Les Marcels célèbres

Commençons par une phrase contenant à la suite un verbe du premier, puis du deuxième et enfin du troisième groupe, histoire d'éloigner le charretier de la paillasse : La confrérie des Marcels peut s'enorgueillir d'accueillir en son sein, à titre posthume (pour éviter les réclamations) et à titre honorifique tout un aréopage de personnages de l'histoire, malheureusement méconnus. Ils sont, pour la plupart 'frère de...', 'cousin de…' quelqu'un que la postérité a touché, mais on en oublierait presque qu'eux non plus, c'étaient pas des tarlouzes, nom de dieu.

Marcel Drakul, petit cousin par alliance de Vlad l'empaleur.

 "C'était la nuit de Walpurgis, quelque part en Transylvanie, il pleuvait et Marcel Drakul avait oublié son poncho chez son cousin Vlad. Il maudissait la terre entière pour ce temps pourri et se promettait de faire un carnage parmi les poules du village voisin de Zjkyswkotul (le champion de scrabble est transylvanien, ça vous étonne ?) histoire d'alléger une humeur bien pesante."

Tel était le paragraphe introductif de la version originale du livre de Bram Stoker, "Dracula". Mais voilà, un éditeur inculte aura préféré rayer de la littérature un personnage déjà prometteur, qu'une visite de l'histoire nous permet de réhabiliter dès à présent (voir photo ci-dessous)  


Les volailles ont trouvé leur Nemesis.

Marcel Drakul est le seul, le vrai vampire que la terre ait jamais porté, et il se régalait de bouillon de poule. Son cousin Vlad, le sinistre, a hérité de cette réputation de buveur de sang juste parcequ'il s'amusait à empaler ses convives qui trouvaient que le vin était un peu bouchonné. Alors là, disons stop tout de suite, s'il suffit d'empaler trois à quatre cent personnes pour rentrer dans le Who's Who, où allons-nous franchement ?

Marcel Gétorix, frère de Vercin

"Nos ancêtres les gaulois", cette célèbre phrase qu'ont récitée sans sourciller des générations d'écoliers, est bien trompeuse, car elle masque un autre oubli de l'histoire. Les frères Gétorix n'étaient pas les guerriers en quête de gloire dont on dépeint les exploits; mais de braves paysans que les circonstances ont conduit en première ligne d'un combat titanesque, la célèbre bataille de Fort Alameaux, petite bourgade de la banlieue d'Alésia. Tandis que Vercin cuvait sont tonneau de cervoise, Marcel, empruntant l'habit de son frère (voir photo ci-dessous), invectivait les légions romaines en leur lançant à la volée les insultes les plus gauloises de sa connaissance. Mais le romain est susceptible, et ce d'autant plus qu'il se déplace en légions, et la gauloiserie de Marcel Gétorix n'est pas restée impunie.

 
Aux romains : "Pour moi, César n'évoque que le nom d'une pâtée pour chiens, ou tout au plus une compression artistique de mauvais goût, et je vous chie dessus"

Marcel Clinton, frère trumeau de Bill (trumeau, c'est quand il y a trois jumeaux, bien évidemment)

On nous l'a caché, mais chez les Clinton, comme on est bien chaud du chibre, les naissances multiples ne sont pas rares, et le petit Bill, connu plus pour porter la braguette la mieux huilée au nord du Rio Grande que pour avoir logé à la maison blanche, est né en même temps que Joe et Marcel, ses trumeaux. On notera, chez ce dernier, piètre crooner pour thé dansant, une habitude toute familiale (voir photo ci-dessous).


Marcel Clinton roule la haute cour dans la farine : "Je le jure, en levant la main gauche, et en croisant les doigts !"

Marcel McLeod, tondeur de moutons

Ecosse éternelle, tu es la terre de tous nos fantasmes, celui de l'immortalité ayant été originalement mis en scène dans la série "Highlander, plus mort que moi tu meurs", dont seul l'opus numéro I vaut le ticket de cinéma à prix réduit. Ecosse, tu es enfin la seule vraie terre de whisky, et la patrie natale de Marcel McLeod, le tondeur de moutons. Plutôt que d'aller bêtement se trucider à coups de coupe-papier aux quatre coins du monde, l'immortel Marcel McLeod a choisi de dédier sa longue vie au harcèlement sexuel ovin (voir photo ci-dessous), et cela à cause d'un complexe de pilosité. Il a en effet en sainte horreur tout être plus velu que lui. A son tableau de chasse, qu'il utilise pour fournir les coopératives lainières des environs, on notera : un pull en poil de Guy Marchand, une véritable écharpe en poil pubien d'Aldo Maccione, et une combinaison de ski en poil de Yéti. 


Il ne fait pas bon être velu en face de Marcel McLeod

Marcel Pasteur, fils de Louis

Enfin, peut-être, le plus injustement inconnu des Marcel, Marcel Pasteur. Et ce n'est pousser le bouchon que de parler, plutôt que de crier, d'hurler à l'injustice; car même si son géniteur a beaucoup fait pour l'humanité en inventant la rage, on ne peut pas passer sous silence l'œuvre avant-gardiste et surréaliste de Marcel Pasteur, le premier créateur de mode en terre cuite. Que le microcosme de la mode Parisianno-Londro-New-Yorkesque aille se rhabiller chez Tati, il peut bien se gausser et nous proposer des défilés de pathétiques squelettes porte-manteaux, il en est encore à se vétir avec du tissu ! Ahahahaha ! Pitoyable conservateurs, ne vîtes-vous point dans l'œuvre de Marcel Pasteur (voir photo ci-dessous) la trace d'un génie authentique ?


Chapeau bas, mon ami, pour ce cruel anonymat

Qui d'autre que lui oserait se servir d'un tajine comme couvre-chef,  d'un simple pot de fleur comme cache-sexe (format plante tropicale), et de tuiles somme épaulettes ? Alors parlons d'une révolution manquée, pas celle de mai 68, mais celle de Marcel Pasteur !