Panurgisme
Je ne pense pas qu'il soit utile d'expliquer le sens du néologisme qui
donne son titre à cette rubrique, et me contente donc de vous préciser que
nous regrouperons ici les prises de position indignées prises sur ce site,
relatives, donc, à l'effrayante propension au panurgisme dont le sot est
capable, le comique de mes couilles en tête.
Non, ça n'est pas mon dernier mot. J'ai encore ça à
dire.
Ma chère Lara
Je suis très en colère. Ca ne se voit peut-être pas sur cette page web de fond blanc, couverte de caractères froids et impersonnels, mais je suis très très très en colère. Je vous mets trois 'très' , pour bien vous montrer à quel point je suis en colère. Tiens, je vous l'écrit même en majuscule: JE SUIS TRES TRES TRES EN COLERE. Et si je ne ponctue pas cette affirmation par une série de points d'exclamation, c'est d'une part car ma fonction de trésorier de "l'amicale des gens qui n'utilisent pas volontiers le point d'exclamation" me l'interdit, et d'autre part car ma colère n'a rien d'exclamative. C'est une colère froide, intérieure et bouillonnante. Mais je te prie de croire que quand elle se décidera à péter, il vaudra mieux garer ses genoux.
Qui veut gagner des millions? est le nouveau jeu qui fait des couilles en or à TF1, animé par Jean-Pierre Foucault. C'est un jeu télévisé de plus, ni plus ni moins débile ni révoltant que les autres. Sa particularité est qu'on y gagne des fortunes rapidement, au contraire des autres jeux. Elle aura suffit à déclencher les foudres inquisitrices des médias.
Que les médias s'indignent, c'est leur fonction. Qu'ils se soient indignés à juste titre ou non sur cette affaire n'est pas le propos. Le problème est qu'ils ont initialisé, probablement sans le vouloir, une vague anti-Qui veut gagner des millions d'une popularité ahurissante. A l'heure où je vous cause, tout le monde s'embrase, tout le monde s'excite, tout le monde y va de son "C'est votre dernier mot?" (une des phrases clés de l'animateur), tout le monde, et les comiques de mes couilles en tête. Je te parie ma cocotte en fonte contre le plat en plastique avec lequel tu fais décongeler tes pizzas (merde, voilà que je donne dans le José Bové, on mettra ça sur le compte de la colère) que dans le moindre café-théâtre, la moindre émission satirique, et plus simplement le moindre dîner en ville, une allusion est faite quotidiennement à Qui veut gagner des millions. Personne ne sait très bien pourquoi, personne ne sait qui a commencé, mais c'est le truc du moment, le truc à ne pas rater. Vous voulez vous illustrer dans les salons, vous faire bien voir de vos collègues de travail, tomber une poule? Placez habilement un "C'est votre dernier mot" dans la discussion et l'affaire est dans la poche.
Cette semaine, j'ai écouté Ruquier sur Europe 1. Ca faisait bien deux mois que ca n'était pas arrivé. J'ai écouté Ruquier en étant sûr qu'à un moment ou un autre, on évoquerait cette émission. Et évidemment, car ce qui doit arriver arrive toujours, car l'avenir de Ruquier est gravé dans le marbre, car monsieur-je-fais-là-où-on-me-dit-de-faire fait effectivement là où on lui dit de faire: Dans son émission "On va s'gêner" Laurent Ruquier fait allusion à Qui veut gagner des millions toutes les quinze secondes. C'est votre dernier mot? Qui veut gagner des moignons? Jean-Pierre Faux-cul... je vous épargne le détail. Ruquier, méfie toi, un jour, je vais te casser les genoux avec ma cocotte en fonte.
Tout ça pour dire que je veux bien être diplomate, je veux bien être tolérant, je veux bien respecter mon prochain, mais tant qu'il s'obstinera à rire de Qui veut gagner des millions, de rouler en trottinette et de ne rien trouver de plus hilarant que de beugler le générique de L'île aux enfants, je m'obstinerai à vomir ma bile sur sa grosse hure, ainsi que sur celles de sa femme, de ses enfants, et des quinze générations de sa descendance, dusse-je (?) (drame de l'inculture grammaticale) le faire dans le vide et au risque de passer pour un vieux pépère acariâtre. Et qu'on ne vienne pas sortir le médiateur du chômage technique pour ça, car je me ferai un plaisir de répondre aux mécontents à sa place, et méfiez vous, ma cocotte en fonte n'est jamais loin.
"Le monde court à sa perte, et les gens
lui injectent de l'EPO pour accélérer sa course".
Pépé Marmotte.
Lettre de soutien à Lara Fabian
Ma chère Lara,
Je ne suis pas fan de tes chansons, car d'une manière générale, je ne suis pas fan de chansons, mais je ne les trouve pas plus ridicules que les chansons des autres. Plutôt moins même, en ce qui concerne certain(e)s.
Un jour, les Guignols de l'info ont fait de toi une de leurs cibles. Sandrine Alexis hurlait "je t'aiiiiiime", la caméra se brisait en mille morceaux, c'était drôle, jusqu'à ce que ça ne le soit pas plus, comme toujours avec les Guignols. Et tous les comiques de France et de Navarre se sont mis à faire des allusions plus ou moins marquées, mais toujours graveleuses et ordurières, à Lara Fabian dans leurs sketchs. Comme toujours après les Guignols. Et je ne parle même pas des sites anti-Lara Fabian qui fleurissent chaque jour sur le web, plus nombreux que les pustules sur la gueule d'un adolescent acnéique.
Aujourd'hui, tu peux être certaine que dans la moindre émission de télévision ou de radio vouée à faire rire, ton nom et ton refrain (je t'aiiiiiime) seront cités au moins trois ou quatre fois. Ma chère Lara, tu es tout simplement en train de prendre la place de Mireille Mathieu dans le coeur du comique de mes couilles toutes catégories confondues, de la star des plateaux de télé au plus anonyme des webmasters humoristes. Et je trouve ça dramatique.
Car le petit monde de la chanson française est un vivier à têtes de noeuds, dont la plupart mériterait bien avant toi d'être un peu bousculée du piédestal sur lequel le consensus culturel semble les avoir installé pour des raisons qui m'échappent encore, et m'échapperont toujours. Inutile d'en dresser la liste, tout le monde la connaît. Le fait est que tu trinques pour les autres, en victime innocente de la loi de la jungle des comiques.
Ma chère Lara, pour ces raisons, j'ai tenu publiquement à t'apporter mon soutien. Je ne dirai pas que je t'aiiiiiime, mais je compatis sincèrement à ta douleur.
Marcel de Guérande.