Il
est fort probable qu'à la lecture des études effectuées sur la paillasse,
nettoyée à l'alcool modifié à 70°, vous vous demandiez de quelle manière
sont effectuées les diverses expériences qui y sont relatées. C'est afin de
lever tout doute ou ambiguïté sur la rigueur de nos travaux que nous vous
proposons en exclusivité une visite de la paillasse et de ses dépendances.
Il
serait injuste de ne pas présenter tous les vaillants techniciens, secrétaires
et standardistes qui œuvrent dans l'ombre pour un salaire de misère, mais
c'est pour la gloire, et il y a aussi les avantages en nature.
Hubert
Guichonnet est notre intendant, c'est l'homme à tout faire de la paillasse, il
s'occupe des tâches ingrates, on l'applaudit bien fort !
Liliane
Von Brimsteinberg est nôtre hôtesse d'accueil. Ancienne star du porno, ses
compétences relationnelles sont un atout de poids pour mettre à l'aise nos
cobayes. Et autant vous dire qu'au niveau vestimentaire, elle ne nous coûte pas
bien cher.
Isaac
Washington est notre barman, c'est une pièce maîtresse de notre activité. Il
nous donne courage et motivation pour travailler aux heures où le commun des
mortels dort du sommeil du juste.
Ficus
Vulgaris est notre plante verte, trônant majestueusement sur le bureau
d'accueil.
Une
journée à la paillasse
Avant
l'arrivée des cobayes, on se fait la bise, on prend un café et on se raconte
des blagues salaces, puis chacun se rend à son poste de travail, dans la joie,
la bonne humeur et dans Liliane en certaines occasions.
Nos
charmants volontaires arrivent peu à peu, ils sont accueillis on ne peut plus
chaleureusement, et passent en salle d'attente où Hubert procède à l'appel
des présents (voir photo ci-dessous). Une fois le programme de la journée établi,
on attaque les choses sérieuses en préparant les sujets.

Hubert
Guichonnet fait l'appel des volontaires dans un silence religieux
Mise
en forme du merdier
Le
maître mot de nos études est "dignité". Il convient de préparer le
cobaye pour que sa visite sur la paillasse reste un moment à raconter en
famille, avec les yeux pétillants, le verbe généreux, les joues rosies d'émotion,
et même parfois une petite érection, en souvenir de cette salope de Liliane.
Tous les arrivants ont droit à un traitement de faveur, même si tous ne sont pas destinés à servir la science le jour même, il nous arrive de les faire attendre (pas plus de trois mois selon les normes sanitaires), mais au moins ils seront prêts. Ecorchage et ponçage pour détendre un peu tout le monde, puis, afin de soulager nôtre tâche, Hubert (voir photo ci-dessous), distribue des cachous, eu égard à l'atroce odeur de crevure qui se dégage de la salle d'attente, surtout depuis qu'on a vidé le congélateur pour y stocker nos réserves de vodka, qui, comme chacun le sait, se déguste idéalement à –18°, soit 10° au dessus de son point de congélation.
Un
bon coup de Kärcher®™© par là-dessus et nous voilà prêts à affronter
les plus grandes énigmes de la science.

avant
tout examen, il est de bon ton de distribuer un cachou aux participants, qui
refoulent pas mal du goulot.
L'heure
n'est plus à la parlotte ni aux amabilités, n'en déplaise à Mme la Baronne
de Rothschild, mais à l'action. On verra le placement des petites cuillères et
des couverts à poisson le jour où on sera à la retraite, d'ici là, il ferait
beau voir qu'on se masturbe le ciboulot pour des conneries pareilles. On n'est
pas des tafioles, au labo poilade. Pour travailler sur la paillasse, il faut
avoir le cœur bien accroché (voir photo ci-dessous). Le cobaye est relâché,
détendu, et nombre de savants vous diront que c'est ainsi qu'on obtient la
meilleure viande. Une anesthésie locale et agricole, pratiquée au moyen d'un
grand coup eud'massue sur la gueule, envoie notre dévoué volontaire dans les
bras de Morphée. C'est là que votre serviteur intervient, sous le stress d'un
réveil potentiel de son sujet (mais grâce à de nombreuses années d'expérience,
cela n'est jamais arrivé, pourvu que ça continue), et dissèque, découpe,
hache, mesure, centrifuge, met un bon coup à Liliane en passant, et collecte
les précieuses données. Il est maintenant temps de nettoyer tout ça, et de
passer au réveil du volontaire.

Votre
serviteur étudie le foie de Guy Bedos (ne pas reproduire chez soi sans masque
à gaz) : je crois bien que j'ai oublié d'anesthésier mon sujet d'études !
Par
ici la sortie
Après
avoir subi tous les examens de rigueur, le volontaire est placé en salle de réveil,
où un café l'attend. C'est sur un fond de musique classique ('La Chevauché
des Walkyries' à fond les gamelles, ça vous ravigote les neurones) que nous
dissipons les derniers effets de l'anesthésie. Malgré cela, notre cobaye est
le plus souvent désorienté, et il est hors de question de le laisser à lui-même.
Le très dévoué Hubert, ce saint homme, prend sur lui de s'assurer que le
volontaire pourra regagner son domicile sans encombre (voir photo ci-dessous).
Alors, elle est pas belle la science ?

Hubert
Guichonnet raccompagne un participant jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche