Faut-il interdire le clownage ?

En plein cœur du débat de société le plus important de ce début de millénaire, la fine équipe de la paillasse a son avis à faire valoir, comme le témoigne cette étude d'avant-garde, dont plusieurs copies ont été transmises aux ministères de la recherche, des sciences molles, et de l'audiovisuel. Gageons qu'elle fera référence d'ici peu de temps.

En guise d'avertissement au lecteur sensible : cette étude a été présent aux oscars de la médecine légale, où elle a reçu le prix de "l'étude visuellement la plus répugnante", aussi a-t-elle été expurgée des passages les plus hémoglobineux.

Il est important de distinguer le clownage thérapeutique et le clownage reproductif, oui, c'est important, c'est Hubert qui le dit, alors on peut le croire sur parole, Hubert, c'est notre conscience éthique et morale, pensez donc, un gars qui arrive chargé comme une barrique tous les matins au boulot, forcément, c'est qu'il a vécu, reprenez donc un cachou Hubert, merci.

Le clownage, c'est la production de cellules de comiques à partir d'une seule cellule de comique, qui peut venir de n'importe quel organe, sauf le foie pour bedos (voir photo ci-dessous) et le cerveau pour ruquier; on ne va quand même pas partir avec un handicap trop lourd pour mener à bien cette expérience.  


Ne nous y trompons pas, c'est bien du Tavel et non pas du sang sur ce drap chirurgical.

Le clownage thérapeutique consiste à prélever une cellule dite 'souche' et à s'en servir comme pièce de rechange pour tout euc'qui marche po dans le corps. Un de nos espions du labo poilade, lors de l'enregistrement d'une bien tristement célèbre émission du mafflu, a réussi à prélever une cellule de caca d'œil de ce dernier; rassurez-vous notre homme va très bien, il est en train de claquer sa faramineuse prime de risque en Thaïlande. Le temps de mettre la cellule au congélateur, et nous pensions nous faire des testicules en or massif en la revendant à vil prix à d'éventuels admirateurs du mafflu. Hélas, le remplissage de l'espace médiatique fait partie des gènes de l'individu, et dès qu'il est au placard, ce gêne se multiplie à une vitesse défiant les lois de la nature. Au bout de deux heures, nous étions face à un œil de mafflu qui tentait de prendre les commandes de notre studio de médecine légale, car nous intervenons en direct sur 'TV Autopsie' de temps à autre (voir photo ci-dessous). 


Nous aussi on a tout essayé, mais on ne recommencera plus, promis.

Autant pour le clownage thérapeutique, passons donc au clownage reproductif. Fort de la maîtrise des techniques à la pointe de la biotechnologie, comme en témoigne la mise au monde du Sassétron, nous avons procédé à des mixages génétiques des plus hétéroclites. Pour tout compte-rendu de ces expériences, voici le carnet de notes d'Hubert:

Croisement Bedos/Bouvard : le bouvardos (photo ci-dessous). Au teint couperosé et au profil rebondi du second, vient s'adjoindre le système digestif, ou plutôt buvitif du premier nommé, qui apparaît par transparence. Peu érudit, voire malpropre, ce clown est notre premier essai.


Le bouvardos est une bête de cauchemar.

Croisement ruquier/roucas : le ruquias. Là il a fallu pousser l'audace assez loin, exhumer une cellule de roucas et vite l'accoupler par centrifugation à l'espèce de gros blob que nous avions obtenu par clownage thérapeutique. Nous avons recommencé trois fois en regardant les premiers embryons de ruquias (voir photo ci-dessous), mais rien n'y fait, cette chose est attirée par les micros et caméras comme une mouche bleue par un étron bien fumant. D'ailleurs, le ruquias, lui aussi, fait vite ami-ami avec la mouche domestique, qu'il gobe avec délectation.  


L'inspiration et le bon goût de ses géniteurs lui collent à la peau, qu'il a vilaine.

Croisement miller/demis roussos : le demilleroussos, çui-là on l'a sorti sur le coup des 2h30/3h du mat', avec un coup de main de mémé petit-braquet pour les dosages de gnôle; ah il a de la gueule l'animal (voir photo ci-dessous), le seul défaut c'est qu'il faut être bien généreux sur la bibine avant de le regarder en face, d'ailleurs M. de Vélo s'est proposé de l'adopter, mais rien à faire, le lendemain matin, il a fallu l'abattre (le demilleroussos, pas de Vélo).  


En plus il chante !

croisement bénichou/sarraute/kiki le chien : Le kanichaute. Triple clownage en action, pour terminer tous les échantillons, on peut dire qu'on s'est lâché. A l'approche d'un lampadaire, c'est avec une triple voix que le kanichaute se manifeste : il peste comme un damné en s'en prenant avec force, en bon poujadiste, contre l'indolence de l'éclairage public; demande s'il peut le tutoyer, et fait "waf waf", ce qui est la réplique la plus pertinente qu'il aie produite jusqu'ici. Il se dépêche ensuite de lever la patte pour se pisser dessus.  



alors, toujours fan du clownage ?