Laurent Ruquier
On a tout essayé, première version


Marcel Tamiton a essayé "On a tout essayé"

    J’ai essayé « On a tout essayé », la nouvelle émission de Laurent Ruquier. J’ai alors eu confirmation, de l’existence d’un prolétariat de l’humour, réduit à la mendicité cathodique et à la plus vile courtisanerie. Les oubliés du théâtre de Bouvard, les échoués des grosses têtes, les naufragés de dimanche Martin et autres inconnus gesticulants viennent se bousculer aux portes du Ruquier partagés entre l’espoir infime d’être designés, pour un soir, de l’index magnanime et la terreur d’être refoulé par son majeur.

 Quand j’imagine la vacuité des réunions de préparation de ce genre d’émission, j’ai envie de pleurer.

 Ruquier : T’as prévu quoi pour la première

 Duboscq : ben, on a reçu un paquet d’une boîte de sportswear qui fabrique la combinaison peau de requin pour les JO, alors moi, je pensais faire un test, façon sketch t’vois ?

Ruquier : hihi, mais bon, ça va faire rire ça ?

Duboscq : vu comme ça, non, pas vraiment, je nage avec la comninaison, je nage sans, je fais un chrono… mais j’ai pensé, si on repasse tout en accéléré, et que je merdoie un peu pour l’enfiler, ça fera un peu Benny-Hill, tu vois l’truc !?

 Ruquier : Ouarf, hihihi, ouhouhouh, ouais génial, ouf ouf ouf, ah tu me tues ! Et toi Nathalie

 Nathalie Sarraute : Moi j’ai pensé essayer la techno-parade, ce serait bath qu’une femme de mon âge se mêle aux beaux jeunes gens. Et puis j’ai eu l’attachée de presse de Delanoë au téléphone, on pourrais arranger une rencontre impromptue sur le char, et dire deux trois trucs rigolos… si tu veux, je peux me trémousser un petit peu, ça fera la vieille qui veut faire jeune, c’est toujours marrant ça non ? Et tu n’auras qu’à te moquer un peu de mes fringues. On ajoute une petite intervention de Jack là dessus et on reste bénéficiaires.

 Ruquier : Ouarf, hihihi, ouhouhouh, ouais génial, ouf ouf ouf, ah tu me tues ! Et toi Gérard ?

 Gérard Miller : … 

Ruquier : Ouarf, hihihi, ouhouhouh, ouais génial, ouf ouf ouf, ah tu me tues !

Mais QUI trouve ça drôle, QUI se laisse corrompre l’entendement par les applaudissements forçenés d’une telle émission. Quel démiurge facétieux a donc pu foirer à ce point les zygomatiques de nos contemporains au point de porter le Ruquier aux nues de l’intelligentsia humoristique. Dans quelle dimension spatio-temporelle, de moi si incommensurable, trouve-t-on des cortex montés sans la notice, offrant à leur possesseur l’exotique faculté de partager son hilarité. Quelle pollution nucléaire, quelle pandémie, quelle malformation génétique a pu entraîner l’irréversible inversion des aires cervicales du rire et de l’affliction chez les spectateurs enthousiastes de cet ectoplasme joufflu.

Mais laissons là ces mystères, je préfère tenter d’ignorer le phénomène, craignant d’y perdre la raison et toute forme d’humanisme. Car si je me mets à réfléchir aux moyens de rendre drôle l’émission de Ruquier « on a tout essayé », j’en viendrais à souhaiter un sujet sur les pompes funèbres. Et je ne mange pas de ce pain là. 

Marcel Schoff a essayé "On a tout essayé"

    J'ai expérimenté, bien malgré moi, le nouveau divertissement de ce troublion du PAF, comme dirait son ami le très irritant MOF (Marc-Olivier Fogiel sinon). Malgré moi car en cette soirée de désœuvrement et de solitude, je repris espoir a l'idée de rire a gorge déployée en admirant le Professeur Rollin sauver quelques minutes le soporifique effort télévisuel de la délicieusement inconsistante Clémence Arnaud, entre une flatulence du gros dégueulasse Farrugia et un sketch pas drôle du tout de Sandrine Alexis et Frédéric Lebon, ce qui n'est pas très éloigné du summum du pléonasme.

Ruquier, donc, et sa joyeuse équipe pour une nouvelle émission.

Au risque de vous décevoir, alors que je ne comptais pas rester devant mon poste plus de temps qu'il n'en faut a Ruquier pour sortir une vanne sur le Concorde, je me suis fait toute l'émission, non pas pour sa qualité intrinsèque mais plutôt à cause de tout ce qu'elle pourrait être et n'est malheureusement pas, et aussi d'une certaine curiosité malsaine a découvrir certains "chroniqueurs-humoristes".

A la base, un principe plutôt alléchant: des journalistes testent tout et surtout n'importe quoi et donnent leur avis, nous disent que ca pue, que ca marche, qu'ils n'ont pas aimé ... cela en toute liberté, ce qui est suffisamment rare pour être souligné et qui nous change des cireurs de pompes de NPA et des pompeurs de fric de TF1 mais là, je commence a faire du Gérard Miller. Ce qui devient alors intéressant est justement la qualité et la pertinence des journalistes. Malheureusement ...

A jeter immédiatement un sacre disciple de Ruquier et donc de l'humour vraiment pas drôle du tout, Franck-Dubosc-le-très-gros-con (désolé mais je le découvrais a cette occasion et c'est dur) et au passage sa voisine Sarraute, la nymphomane grabataire qui osa appeler "ma chérie" la fausse nouvelle jeune Christine Boutin, entre deux rasades de whisky pour bien racler du fond de sa gorge les restes de coco qu'elle avait du récupérer au défilé Lagerfeld.

Autre découverte, Isabelle Alonso qui me parut sympathique une demi seconde avant de révéler son vrai visage de jeune conne progressiste idiote. A sa droite, Gérard Miller dans son éternel rôle d'aristocrate de gauche fumant le cigare et se taillant une petite ovation (très Pierre Arditi des grands soirs) après une efficace mais néanmoins facile tirade contre l'immonde Boutin; beaucoup d'arguments pour être sympathique mais finalement insupportable et suffisant, comme d'habitude. On passera rapidement sur la toute mignonne et toute gentille comme tout Maureen Dor qui a l'élégance de ne pas essayer d'être drôle comme ses camarades, mais en aurait-elle seulement les moyens?

Enfin, le mystère Jean-Francois Dérec, l'homme qui côtoie perpétuellement la frontière de l'humour sans jamais oser la franchir, celui qui devrait sauver une terne émission télévisuelle de sa médiocrité mais qui n'y arrive pas, une sorte d'Edouard Baer du pauvre pas drôle, l'intelligence et la folie en moins, ce qui ne fait plus grand chose a l'arrivée mais quand même plus que Bruno Gaccio.

Voilà, reste Laurent Ruquier, égal a lui-même - comme l'on dit lorsqu'on veut parler comme un admirateur de Thierry Roland - c'est-à-dire très mauvais, mitraillant la conversation de mots d'esprit (?) tout droit sortis de sa sempiternelle boite a blagues.

Je me tairais sur les apparitions d'un sage chinois faisant sa gymnastique au milieu du plateau en imitant le livre de la jungle pour diagnostiquer que Franck Dubosc a mal au cou, et d'un Claude Lelouch gâteux et visiblement pire écrivain que cinéaste, c'est à peine croyable.

Conclusion, un concept plutôt intéressant réduit à néant par une belle brochette de beaufs poujadistes et démagos voulant se faire passer pour des gentils gars tolérants et proches du petit peuple, contre le libéralisme et la mondialisation a tout-va, goûtant avec délice les bons mots de José Bové mais encore plus le hamburger a cinq francs, ce qui vaut tout de même beaucoup de blagues signées Ruquier.

Marcel Monpatron a essayé "On a tout essayé"

    Dis donc mes p'tits pères, il va bientôt y avoir plus de contenu dans les fora que dans les site. Et oui, je dis un forum, des fora, ou alors on dit tous des mediums. Et je vous emmerde.

Alors, je réagis, je rebondis, je prend le mike/ et je te nike/ suce mon zob sec/ Je viens des técis/ Et mon gland s'épaissit/...

Je, je je... En fait je viens vous parler d'une expérience troublante. J'ai réussi à regarder une grosse partie de "On a tout essayé". Si, vraiment. Et alors, me direz-vous?

"-Et alors"?

(Merci)

Et alors, c'est le meilleur moyen de comprendre pourquoi je ne regardais pas cette émission.

Résumons, la bande à Ruquier enchaîne des sujets divers et variés, liés à l'actualité la plupart du temps histoire que les vannes du matin de Ruquier puissent resservir. Le tout en public, et quel public, celui de la classe, oui, et encore. Du tapage de main à tout va, du rire gras pour faire popu, on reconnaît cette ambiance de réunion de chansonniers transposée à la télé (pour la version radio, direction les grosses têtes par exemple). Je ne dis pas ça parce que je suis élitiste (ça ne m'empêche pas non plus de l'être), mais tout ceci me dilate autant les vaisseaux que Patrick Sébastien parlant de la "France d'en-bas" (oui, la même que dans la chanson "Les Rois du Monde", un chef-d'oeuvre, mais laissons ce débat aux décortiqueurs de paroles de Niagara). Ne vous méprenez pas, hein, certains de mes meilleurs amis sont provinciaux.

Bref, "Publico di merda", c'est tout ce qui me vient, surtout quand je repense à la vie de Brian ("-Vous êtes tous différents!" "-pas moi!"). Et je ne vois pas du tout ce qu'est le sketch du fromager ou je ne sais quoi.

Enfin, je parle du public alors qu'il vaudrait mieux éliminer les meneurs. Autour d'une table ronde, affublée de lunettes également rondes, la tapette en chef... Ah merde. Bon, soyons clairs là-aussi, je n'ai rien contre les tanches, d'ailleurs certains de mes meilleurs amis sont des tarlouzes. Ils habitent d'ailleurs en province. Laurent Ruquier joue suffisamment de son homosexualité déclarée pour qu'on puisse en foutre plein la tronche à ce trou de... Ah c'est plus fort que moi, je dérape. En fait, je suis juste convaincu que c'est un faux coming-out, un calcul; après tout ce monsieur suit l'actualité et pensait peut-être remporter un certain capital sympathie. Et si il évite de fréquenter les endroits un peu trop ouvertement Gay, la probabilité de se retrouver avec une bite enfoncée jusqu'à la garde dans la boîte à caca est très faible. Autant dire que tout ça se tient. Je ne m'y risquerait pas, mais ça se tient. Pour me défendre j'invoquerais la sagesse proverbiale: "En amour comme à la guerre, tous les moyens sont bons", et c'est bien d'une guerre dont il s'agit. D'ailleurs, le pouvoir n'est que rarement totalement détenu par le Roi. Souvent, il y
a une éminence grise. Ca aurait pu être Pierre Arditi comme le faisait (je crois) remarquer un autre Marcel sur ce site (soit l'aspirateur à Vit du Nord, soit l'éthylophile), mais c'est Gérard Miller, moins rond, plus piquant, aigü, bref un casse-couille complet, ne reculant jamais à jouer le Père-la-pudeur, le révolutionnaire et le psy dans la même phrase. Gérard Miller est mon ennemi; si tu me lis Gérard, je sais où tu habites. Enfin non pas vraiment, mais je ne reculerais pas devant l'élimination physique de tous les Gérard Miller de France pour t'avoir (méthode dite "Sarah Connor").

L'incident? Un "débat" autour du livre "la vie sexuelle de Catherine M.", déballage de descriptions cliniquement porno de partouzes et bites-un-peu-partout, sur fond de recherche d'identité transcendant le sexe, de quoi plaire à un psy donc. En fait, la chaîne "Auchan" ("La vie, la vraie", je vous le rappelle), qui vend des livres (eh oui eh oui moi aussi ça me l'a fait), a décidé, malgré les très très bonnes ventes du livre de ne pas le mettre à l'étalage. Hop hop. Voyez la gueule du scandale, ça lui nuit tellement au livre qu'il doit être dans les 10 meilleurs vente cette semaine en France, encore que je sois dans l'incapacité de vous le certifier, car je m'en lime les rognons grave de chez Grave & Fils. Achetez donc L'EXPRESS pour vérifier. Après un sujet "caméra-couillon" ou l'indécrottable Dan Bolander poursuit quelque vielle dame en voulant lui vendre le livre, le débat s'engage, Ruquier est super-choqué, oh la la, oh la la. Gérard Miler adopte alors la posture Numéro 12: la tolérance. En effet, finalement on ne peut imposer à un libraire de mettre tel ou tel livre en devanture, et Auchan assume son choix. En revanche, ce
livre n'est pas de la pornographie mais de la littérature érotique; et là le débat va s'engager sur un terrain merdeux au possible. Voilà, tout Miller en quelques idées, malheureusement, rien ne vaut sa formulation et son ton de prof soigneusement entretenu en Fac, où j'imagine qu'il doit reluquer la gueuse et faire des classes de soutien, tiens, vieux porc.

Doit on vraiment parler des autres? Isabelle Mergaux, Alonso, Jean François Derec? Non, pas vraiment (à part que je remarque l'absence de Claude Sarraute et j'ai bien l'air d'être le seul). D'autant que je viens juste de réaliser que je trouve Dubosc sympathique ce qui me vaudra peut-être d'être plongé dans de l'huile bouillante par mes confrères Marcels, mais qui s'explique par ma non-activité professionelle. L'étape suivante, c'est les feux de l'amour.

Quant au bouquin lui-même, accompagné de la sortie d'un bouquin de photos de nus de la fameuse Catherine M. (Catherine Millet rédac'chef de je ne sais quel magasine d'Art Moderne, avec deux majuscules et où on ne parle jamais de photo de livre mais de "travaux"), je ne l'ai pas lu, je ne le lirais jamais et l'impression que ça me fait à déjà été mieux écrite dans un magazine, donc, deux points ouvres les guillemets: "Tous les an et demis, les média se découvrent un sexe. Moyenne Pioche avec "la Vie Sexuelle de Catherine M.".".

En me relisant vaguement, je constate que je n'arriverai jamais à faire sortir tout le venin, en même temps ça parait tellement évident... Bref, essayer "on a tout essayé", c'est de la connerie pure de ma part. Ne faites pas comme moi, dites Merde à Ruquier (et priez au passage pour que Pascal Brunner ne revienne jamais) (Ni Smaïn) (Ni Boyer) (ah chiotte il est pas parti lui).