L’Atelier d’Histoire improbable
par Marcel Kébir



Les Grandes Civilisations : Les romains (2ème partie)
Où l'on voit l'auteur, dans cette seconde partie, dresser un portrait vivant de l'armée romaine, l'un des piliers de la société objet de la présente étude tout en faisant un grand nombre de jeu de mot à la limite de l'aliénation mentale avant que de se lancer dans un descriptif d'une grande bataille, illustré par ses soins d'après des schémas de l'époque (en word 2 [Note du taulier : enculé, tiens.] toutefois en ce temps là).


3. La guerre et l'organisation militaire.

Parce qu'il faut bien le dire, c'est beaucoup par la guerre que les Romains étaient ce qu'ils étaient. Au niveau de la pensée pure, rien, mais alors rien. Ils importaient des intellectuels grecs qui leur serinaient des phrases auxquelles il ne comprenaient goutte. Celà dit, à leur décharge, aux romains, tous ne parlaient pas grec, ça n'aidait pas non plus à la communication tout ça. Donc, la guerre. En fait, l'histoire romaine est une longue bataille contre les autres peuples et nations du monde, qui, il faut bien le dire, étaient de gros barbares hirsutes, qui mangeaient avec leurs doigts, qui pètaient au lit, qui dormaient sans pyjama et qui ignoraient tout des règles du Curling. Des merdes quoi. D'ailleurs, la notion même de paix chez les Romains montre à quel point ils aimaient à guerroyer au son des buccins, le matin, quand la brume se lève sur les visages hâves des braves. Ecoutez plutôt : Si vis pacem, para bellum - si tu veux la paix, prépare la guerre. Aujourd'hui encore, dans nos banlieues, on l'entend cette phrase dans la bouche de nos chères têtes blondes quand elles évoquent avec émoi une possible arrivée de la maréchaussée (le texte est en orthographe contemporaine) : s't'lé voua paçé, Parabellum. Ah, les charmants bambins, ils sont plus cultivés que l'on croit. L'empire Romain revit à travers le vocable des Ahmed, Kévin et autre Jessica. Pour en revenir à nos romains, et après avoir volontairement laissé mon portefeuille aux ersatz d'aujourd'hui (en même temps, c'était gentiment demandé et un parabellum, c'est quand même du gros calibre), on peut donc voir que leur approche du pacifisme était quand même salement musclé.

Avant que de vous expliquer par le menu le fonctionnement de l'armée romaine, il faut également souligner le souci de légalité qui animait ces gens là. Ils ne partaient pas en campagne comme ça, pour le plaisir de péter de la gencive de barbare. Ah mais non madame, pas de ça chez eux. Prenons un exemple : les Angles. Ancêtres des Anglais d'aujourd'hui. Déjà à l'époque, même confinés sur leur île, ils énervaient tout le monde. Alors les Romains, ils voulaient méchamment leur faire bouffer leur tartans. C'est humain, c'est normal, rien à redire à ça, j'adhère. Mais voilà, sans raison, pas possible à cause de ce bon sang de bois de sac à papier de besoin de légalité. Alors ils cherchaient dans les textes de droit (ils en avaient pleins, très utiles pour tout : la preuve, à peu de chose près, on a les mêmes et on est quand même autrement plus intelligent qu'eux, vu que nous, on l'a, la télé) et quand, parfois, il ne trouvait pas, il leur fallait alors un bon prétexte. Dans l'exemple des Angles, l'affaire fut rondement menée. La Reine de l'époque, Boudicca, reçut une délégation romaine qui lui expliqua, gentiment mais avec fermeté, que ça n'allait pas du tout, que les relations bilatérales étaient tendues et qu'il fallait faire quelques compromis de part et d'autre. Puis, l'un des diplomates de Rome, lança la phrase préparée depuis longtemps par les stratèges du Sénat qui ne pouvait manquer de créer un Casus Belli (encore une notion juridique de l'époque ça tiens) : "Nous voulons arrondir les Angles". Alors là, j'aime autant vous dire que ça a marché du tonnerre, la Boudicca, elle est montée sur ses grands chevaux : "Non mais ça va pas des fois, l'autre (…), ta mère à poil devant le cirque maxime (…) et arrondissez-vous vous-mêmes, tas de tafioles en robe du soir (…)". De cette tirade, conservée dans les archives, on pourra retenir utilement deux choses : 1) l'habile stratagème romain a parfaitement fonctionné, les émissaires, se sentant insultés, montèrent à leur tour sur leurs grands chevaux et rentrèrent à Rome avec et 2) c'est vrai que quand même, les Angles étaient des barbares vu le niveau des insultes. Pardon, mais je m'excuse, mais ils méritaient bien une solide correction ces petits galapias en peaux de bêtes, non mais sans blague. Donc, maintenant que le guerre était déclarée sur une solide base juridique, les romains joyeux et primesautiers, se ruaient à la bataille, hardi, à la besogne, et que ça étripe bordel. Ce qui nous amène tout naturellement a l'organisation de l'Armée.

L'organisation de l'Armée romaine est un modèle du genre que l'on a souvent copié mais jamais égalé. Tout d'abord, à part quelques troupes, c'est une armée de conscription. Ceci car les romains aimaient bien se foutre sur la gueule entre eux et que, quand les belliqueux sont mis en uniforme, non seulement ils peuvent tuer des gens, mais ils sont payés pour et même encourager ; alors que dans le civil, pas.

a) L'uniforme
L'armée sans uniforme, c'est un peu comme un Marcel sans humour, un astronaute sans combinaison ou le Curling sans balai : c'est ridicule à un tel point que cela ne saurait se concevoir. Les Romains ne faisaient pas exception à la règle et avaient donc des uniformes. A l'origine, naturellement, le choix des tailleurs et maisons de coutures romains s'est porté sur la toge tant il est vrai que ça signalait son romain à 100 lieues. Mais les premières batailles ont vite montré les limites de la chose : outre le fait qu'à la course à pied, ils se faisaient battre à plate-couture (de toge), la résistance de la toge au coup de javelot ou de glaive était totalement nulle. Les généraux, car ils sont intelligents, vu qu'ils sont généraux, ont vite fait de crucifier les tailleurs et en ont fissa recruté d'autres qui ont rapidement pris la mesure du problème, ce que les tailleurs font d'ailleurs très bien, c'est leur métier. Ils optèrent donc pour une gamme vestimentaire légère mais mieux rembourrée de façon à resister aux objets contondants et autres pointes en fer qui font quand même très mal. Le soldat romain a donc des petites sandalettes en cuir, façon espadrilles, mais à lacet montant pour souligner le galbe du mollet, qui se portait musculeux à l'époque. Puis vient la jupette. Les tailleurs avaient bien fait des tentatives de pantalons mais, n'ayant pas encore découvert la fermeture éclair, abandonnèrent rapidement l'idée car peu pratique pour satisfaire efficacement aux besoins naturels du soldat en campagne (sans compter qu'ils pensaient que ça faisait un peu tapette). La jupe du soldat romain, contrairement à celle de Mme. Chanel, se porte lègérement au dessus du genoux et est faite d'un audacieux mélange de cuir bouilli et de tissus (marron, pour faire un camayeux couleur automne). Sous la jupe, l'histoire ne dit rien mais on pense que les Ecossais savent. Mais personne ne demande vraiment aux Ecossais, on craint trop de se prendre un tronc d'arbre dans la gueule. En haut, une petite chemise à manche courte, assez échancrée sur le torse, genre philosophe-engagé-qui-a-vu-la-guerre-lui-et-qui-donc- a-le-droit-de-tout-dire-merde-à-la-terrasse-du-Flore-chié-quoi, en lin pour laisser la peau respirer. Et par-dessus, un genre de cote-de-mailles, que l'on peut porter dans un sens ou l'autre, vu qu'une maille, à l'endroit à l'envers, c'est du pareil au même. L'ensemble était agréable à regarder, soulignait la silhouette et avait un côté déstructuré des plus audacieux pour l'époque (la toge, rappelez-vous la toge et imaginez un peu les défilés en jupe. Ah, ça allait loin ça c'est sûr).

b) Les tactiques
Les romains étaient super forts en tactique. Alors que les hordes barbares avaient la tactique assez frustre dite du "On se met face à eux n'importe comment, on gueule comme des zazous, et après on leur court dessus pour leur casser leurs gueules", les romains avaient plein d'idées rigolotes et ont largement permis à l'humanité d'avancer dans la technique de l'anénantissement de l'adversaire à coup de glaive dans le bide.

Prenons par exemple la première bataille entre la troisième armée romaine contre la troupe de Bhker'eoif O'Connor Von Raffenstadt, Angle affidé à la Bouddica (mais certains pensaient que sa mère avait fauté chez les Goths, ce qui nous éloigne du sujet)


Fig. 1, début de la bataille, les adversaires sont face à face




Comme on peut le le voir, l'organisation côté romain est sans faille. Ca veut avoir de la gueule même, si on peut me passer cette expression. Bon, bref. Après tout, face à face, on sait pas vraiment ce qui peut se passer. Mais voyons plus avant le déroulement de la bataille, tant il est vrai qu'un bon dessin vaut mieux qu'un grand discours.


Fig. 2 - Les Angles, d'attaque (l'épaisseur des flèches représente la puissance de l'engagement et des dommages infligés à l'adversaire)




Comme on le voit, les Romains, stoïques comme des platoniciens reconvertis, attendent de voir venir et vont se lâcher prochainement, un peu de patience. Les flèches en pointillés symbolisent les gros javelots que les romains lancent et les grosses grosses flèches en gros gros pointillés représentent les morceaux de caillasses qui partent des balistes pour aller attérir avec rudesse sur les crânes des Barbares. Déjà ça, croyez-moi, ça envoie de l'air et dégage la vue. Et la figure 3, vous vous en doutez, c'est l'hallali, taïaut, taïaut.


Fig 3. Les Angles, moins d'attaque




La figure 3 est claire, mais la figure 4, qui conclue la défaite des Angles sur les troupes de Rome, se passe de tout commentaire :


Fig 4. L'issue de la bataille




Comme vous pouvez le voir, l'armée romaine était imbattable et il faudra attendre longtemps avant que ça devienne l'armée italienne, qui elle, est battable à tel point que c'est est presque attendrissant.

En conclusion, donc, il est clair que l'on peut parler des Romains sur près de 10 pages sans faire un jeu de mot débile avec les noms en "us" et autre. C'est toujours ça de démontré.