Depuis
longtemps évoqué, le tapis roulant de la correspondance Station Montparnasse-
Gare de Paris Montparnasse ne pouvait décemment échapper à une dissection en
règle. Nous nous sommes procurés par des moyens peu avouables un exemplaire de
ce tapis, et le moins que l'on puisse dire, c'est que les résultats sont des
plus surprenants.
Technologie
du tapis roulant.
A
l'évidence, elle n'est pas facile à maîtriser, faute en est à cet
insignifiant composant qu'est le rouleau (voir phto ci-dessous) à commande électronique.
L'animal est bien fier, et on le comprend, son moteur étant issu des dernières
technologies spatiales. Il est compact, silencieux, puissant, très très très
puissant, et un brin sournois, ce qui en fait un adversaire redoutable et
craint.

Il
n'a pas l'air comme ça, mais c'est un gros vicieux.
Les peuples antiques l'avaient en sainte horreur, et on lui sacrifiait des vierges par processions entières, oui je sais quel gâchis, mais enfin bon. Les autels sacrificiels du dieu Baal , qui n'était pas réputé pour son urbanité, comme son titre de seigneur des enfers l'atteste, étaient composés d'une vaste étendue de marbre (ça se nettoie mieux que le granit, d'ailleurs toutes nos paillasses sont en véritable marbre de Carrare) situées au pied d'une statue de cet avatar à la gueule grande ouverte, avec une carie sur la prémolaire gauche. Et comment croyez-vous qu'ils arrivaient jusque là-haut, les morceaux de vierges ? En les lançant à cette prodigieuse hauteur avec les mains peut-être ? La réponse à cette grande énigme de l'histoire est affiché ci-dessous.
Vous
reprendrez bien un peu de ces délicieuse vierges ?
De
même, croyez-vous que Charon, le nocher des enfers, s'amusait à faire des
aller et retours incessants avec son zodiac pour faire passer les morts chez son
pote Hadès ? Vu le taux de mortalité, il devait y avoir la queue au ponton
d'embarquement, non ? La solution est pourtant claire, il utilisait un tapis
roulant, oui, le même que celui qu'on trouve dans nos stations de métropolitain
aujourd'hui.
Et
à cette histoire d'Hannibal franchissant les Alpes en empilant des éléphants
jusqu'à pouvoir sauter de l'autre côté, vous y avez cru ? Et Noé, il a chargé
tous les animaux sur son arche en les poussant aux fesses, tant qu'on y est ?

L'instrument du diable est tapi dans le ventre de Paris.
Ces
propos peuvent certes vous choquer, et vous rétorquerez, avec juste raison, et
d'un manière bien naïve, qu'aucune scène comportant un tapis roulant n'a été
retrouvée parmi les trésors archéologiques de ces périodes primitives. Pas
une seule trace, rien, peau d'zobi. Et c'est bien là la plus évidente preuve
de la réussite de ce complot machiavélique orchestré dans l'ombre depuis des
millénaires par une secte satanique qui veut prendre le contrôle du monde et
de nos âmes. Quand on parlait de surprenant tout-à-l'heure, on ne se foutait
pas de votre gueule, admettez.
Note des employés de la paillasse : Marcel Matournée vient visiblement de plonger en pleine crise de paranoïa, suite à un claquage de neurone. Nous lui administrons un cocktail à base d'alcools forts pour le calmer. Pour la suite de cette étude, c'est Hubert Guichonnet qui s'y colle.
Excusez
le côté pragmatique de la fin de cette étude, mais bon, la seule distinction
que je vise, c'est le prix Nobel de
boucherie-charcuterie, ok ?
L'usager
est la première victime du tapis roulant. N'étant pas habitué à sa vitesse démoniaque,
il se retrouve les quatre fers en l'air, et après un prompt mouvement de
retournement, sur le ventre, pour mieux comprendre ce qui lui arrive. Bilan des
opérations: il rate sa correspondance (voir photo ci-dessous), ce qui ne fait
qu'ajouter à la frustration cumulée de la journée, entre les avances à peine
voilées de ses supérieurs et son découvert bancaire.

oh
non, je vais rater ma correspondance !
Alors, elle est pas belle la science ?