Le principe de l'action et de la réaction (par Hubert Guichonnet)

Salut les filles ! Aujourd'hui, le gars Matournée est parti se les rouler, et me laisse les clefs de la paillasse. Vu qu'on cause de rudiments de physique et que la physique, ça me connaît, pas de souci. Alors accrochez-vous, on attaque tout de suite.

L'action et la réaction :

Faut pas être sorti de polytechnique pour comprendre ça : toute action provoque une réaction égale en intensité. On peut pas faire plus simple, je vous dis. Tiens, par exemple, si je te mets un taquet de derrière les fagots en pleine tête (voir photo), la réaction sera égale à l'action, donc je me fais aussi mal, en fait je compatis à ta douleur en ressentant la même chose (quoique).

 
Tout en décontraction, votre serviteur exécute sa botte secrète : coup de pied latéral avec aération des boules.

Et là je constate, par la force des choses, que t'ayant mis un taquet, je viens d'en prendre un. Et je n'aime pas qu'on me réponde quand je m'exprime. C'est comme ça, c'est une vieille tradition chez les Guichonnet, qui n'est pas une famille de tarlouzes. C'est logique, du coup, je te remets un deuxième taquet, un peu plus vicieux, histoire que le message passe bien cette fois-ci. Et là, rebelote, je me prends la réaction, égale au deuxième taquet. Et on enchaîne de taquet en taquet, jusqu'à ce que cette débauche d'efforts me donne envie de lever le coude, un bon verre de whisky à la main, et ce toujours en vertu du sacro-saint principe 'action-réaction' (voir photo ci-dessous). Et là, on peut se demander si ton attitude était vraiment raisonnable !


La réaction prévisible est une bonne gueule de bois

Certes, ce n'est pas ta faute si tu réagis, mais quand même, tu aurais pu faire un effort.

Voilà pour la théorie, maintenant on passe aux choses sérieuses.

Les choses sérieuses

Ce principe reste valable pour tout type d'action, même pour les représentations des comiques, qu'ils soient de mes boules ou non. Voilà la liste des observations des actions/réactions successives constatées par un spectateur moyen, nourri à la saucisse de francfort et au calva jeune, face à différentes actions. Nous n'avons pas pu procéder à la distribution de taquets généralisée, puisqu'on trouve pas mal de tarlouzes qui ont presque tourné de l'œil rien qu'à l'évocation de ce protocole expérimental. Pourtant, j'étais bien chaud pour en allumer quelques-uns. Seul le professeur François Rollin a accepté le principe, il s'est mis en tenue d'expérimentation, et, quand j'ai vu le bestiau (voir photo ci-dessous), j'me suis dit 'Hubert mon gars, t'es trop jeune pour jouer au con avec un pro du taquet, la science a encore besoin de toi". 


Le Professeur Rollin sous un jour inattendu : un esprit sain dans un corps que t'as pas envie d'y mettre un taquet.

On a donc changé de protocole, on a mis le spectateur moyen au-dessus d'une bassine et nous avons mesuré sa réaction en regardant son relâchement musculaire. Puisqu'en rigolant, l'énergie se concentre sur les muscles zygomatiques, on doit normalement voir une détente brusque des muscles comprimant les canaux de la vessie : bref, si c'est drôle, on doit se pisser de rire dessus. C'est scientifique.

Ruquier, Laurent, dit Mafflu

C'est grâce à un détecteur de micro-séismes et à une caméra ultra-rapide que nous pensions faire définitivement la preuve du calme absolu de la surface de l'eau contenue dans la bassine. Un frémissement certes léger a provoqué l'explosion de nos capteurs, beaucoup trop sensibles. La désolation envahissait alors le cœur de notre fine équipe. Le mafflu serait-il … drôle ? Heureusement, un immense cri de douleur vint nous soulager : notre spectateur moyen venait de se faire arracher pieds et jambonneaux par…un requin blanc ! (voir photo ci-dessous). C'est ce farceur de Matournée qui, avant de nous laisser tout le sale boulot, nous a joué un tour pendable.  


en fait, il y avait un requin blanc dans la bassine

Bedos, Guy

Nous retestons le même dispositif, avec un spectateur moyen tout neuf. Et là, re-consternation, re-explosion des capteurs, mais pas de cri de douleur. Matournée avait-il encore sorti de son sac à malice une autre blague de potache ? Non, car une analyse chimique de la goutte coupable de cette agitation (voir photo ci-dessous) nous a révélé qu'il s'agissait de sueur : conclusion inattendue mais des plus évidentes : Bedos nous fait suer le chibre.


Ne nous emballons pas, ce n'est que de la sueur

Rollin, le Professeur François

Le sol est bâché, le spectateur moyen a été prié de ne rien boire pendant les deux journées précédant le test, la bassine ne contient qu'un fond ténu d'eau, mais c'est inévitable : il rit à gorge déployée et se relâche, comme nous nous y attendions. La photo du résultat est sans équivoque.


Même une pratique intensive du yoga ne peut donner ce résultat

La science le prouve : on a toujours besoin d'un plus faible que si, ne serait-ce que pour lui coller un taquet de temps à autre.