Une étude physiologique : le claquage de neurone

Drame du sportif ? Evènement inéluctable ? Accident bête ? Qu'en est-il exactement du claquage du neurone, dont nous avons constaté en direct les effroyables dégâts lorsque Riigolax, dont l'électroencéphalogramme ne ressemblait déjà pas à au profil d'une étape alpestre du tour de France, nous a pour ainsi dire laissé choir en plein verbiage ? Est-il devenu ce légume bavant sur son clavier et pris de spasmes, tout juste bon à battre les blancs d'œuf en neige ?

Le neurone : c'est quoi ?

Imaginez une gelée jaunâtre, au sein de laquelle se vautre un noyau mou, et quelques filandres à l'aspect peu ragoûtant. Mélangez vigoureusement et passez cinq minutes au four. Alors là, autant pour le mythe de la supposée supériorité des humains, laissez-moi rire, arrêtez, je n'en peux plus. On dirait de la cuisine anglaise.  


Ce bien fier neurone n'est qu'un gros lâche.

Décidément, l'affaire semble bien mal engagée, puisque le neurone n'a absolument rien pour lui. Et encore, ce n'est pas son pire défaut, puisque c'est un gros lâche. En effet, il vient toujours avec sa bande de potes, et, comme disait si bien Corneille avant que son propos ne fut déformé :

"Nous partîmes deux, pour partager les frais de transport,
 Mais par un putain de dieu de renfort,
 Nous nos vîmes un milliard en arrivant au port,
 Ou deux milliards, voire même trois,
 Il y avait foule en tout cas;
 Je me souviens qu'il fallait faire
 Deux heures de queue pour acheter une bière
 Accompagnant une francfort-frites
 Dont la cuisson était vraiment limite,
 
Ca m'a donné des gaz."

Pierre de Corneille, 'Le Cid à la fête de l'Huma', bibliothèque Rose.

Comme quoi on n'a vraiment retenu que le meilleur des aventures du Cid en douze volumes (voir photo ci-dessous), ce qui, tous comptes faits, n'est pas forcément une mauvaise chose. 


"Le Cid fume de l'herbe à jeunes au Macumba", affiche promotionnelle, édition très limitée.

Voilà toute l'astuce de cette insignifiante cellule : elle vit par troupeaux de plusieurs milliards, et est dotée d'un débit verbal digne des concierges de niveau international (consultez à ce propos les étonnants résultats des derniers championnats du monde de concierges, à la rubrique "Sports et Loisirs" qui ne devrait pas tarder à faire son apparition sur ce site), ce qui résulte en une joyeuse cacophonie électrochimique dans le tas de gelée qui nous fait office de cerveau.

Vie et Mort d'un neurone : l'histoire des blancs d'œuf en neige

L'histoire d'une cellule se finit toujours d'une manière bien minable, ainsi qu'aurait pu l'illustrer n'importe quel philosophe de mes couilles, par une citation frappée au coin du bon sens, comme "Tout un chacun a de grandes chances de mourir un jour, n'est-ce pas, Mme Gomez ? Et le courrier, il monte les étages tout seul, au fait ? Faudra songer à se sortir les doigts du cul, sinon j'écris au syndic." ('Faut pas faire chier le Cid dans l'escalier', p 32).

Cette dense population neuronale se réduit à une vitesse prodigieuse, c'est le phénomène dit de sénilité (appelé aussi 'gâtisme' par certains auteurs), qui se manifeste à différents âges, ce qui n'est après tout que justice. Bien évidemment, certains facteurs modifient l'âge de la sénilité, dont la première preuve flagrante consiste à se rabibocher avec thierry ardisson. Je vous laisse en tirer la conclusion qui s'impose.

La phase critique de la sénilité consiste à survivre avec le dernier représentant des cellules neuronales. De sa survie dépend l'accomplissement des fonctions dites 'supérieures', telles que parler, boire un bon verre de Bourgogne, faire des pompes. Dès que cet ultime neurone disparaît, seules les fonctions 'inférieures' sont accomplies : battre des blancs d'œuf en neige (voir photos ci-dessous), entrer à l'académie française.  


La dernière production de Riigolax, un blanc d'œuf battu en neige à la 'poup'.

Conclusion de cette étude : François Rollin est sensiblement plus drôle que Guy Bedos, mais ça, vous le saviez déjà.