal, mais pour ma part, je ne la regretterai pas." Personne. Sauf Didier Porte. A sa façon.

Ca c'est passé dans le Fou du roi, sur France Inter. L'invitée du jour était Arielle Dombasle, pour son rôle dans la pièce "La belle et la toute petite bête", actuellement à l'Opéra comique, "et la toute petite bite", dirait Bigard, mais là n'est pas la question. Pour goûter comme il le mérite l'hommage de Didier Porte à la fondatrice de l'Express, il faut savoir que cette dernière est morte après avoir chuté dans l'escalier de l'Opéra comique, justement quelques minutes après avoir applaudi la gazière Dombasle.

Didier Porte commença sa chronique en rendant hommage à la fondatrice de l'Express, rappelant, avec une solennité lourde d'émotion, les circonstance dramatiques de son accident, avant de demander à Arielle Dombasle: "Z'auriez pas une invitation pour ma belle-mère?"

C'est à ma connaissance le premier cas d'humour noir réussi. Et ça valait bien qu'on le relate en ces pages.

Mes respects, m'sieur Porte.