Je ne suis pas sûr d'être moins utile que certains hommes de pouvoir. Je suis parfois plus sûr de leur faculté de nuisance que de ce qu'ils peuvent faire pour améliorer la condition humaine. Alors, je continue. 
(Guy Bedos)


Sommaire
Pourquoi "François Rollin est sensiblement plus drôle que Guy Bedos?"
Bedos/Ardisson: la réconciliation
Guy Bedos ou la fatuité incarnée

Morphopsychologie de Guy Bedos
Guy Bedos vu par Marcel Métrossin

Glossaire
Jouez au Pruneau-Trap
La fin d'un règne

Pourquoi "François Rollin est sensiblement plus drôle que Guy Bedos"?

    C'est vrai ça, pourquoi? Pourquoi pas "François Rollin est sensiblement plus drôle que Laurent Ruquier", par exemple? Pour une raison toute bête.

En octobre 1999, alors que je mettais en ligne les premières pages de ce site, l'actualité du comique de mes couilles était monopolisée par Guy Bedos. Son départ outré d'une émission de télé animée par Gildas, car on avait osé l'y inviter en compagnie de Thierry Ardisson, précéda de peu le mémorable pugilat auquel il se livra par médias interposés contre Florence Belkacem, avec laquelle il devait animer une émission qui n'a finalement jamais vu le jour pour cause de t'es gentille cocotte, mais le chef, c'est moi. La jeune journaliste ne l'a pas entendu de cette oreille, refusant d'un bloc le rôle de potiche que l'humoriste entendait lui attribuer pour s'approprier l'intégralité d'une gloriole médiatique fastueusement annoncée par la chaîne initiatrice de projet, Canal Plus, évidemment. Et Bedos de se justifier, de répandre son fiel à défaut de son foutre, à cet âge on répand ce qu'on peut, lui répondra Belkacem, en caricaturant un peu. Près de deux ans plus tard, on en rit encore. Voilà pourquoi Guy Bedos a pris la place de la personne sensiblement moins drôle que François Rollin, nécessaire au titre que je souhaitais donner à ce site.

Et puis le temps à passé, Laurent Ruquier, dans le top five notamment, a connu la gloire qu'on connaît, ainsi que d'autres, alors que Guy Bedos se fondait chaque jour un peu plus dans un anonymat punitif plus que mérité.

Et voilà qu'en 2001, il ressort de ses bouteilles. D'abord grâce à Dieudonné et à sa très influente organisation du CDHE., ensuite en annonçant un prochain spectacle, co-écrit par Gérard Miller, une place pour chaque chose, chaque chose à sa place. Il était donc plus que temps de consacrer, enfin, une rubrique à Guy Bedos. C'est chose faite.

Les plus tatillons d'entre vous décèleront à n'en pas douter quelques failles dans l'argumentation des rubriques qui suivent, c'est pourquoi je préfère leur couper l'herbe sous le pied en l'avouant ouvertement, mais sans une once de scrupule non plus, il ferait beau voir: Guy Bedos passe ici pour un alcoolique fini, adepte de mauvais rosé, ce qui est certes un peu limite pour définir le personnage. 

Ou pas.

Bedos/Ardisson: la réconciliation

Le samedi 11 mai 2002, Thierry Ardisson recevait, en invité vedette de son émission Tout le monde en parle, Guy Bedos, son ennemi juré.

Depuis plusieurs années, Guy Bedos regarde Tout le monde en parle. Tous les samedis soirs, il est devant son poste, regrettant de ne pas être dedans, maugréant contre l'excès d'orgueil mal placé qui, un beau jour, l'amena à déconsidérer publiquement Ardisson car il l'avait qualifié de has been.

Impossible de faire machine arrière, la polémique est allée trop loin. Tous les week-end, il est donc fidèle au rendez-vous de l'émission télévisée la plus regardée, la plus estimée de sa catégorie, et donc la plus à même de satisfaire son ego surdimensionné. Depuis la disparition de Nulle part ailleurs sur Canal Plus, Guy Bedos est un peu un orphelin de la télévision. Où aller, ailleurs que chez Ardisson? Chez Fogiel? C'est une solution, mais insatisfaisante. Le petit roquet, quoi qu'il en pense, ne bénéficie pas de l'aura médiatique d'Ardisson, et sa manie de l'impertinence pseudo-revendiquée ne fait pas les affaires d'un vieillard égocentrique en mal d'exposition médiatique. Plus orgueilleux que jamais, Bedos commence à souffrir de ne plus pouvoir faire le mariole que sur les émissions culturelles de France Inter; non, vraiment, il doit trouver coûte que coûte le moyen de se réconcilier avec son ennemi.

Et voilà que le 21 avril 2002, la France décide de qualifier Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles. Le samedi suivant, Ardisson reçoit BHL, qui s'exprime de façon sensée sur la situation en générale et Le Pen en particulier. C'est l'occasion rêvée, et peut-être la dernière qui se présente avant longtemps: la France est sous le choc, l'état d'urgence est décrété, Chirac va être élu avec les voix de la gauche, et Guy Bedos en personne appelle à voter pour celui qu'il convient désormais d'appeler "super menteur". S'il est capable d'avaler son orgueil à ce point, les gens comprendront qu'il le soit pour devenir le copain d'Ardisson. Il fait donc son savoir à l'intéressé, par relations interposées, qu'il a beaucoup apprécié son émission d'entre-deux-tours, et qu'il n'est pas opposé à l'idée d'enterrer la hache de guerre. Les dés sont jetés. Bedos joue quitte ou double.

Le 11 mai 2002, sur le coup de 23 heures sur France 2, les deux antagonistes de la guéguerre médiatique la plus pathétique de l'histoire de l'audovisuel se tombent dans les bras. On se réconcilie publiquement, on se tape sur l'épaule, ah quand même, qu'est-ce qu'on a été con, on ne se présente pas d'excuses, mais presque. Ardisson la joue grand seigneur, il n'a aucune rancune, et sert à son convive les questions qu'il a envie qu'on lui pose. Bedos s'en donne à coeur joie, il distribue ses bons et ses mauvais points à travers les plis d'un visage plus boursouflé que jamais, fait le procès de la droite, de la gauche et de l'électorat sans une once de pudeur, ne parlons même pas de bon sens, le public rit, Ardisson aussi, ça y est, Bedos est dans la place, il a retrouvé une maison, c'est le bonheur total, il sent naître un renflement entre ses cuisses, on dirait qu'il bande, non, quand même pas, ça lui est pas arrivé depuis dix ans, il s'est fait une raison, mais si, il semble que si, il bande, il se touche pour vérifier, verse une larme, sort son engin, l'astique devant tout le monde, et fini par balancer trois gouttes de vieux sperme aigre dans l'oeil d'Ardisson, qui en redemande, vas-y mon Guy, envoie la sauce, venge toi, tu l'as bien mérité.   

Et après on s'étonne que les gens rechignent à payer la redevance.

Guy Bedos ou la fatuité incarnée

Extrait du Nouvel Observateur numéro 1943, paru le 31 janvier dernier. Dans un dossier consacré à la mort de Pierre Bourdieu, Guy Bedos est invité à rédiger un texte sur feu le sociologue de mes couilles. Je vous le livre tel quel, à la virgule près. 


Je sais, la route est longue qui mène du Collège de France à l'Olympia, et pourtant... Bourdieu et moi, nous ne nous étions jamais rencontrés, mais nous nous téléphonions. C'est un ami commun qui nous avait mis en contact. Même si je ne partageais pas toujours son sectarisme et que je me refusais à la considérer comme un gourou, nous étions d'accord sur l'essentiel, c'est-à-dire une dénonciation de l'économie libérale, de l'argent roi, de la gauche infidèle à ses principes, une défense des sans-papiers et des doubles peines. Il était intellectuel en mouvement comme je suis saltimbanque dans l'action. J'avais l'impression que, avec lui et José Bové, avec qui j'entretiens également des relations téléphoniques, nous formions, au-delà de nos fonctions respectives, une sorte de compagnonnage dans la rébellion, une petite famille résistante, un réseau d'opposition radicale. Bref, on se reconnaissait.

Je me souviens d'une longue conversation que nous avons eue sur les médias. Nul n'ignore qu'il les détestait et les soupçonnait du pire. J'avais essayé de le convaincre qu'il en était des médias comme du reste: il fallait en faire un bon usage, il fallait savoir les utiliser pour mener des opérations commando et faire entendre quelques vérités cruelles. C'est une technique que je tenais de Simone Signoret, qui excellait dans l'art d'occuper les journaux comme une place forte ennemie. Au bout d'une heure de discussion, Bourdieu avait fini par reconnaître que je n'avais pas tout à fait tort. Je me souviens surtout que, malgré sa science, son immense culture, il avait toujours la politesse de ne pas chercher à m'écraser et l'élégance de me considérer comme un interlocuteur digne de ce nom. C'était un homme de qualité et de bonne volonté. Il n'y en a pas tant que ça, aujourd'hui. Il va manquer à ceux qui se battent.

Morphopsychologie de Guy Bedos

1: Cheveu sale et gras: Le cheveu, particulièrement non entretenu, et qui n'a vraisemblablement pas côtoyé une bulle de shampoing  depuis l'élection de Mitterrand, témoigne de l'extrême mépris avec lequel le comique considère l'hygiène.

2: Valise sous les yeux: Réserve à larmes naturelle, vouée à permettre à l'humoriste de pleurer sur son propre sort le jour de son trépas.

3: Nez aviné: Si la granulométrie du nez de Guy Bedos laisse plus d'un géologue songeur, les morphopsychologues l'expliquent facilement, par une surconsommation de vin rosé en barrique de la coopérative de Tavel.

4: Plis du visages surdéveloppés: Ils témoignent du lien de parenté que partage l'artiste avec le pruneau, mais aussi avec le sexe de la femme, justifiant ainsi les qualificatifs "tête de pruneau", ou "tête de con", usuellement utilisés pour le désigner.

5: Lèvre supérieure enflée: Anomalie passagère, probablement de l'ordre de l'abcès, et liée sans conteste à une séance de cunnilinctus avec une femme de petite vertu, donc peu soucieuse de son hygiène intime.

6: Torse imberbe: Le torse, parfaitement vide de poils malgré les origines méditerranéennes de l'artistes, témoignent d'un manque de virilité qui frise (sans mauvais jeu de mot, dirait Tomate) le ridicule.

Guy Bedos vu par Marcel Métrossin

Glossaire

Ardisson (Thierry): Avec Jean-Marie Le Pen et l'eau plate, ennemi juré de Guy Bedos, et réciproquement. Ardisson et Bedos se haïssent autant qu'un chien et un chat, Isabelle Alonso et Marc Blondel, Richard Virenque et le respect de la syntaxe.

Prenons une émission de télévision consacrée à l'humour, consistant en un débat entre diverses sommités de la chose comique, et animée par Philippe Gildas. On s'ennuie.

Plaçons, au milieu des diverses sommités de la chose comique, un exemplaire de Guy Bedos, et un autre Thierry Ardisson. Très rapidement l'ambiance dégénère. Le Bedos se met à agresser l'Ardisson sans raison apparente, ce qui fait dire à l'Ardisson: "Dans les années 70, c'est Guy Bedos qui faisait rire la France, aujourd'hui, c'est Eric et Ramzy". Outré, le Guy Bedos quitte le plateau, soignant sa sortie en cabotin expérimenté, et se faisant, à son insu, la risée de toute la France. On ne s'ennuie déjà beaucoup moins. 

Autosatisfaction: Avec le vin rosé noyé dans des glaçons, aliment favori de Guy Bedos. Il en consomme sous toutes les formes: en quiche, en tarte, au gratin, à la mode de Caen, en onguent à téton.

Beauce: Département français dont la surface est occupée à 99,7% d'openfields céréaliers, la Beauce est également connue pour rimer avec Guy Bedos.

"Rien, à part la monotonie d'un champs de Beauce
n'égale l'ennui d'un spectacle de Bedos" 

(Verlaine) 

CDHE: Association de malfaiteurs. Guy Bedos en est le parrain.

Corse: Double département français (2A et 2B, ridicule) en forme d'île posée sur la Méditerranée, la Corse est peuplée de 98% d'indépendantistes et de 2% de stars du show-business enrichies, dont Guy Bedos, qui n'a jamais peur d'ouvrir sa gueule quand il s'agit de ressortir les icônes du front national d'un gouffre dans lequel elles feraient pourtant mieux de rester, mais qui devient muet comme une carpe dès lors qu'on l'interroge sur le plastiquage des maisons des dites stars du show-business, très en vogue sur la dite île, le tout en une seule phrase, c'est dire si Proust a du soucis à se faire. 


La maison en Corse de Guy Bedos

Gauche vodka: Branche dissidente de la gauche caviar, fondée par Guy Bedos, qui a toujours préféré au caviar le verre de vodka dont on l'accompagne traditionnellement. 

Molière: Grand auteur du XVIIème siècle, réputé pour son oeuvre magistrale, son statut de favori du Roi Soleil, et le fait qu'il soit mort sur scène en interprétant son ultime pièce, Le malade imaginaire. Guy Bedos se veut héritier de Molière. Il est en effet plus que probable qu'il ne meure sur scène, non sous les balles d'un dictateur, comme il le souhaiterait, mais des suites d'une cirrhose du foie, qui pour le coup n'a rien d'imaginaire.

Pruneau: Prune séchée sous le soleil de Bézier ou d'Ajaccio. Autant le pruneau de Bézier ravit le palais du gastronome, autant celui d'Ajaccio, sec et aigre, est parfaitement impropre à la consommation.

Revue de presse: Commentaire de l'actualité, théoriquement mordant, se basant sur la lecture de divers articles de presse. Guy Bedos la pratique volontiers. 

A ne pas confondre avec "Revue du Lido", encore que, la revue de Lido et la revue de presse de Guy Bedos attirent les mêmes gens, issus des mêmes maisons de retraites, partageant le même goût pour le scrabble et les aliments sucrés.

Robert (Yves): Réalisateur français (presque) toujours inspiré, auteur notamment des désormais mythiques "Un éléphant ça trompe" et "Nous irons tous au Paradis", dans lesquels s'illustrait un jeune acteur prometteur sous les traits du personnage de Simon Messina, médecin juif tiraillé par sa mère archi-possessive. Jeune acteur certes prometteur, mais dont on n'a aujourd'hui plus guère de nouvelles, sinon de la rubrique fait-divers du bulletin d'information bimestriel de la coopérative des vins de Tavel. 


Simon Messina, alias Guy Bedos (à gauche)

Sans-papier: Se dit d'une personne qui ne possède pas de papiers d'identité, sinon falsifiés, et se trouve donc en situation irrégulière vis-à-vis des autorités, qui en profitent pour la taquiner de manière parfois irréfléchie. Il existe en France deux catégories de sans-papiers: les sans-papiers d'origine noire-africaine, dont Guy Bedos est un ardent défenseur, et les sans-papiers d'origine asiatique, dont tout le monde se fout, Guy Bedos en tête, mais c'est pas grave, ces gens là mangent leurs morts. 

Chez Jean-Marie Bigard, les sans-papiers désignent également les gens coincés dans des toilettes, de préférence publiques, alors qu'il n'y a plus de papier hygiénique.  

Valises: 1- Accessoire de voyage de forme vaguement parallèlépipèdique, dans lequel on dispose des vêtements de plages, de la crème à bronzer et une boîte de préservatifs, avant de partir aux Seychelles, ou au camping "La Riviera" (une étoile) de Dunkerque, c'est selon les moyens.

2- Ennemi juré du sac-à-dos, dans lequel on dispose un pull, un kaway et quelques barres énergétiques afin de ne pas être dépourvu quand la bise fut venue, une fois rendu en haut du Col de la Vanoise.

3- "Réserve à larmes naturelle, sous les yeux de Guy Bedos, pour pleurer sur son propre sort le jour de son trépas" (Marcel Tamiton, Le pruneau, je le préfère en flan qu'en sketch, SGEV Editions). (voir également la morphospsychologie de Guy Bedos)

Jouez au Pruneau-Trap!

    La société V.T.S.P. (Virtual Tamiton Software Publishing) est heureuse de faire cadeau à tous les distingués rollinophiles, bedossophobes comme il se doit, de ce Pruneau-Trap virtuel qui soulagera les nerfs de ceux qu'insupporte la suffisance du plissé Guy Bedos, au visage sous-irrigué des larmes trop rares qu'il devrait verser chaque matin en contemplant les ravages des ans sur des traits avachis et figés en une moue pendouillante, larmes qu'il préfère garder en deux poches boursouflées pour pleurer sur lui même au jour de son trépas. Cette face, douloureuse, gagnée sous les fards d'une couperose nasale, aux vaisseaux éclatés par les inexorables pulsations d'un vilain sang noir, saturé de bordeaux plantureux et d'aigreur assassine, il vous est aujourd'hui possible de la faire couiner d'un "pouet pouet" salutaire grâce au Pruneau-Trap !

Marcel Tamiton,
Président de la V.T.S.P.

Le Pruneau-Trap est une animation en Flash. Il vous faut pour la lire être équipé du plug in approprié, que vous pouvez télécharger ici. Aucune crainte, c'est très rapide et tout à fait fiable.

C'est bon, vous êtes équipés?
Vous êtes chaud pour shooter du Bedos?
Alors attention...

...c'est parti!


La fin d'un règne

A lire également, pour les plus téméraires, cette pièce en trois actes (y en a que deux pour l'instant), qui met en scène Guy Bedos et qui vous savez, et écrite entièrement en vers, c'est dire si on ne se fout pas de la gueule du client.