Le calembour à travers les âges

Il a aujourd'hui bien mauvaise presse, faute en est en très grande partie à cette enflure de mafflu. Le calembour ne mérite pas sa réputation de bouche-trou radiophonique; il est comme le produit de nos vignobles, il doit mûrir et vieillir, se bonifier, et ne pas être consommé de suite, sinon c'est le passeport garanti pour des aigreurs d'estomac et un bon mal de crâne.

Etymologie

Le mot calembour a une origine bien amusante. Pendant la bien obscure époque du haut moyen-âge, les seuls divertissements du petit peuple étaient les feux de la saint-Jean, dont le combustible allait du bois de chauffe à la présumée sorcière de chauffe, et les troupes de saltimbanques, parmi lesquels montreurs d'ours, jongleurs, acrobates mais déjà, hélas, comique de mes couilles. Pour ce qui concerne les assimilés sorciers, sorcières et hérétiques, on ne peut qu'être effaré par leur faible pouvoir calorifique. Il faut en effet 18 mètres cube d'hérétique pour fournir autant de chaleur qu'une stère de bois, et encore sans compter les quelques bûches nécessaires à la prise d'un bon feu de sorcière (voir photo ci-dessous). Les esprits les plus avisés auront ici compris que la taille imposante des cheminées de l'époque s'explique par ce chiffre étonnant. On devine aussi le mode de vie très porté sur les questions écologiques des gueux, par ce besoin de préserver la forêt en préférant brûler les infidèles. 


"Ne vous faîtes pas de mal en tombant, mon ami"

Les troupes de saltimbanques, chose méconnue, terminaient le plus souvent leur spectacle par la scène du "choix délifcat du meisleur aincsi que du pisre amucseur, avec moult poislades". Chacun des comiques devait alors faire s'esbaudir les gueux grâce à quelques jeux de mots de leur cru. A le fin de ces différentes prestations, le jury des gueux (voir photo ci-dessous), à sa manière rustique qui fait parfois encore le charme de nos campagnes (vous êtes urbainement invités à consulter à ce sujet les test d'ou-pas.net), sanctionnait vigoureusement le pire de ces comiques après avoir prononcé la phrase rituelle : "lequel on bourre ?". Le "calembour" était né.


Un bien fier président du jury des gueux.

Usage contemporain

S'il est bien des siècles que l'on ne qualifiera pas de siècle des lumières, ce sont bien ceux que nous vivons. Les siècles du mafflu et de Bedos, pensez donc. Autant le second de ces histrions se complait mollement dans l'exercice de la revue de presse, devenant jour après jour l'égal de Pierre Douglas imitant Georges Marchais, autant le premier est fondamentalement un être mauvais, dont on aimerait bien se débarrasser sans être inquiété par les forces de l'ordre pour un autre motif que "dépôt illicite d'ordure sur la voie publique ". Le coin du bon sens en est encore tout frappé, mais le mafflu abuse du mauvais calembour, à cela il y a une juste raison : revenons en arrière dans le temps, et imaginons les débuts du mafflu sur les austères scènes du berry profond où dans une salle des fêtes perdue au milieu de la sologne. Le public savoure par avance sa seule sortie de l'année (voir photo ci-dessous) et espère maintenir la tradition du "Calembour". Tout bien intentionné qu'il soit, le mafflu pêche déjà par orgueil et rit d'avance à ses blagues. Il est d'ailleurs le seul, et, à l'annonce de la phrase rituelle, le public ne prend même pas le temps de répondre et saute sur scène. La tradition est sauvée, et, dans un élan sentimental fort étonnant, le mafflu se voit offrir à boire, pour reprendre connaissance.


Un public toujours difficile à conquérir. Ça sent la vaseline, à vrai dire.

  Ce comportement devient habitude, puis réflexe pavlovien : dans l'espoir d'une goutte d'alcool distillé dans un alambic "eud'chez nous", le mafflu reproduit ses calembours miteux à l'antenne. Alors, elle est pas belle la science ?