Laurent
Ruquier
Et
son pote Steevy
Je ne sais pas si vous avez noté l’arrivée de Steevy, l’ex-lofteur, au sein de l’équipe de Ruquier, d’abord sur Europe 1, puis sur France 2.
Evidemment, il s’est rapidement intégré à l’équipe, rit quand il faut rire, vanne Mamie Sarraute quand il faut vanner Mamie Sarraute, parle quand on lui demande, et laisse le chef de meute faire son one-man show en couinant de temps en temps d’admiration. Ce n’est donc pas pour ses performances au sein de la troupe que je vous en parle.
J’aimerais juste attirer votre attention sur un point : il est le seul de la vingtaine ou de la trentaine de sbires à Lolo à ne rien faire à côté. Prenez des renseignements pour être sûr, mais en dehors de sa petite émission sur une télé câblée, qui doit lui prendre 2 heures par semaine à tout casser, si elle ne s’est pas déjà arrêtée, d’ailleurs, il ne fait rien.
Et si jamais il prend à Ruquier la fantaisie de se séparer de Steevy, eh bien, ce dernier se retrouvera à la rue.
Je me fous évidemment du fait que Steevy se retrouve ou non à la rue, mais c’est quand même marrant de voir que le sort de ce type dépend à 95% de Ruquier. Derec, Lemoine et les autres pourraient continuer à vivoter à travers des petits rôles, des petits bouquins ou des petits spectacles en cas d’arrêt brutal de l’émission, ou tout simplement en cas de brouille avec le patron, mais Steevy, nada.
Voilà donc le seul homme au monde condamné à coller aux basques de Laurent Ruquier, à le complimenter comme un courtisan de la cour du Roi-Soleil, à le flatter et à pousser la flagornerie jusqu’à se le trimballer dans le Marais devant témoins. Bien sûr, on peut supposer qu’il adore ça. Il est même tout à fait probable qu’il l’aie désiré ardemment. Mais imaginez un instant qu’une nuit, un songe divin lui fasse prendre conscience qu’il est enchaîné, bon gré mal gré, au sort du King de l’humour pas drôle ? Qu’il doit continuer à lui lécher le cul pour ne pas se faire jeter comme quelques chroniqueurs avant lui ? Ou qu’il doit absolument faire en sorte que le succès de son patron soit tel qu’il puisse ne plus penser avec inquiétude au lendemain ? Bref, qu’il est dépendant ?
Encore pire : admettons qu’il se rende compte que Ruquier n’est qu’un sale con. Peut-il se barrer ? Non. Il est lié par un besoin alimentaire. Il ne peut pas se défiler. Il ne peut pas entamer une carrière solo. Trop typé. On ne peut l’imaginer nulle part ailleurs que dans un truc de d’jeun’s, et de toute façon, personne ne voudra l’embaucher à cause de son étiquette Loft Story.
Laurent Ruquier, tel le Roi Soleil, peut donc faire de ce gamin un clochard du jour au lendemain si il le souhaite. Il y a quelque chose d'ignoble là dedans.
Sur ce, je retourne à mes crayons.
Marcel Métrossin.