Petit
précis de la mise en scène, à destination de ceux qui à qui il est destiné.
Cruelle
occupation que celle de metteur en scène, lorsque l'on doit s'occuper du
spectacle d'un artiste qui a pour ambition de dérider son public. Quels
conseils donner au metteur en scène débutant, ou à celui dont les spectacles
n'ont pas rencontré le succès escompté ? En disséquant les différents
effets classiques de la mise en scène, nous pouvons établir quelques
recommandations eud'base.
Les
lumières :
En
voilà un élément primordial, faut que ça soit impeccable les lumières. De
la bougie au projecteur d'hélicoptère, il existe toute une palette d'effets
dont les subtilités échappent encore à pas mal de pseudo-ingénieurs son
& lumière.
La bougie :
Très
utilisé aux siècles précédents, cet éclairage, malgré son élégance et
son caractère feutré, présente de nombreux inconvénients : il faut le préparer
à l'avance, et quand on a terminé d'allumer la dernière bougie, il faut
changer la première, d'où un incessant ballet de serviles allumeurs de bougie
qui nuit à la qualité du spectacle. Autres défauts : l'odeur de suie et la présence
de flammes; à ce propos, le gigantesque incendie de Londres de 1666 (voir photo
ci-dessous) a été causé par les lumières du spectacle de Sir L. Mafflu
(prononcez Maflouu).

Ah, pour une fois, il a mis
le feu, le gros con !
La
lampe de bureau :
Utile
pour les intrigues policières, consomme peu d'électricité, et en plus elle
sert pour éclairer la loge du comédien une fois le spectacle terminé. Un
accessoire de pauvre, quoi.
Le
projo d'hélicoptère dans ta face :
Là
c'est carrément le show américain, on sort la grosse artillerie, c'est une débauche
de kilowatts. Mais la feinte est classique, sous prétexte de chauffer le
public, l'ingénieur son et lumière, sur les ordres du comédien, balaie la
salle avec le projecteur, en prenant soin de bien viser la tête, comme on
apprend à l'armée (en fait on y apprend aussi à viser le bas-ventre, mais
avec un projo c'est beaucoup moins efficace). Et là les spectateurs sont aveuglés
et ne peuvent constater la pauvreté de la prestation du comédien : un
spectacle avec des projos, c'est un spectacle auquel il vaut mieux ne pas
assister.

Le petit oiseau va sortir,
attention, il est pas au format canari.
Les
mouvements :
La
gestuelle est une partie indispensable à la mise en place d'un spectacle. Bien
entendu, on tiendra en compte les capacités physiques du comédien. J'ai
personnellement assisté à la dernière du spectacle de Chrsitopher Reeves,
intitulé "Je roule pour vous", et bien figurez-vous que le metteur en
scène avait prévu un sketch avec un numéro de trapèze, que le comédien a
effectué en 3h28. Ah, certes, on en a pour son argent ! Quelle idée géniale !
Lors
de la création du spectacle, c'est par le mouvement et la chorégraphie qu'un
metteur en scène peut le mieux s'exprimer (voir photo ci-dessous)

M. Piston (de dos) répète
la chorégraphie de son futur sketch : "La chasse au charretier".
Le
final :
Dernier
sketch ou rappel, c'est sur les cinq dernières minutes du spectacle que se joue
l'impression qui restera à jamais dans l'esprit du spectateur, voire du
critique de presse. C'est là qu'il faut tout lâcher et donner de sa personne.
On conjuguera mouvements, effets de style, bons mots et éclairage pour égarer
les sens du public. Lors du dernier spectacle de G.Bedos (dernier, c'est ce que
nous souhaiterions…), Paul Chombier, régisseur sons et lumières, en fin
connaisseur de la chose comique, a mis au point un final digne du comique de mes
couilles (voir photo ci-dessous).

Ahahahaha ! tous aux abris !
En
comparaison du final du spectacle du Professeur François Rollin (voir photo
ci-dessous), Paul nous apporte ce petit commentaire qui démontre sa sagesse.
Paul, c'est à vous !
"Eul'budget
du final, l'étions parti dans la barrique eud'Tavel, alors, on peut po faire
eud'miracles non plus !"
Merci,
Paul.

Merci, M. le Professeur !