Le Top Five de l'indigence humoristique
(E): Entrée (+X): Gagne X place(s) (-X): Perd X place(s) (=): Même place
Décembre 2001
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1- Les Inconnus (E) |
Exit Mamy Gravats, Mezrahi et autre Maxime, à l'approche des fêtes de Noël, c'est le grand ménage d'hiver dans le top five. Pour vous dire l'ampleur du phénomène, Ruquier perd momentanément sa place de leader, détrôné par Bourdon, Campan et Légitimus, alias les Inconnus, qui profitent de la promotion de leur nouveau film, "Les rois mages" de son nom, pour sortir une compilation de leur série de parodies d'émissions de télé d'il y a dix ans. On était habitué aux best-ofs d'humoristes, mais ils regroupaient jusqu'alors leurs meilleurs moments de l'année. Les Inconnus poussent un peu plus loin les limites de l'insolence en ressortant sans même se donner la peine de les gratifier d'un ou deux inédits des machins dont on a déjà que trop ri, et qui ne méritaient certainement pas de quitter ainsi la poussière.
C'est un véritable camouflet pour Ruquier, persuadé qu'il était de coiffer tout le monde au poteau avec son livre "best-of", et si je le mets entre guillemets, c'est parce que c'est aussi son titre, mon dieu, quelle imagination, mais où va-t-il chercher tout ça. Rassure toi Ruquier, les Inconnus auront disparu du classement dès le mois prochain, et tu seras à nouveau le roi incontesté des comiques de mes couilles, alors tu ronges ton frein pendant un mois, et tu fais pas ta boudeuse.
Farrugia propose comme les autres son idée-cadeau pour Noël, mais il a au moins le mérite de le faire avec une oeuvre inédite et créée pour l'occasion. Le hic, c'est qu'elle est l'adaptation vidéo de son livre de l'année dernière, "La stratégie de l'échec", qu'il ne s'est même pas donné la peine de rebaptiser. On imagine que le CD est prévu pour l'année prochaine, et un coffret réunissant les trois pour celle qui suit. Farrugia estime qu'il n'est pas encore assez bien nourri, il lui en faut toujours plus.
Là, je vois venir les protestations: dit-donc Guérande, qu'est-ce que c'est que ces allusions douteuses à l'embonpoint de Farrugia? Tu renies tes origines ou quoi? Protestations largement recevables, desquelles je prend acte la tête basse, mais auxquelles j'oppose néanmoins mon éternel soucis de la transition de qualité. Car railler un tantinet le lard du gars Farrugia me permet d'en arriver sans que personne ne s'en rende compte à son Carlos, son frère de goitre, qui propose pour sa part un "bêtisier des bêtisiers", compilant des bêtisiers de lycéens, d'assurances, de journalistes... un concept éculé jusqu'à l'os, mais qui ne l'empêchera probablement pas d'engranger un joli petit pactole à se faire péter la panse, au point de faire tiquer l'infâme Jérôme Duhamel, qui pensait jusqu'alors détenir le monopole du marché du bêtisier. Ben oui les gars, à force de se comporter comme des épiciers, faut pas s'étonner de voir arriver la concurrence, c'est la dure loi du marché, et y a aucune raison que les amuseurs publics y échappent.
Jean Yanne pour finir, assez replet lui aussi, mais dont les textes qu'il présente dans son livre ont au moins la qualité d'être inédits à défaut d'être drôles, et qui a surtout le mérite de nous faire rire lorsqu'il en fait la promotion, contrairement à ses confrères.
Novembre 2001
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1- Laurent Ruquier (=) |
Pas énormément de changements par rapport au mois dernier: Ruquier est toujours en tête, en parfaite sécurité dans sa forteresse, suivie par Mamy Gravat, que les dirigeants de Canal Plus ne se résignent toujours pas à déprogrammer, ça en devient gênant. Passons outre.
Belle entrée de Jean Yanne, directement en troisième position, avec son nouveau livre de pensées dont j'ai déjà oublié le titre. Un livre "cadeau de Noël", un peu avance sur la saison, mais la concurrence est rude. La compile de l'année des bons mots de Ruquier ne devrait plus tarder, de même que l'enième vidéo des petites annonces à ducon, et pas l'ombre d'une petite vidéo du professeur Rollin pour faire pencher la balance. Jean Yanne a donc décidé de coiffer tout le monde au poteau en lançant son produit plus de deux mois avant l'échéance. On se demandait pourquoi la rentrée littéraire commençait de plus en plus tôt: c'est parce que dès la fin septembre, les livres de Noël de comiques envahissent le marché, ne laissant plus une place pour les Nothomb et les Angot. Et pendant ce temps là, Guy Gavriel Kay continue de croupire chez les libraires dans la poussière des bas de rayons. Ainsi va le monde. Muf (résigné).
Mezrahi gagne une place, il creuse lentement son trou, avec son one-man show désormais officiel, au Palais des glaces. Est-je vraiment besoin d'aller y assister pour d'ors et déjà affirmer que c'est une grosse merde? Non bien sûr. D'autant qu'il partage la scène avec la dénommée Irène Cazu, sa mamy Gravat à lui, avec laquelle il avait déjà co-présenté une émission récemment sur France 3. Les grand-mères sont à la mode, je ne serai pas étonné d'apprendre que Jimmy Lévy prospecte dans les maisons de retraite. Vous me ferez penser à créer une catégorie spéciale vioquasses pour le mois prochain. Muf (aigre).
Sellig et Stéphane Rousseau sortent du classement, avantageusement remplacés par Maxime, qui fait son retour je ne sais plus où avec son sempiternel bomber et sa grosse gueule de beauf qui n'en est pas un, mais un peu quand même. Gageons que Sellig lui reprendra sa place le mois prochain, et ainsi de suite. Un genre de clash des titans, mais dans l'ombre. Inutile de vous fatiguer les gars, l'anonymat est au bout de la route, c'est inévitable. Muf (aigre).
Les top fives se suivent et se ressemblent, je ne vois pas pourquoi je me casse le cul à en rédiger une nouvelle édition chaque mois, je me demande si je ne vais pas me mettre à les copier/coller d'une année sur l'autre. Muf (découragé).
Octobre 2001
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1- Laurent Ruquier (E) |
C'est reparti pour une nouvelle saison humoristique, on remet donc les compteurs à zéro, et on reprend la formule habituelle du classement évolutif. Pas énormément de surprises pour cette nouvelle édition du top five, pas du tout même, c'est à désespérer. J'ai l'impression que la source du comique de mes couilles est en train de se tarir, et je ne vois pour autant aucune raison de m'en réjouir. Car ce tarissement est directement imputable au monopole grandissant de la holding Laurent Ruquier, qui ne laisse de chance à personne. Jugez-en par vous même: Ruquier, aujourd'hui, c'est un billet d'humeur le matin sur Europe 1, "On va s'gêner" en fin d'après-midi sur la même station, avec sa "bande", que l'on retrouve le soir à 19 heures sur France 2, des spectacles, des livres en veux-tu en voilà, un film en cours d'écriture, et comble du comble, un projet de feuilleton pour France Culture. Pas que je veuille jouer les censeurs élitistes, mais enfin, on nous a déjà sacrifié France Inter, on pourrait peut-être préserver France Culture, encore que, j'en conviens, le mal est déjà largement fait, mais enfin, il y a des limites à ne pas dépasser. Je suggère qu'on pende Laure Adler par les ovaires dans le hall de la Radio-France.
Vous imaginez bien que dans de telles conditions, personne ne peut lutter. Pas même Canal Plus, qui nous avait pourtant habitué à une résistance musclée sur le front de l'humour pas drôle. Mais là, je vous parle d'un temps... La chaîne cryptée ne se donne même plus la peine de déguiser sa vacuité sous les apparats d'une pseudo impertinence de forme, débarrassée de tous ses complexes, elle se revendique pleinement chaîne du tiercé, du foot et des blaireaux, avec juste, en souvenir de l'esprit Canal, Mamie Gravat, qui fait la speakrine tous les soirs dans la tranche 19-21 heures. Pathétique et sordide. Ca vaut bien une deuxième place.
La relève ne viendra donc forcément que des planches, avec notamment Stéphane Rousseau, seule véritable nouveauté dans cette nouvelle édition du top five. Je ne sais pas qui c'est, je sais juste qu'il est québecois, mis en scène par Légitimus, et que son spectacle a pour titre "Stéphane Rousseau vous fait l'humour". Et bien vas-y Stéphane, fais moi l'humour, mais je te préviens, je suis plutôt du genre frigide. Et pas trop porté sur le québécois. J'ai déjà testé Kavanagh, il est pourtant fougueux, mais n'a pas réussi à me faire pousser le moindre gémissement. Kavanagh, également mis en scène par Légitimus, méfions nous, le gars semble être en train de se spécialiser dans l'importation de comiques québécois, faudrait voir à pas non plus laisser envahir le marché hexagonal, qui n'a pas besoin de ça en ce moment.
Je ne connais guère plus Sellig que Stéphane Rousseau, mais la visite de son site web a suffit à me convaincre. Du reste, il rentre dans le top five à défaut d'une concurrence solide, mais il est plus à classer dans la catégorie des négligeables que dans celles des dangereux. Ce n'est pas le cas de Mezrahi, qui ne prend certes ce mois-ci que la cinquième place, mais pourrait rapidement conquérir les hauteurs du classement: il rode en effet actuellement son one-man-show en province, et ne devrait plus tarder à pointer sa grosse tronche dans les émissions de télé.
Mezrahi, rival possible pour Ruquier? J'en doute fort. Mais qu'on se rassure, Bedos prépare actuellement son come-back. Un des derniers, sinon le dernier successeur potentiel au règne du chansonnier mafflu. Le combat sera royal, à n'en pas douter. Mais il nous faudra patienter encore un moment.
Septembre 2001
Récapitulatif de la saison médiatique 2000/2001
Après deux interminables mois de vacances, poussivement rythmés par les sempiternelles compilations andréhalimesques et autres plateaux de jeunes-talents-qui-n'en-ont-pas, nous voilà à l'aube d'une nouvelle saison, qui s'annonce plus indigente que jamais. A la radio comme à la télé, les "grilles" d'été tombent une à une, laissant apparaître l'habituel désert créatif de la rentrée. Ruquier quotidiennement sur France 2, une speakrine mezrahesque sur Canal Plus, Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir? Ben non ma grande, j'vois rien, nib, ballepeau, pas l'ombre d'un soupçon de début de projet de brouillon d'innovation. Rendez-vous dans un mois pour en dresser un premier bilan, mais pour l'heure, place au récapitulatif de la saison qui vient de s'écouler.
Première constatation: le nouveau millénaire sera celui du règne du comique épicier. Petites annonces d'Elie, fiches cuisines de Chantal Lauby, livres à la con (Jean Yanne, Bigard, Palmade/Darmond, et tant d'autres), tubes de l'été (Bigard, Sébastien), sans oublier la production industrielle de livres, sketchs, et émissions de la holding Laurent Ruquier, et tout ce que j'oublie encore... Il semble que l'appât du gain l'ai définitivement emporté sur la quête de qualité, de cette bonne vieille qualité artisanale qui faisait qu'il n'y a pas si longtemps, on montait encore sur les planches pour mouiller sa (nouvelle) chemise avec des tableaux sous le bras. Dans l'émission "On en rit encore", diffusée cette été sur France 3, et vouée à donner carte blanche à un comique de mes couilles pour parler de ce qui le fait rire, l'impayable Antony Kavannagh a déclaré: "J'ai beaucoup d'admiration pour Will Smith, il a un plan de carrière que j'aimerais emprunter". Plan de carrière. Voilà où on en est. Crevure.
Seconde constatation: les comiques de mes couilles n'ont pas profité du changement de millénaire pour abandonner leur fâcheuse propension au panurgisme. Il faut dire qu'avec Loft Story, la tentation était trop forte. Tous se sont rués sur l'aubaine comme des mouches à merde sur un étron fumant, Ruquier en tête, en beuglant dans ses émissions à la con cet irrésistible refrain: "Dans le Loft! Dans le Loft"... et en invitant régulièrement le jeune Steevy sur le plateau d'"On va s'gêner". Sans compter les tocards qui en sont encore à Lara Fabian: gageons qu'ils se mettront à taper sur Loft Story au début de l'année prochaine. Mon dieu.
Toujours dans le registre du panurgisme, la grand tourbillon planétaire de contestation anti-mondialiste a entraîné dans son sillage pas mal d'humoristes. Les comiques du CDHE seront bientôt plus nombreux que les amateurs de football, tous s'enferment avec détermination dans leurs "engagements", c'est-à-dire dans ce qu'il convient de dire lorsqu'on est de gauche. Laurent Gerra, comique de droite qui le revendique, en deviendrait presque sympathique. S'il n'était pas de droite.
En dehors des épiciers et des engagés, il ne reste plus qu'une catégorie: le comique d'école Monsieur Jeune. Il a la crâne rasé, parle de Joey Starr dans ses sketchs, et base tout son humour sur la dyslexie. Son unique qualité est qu'il ne théorise jamais, et tourne systématiquement ses interviews en dérision, quitte à être parfois un peu lourd. Le comique d'école Monsieur Jeune n'est grave et sérieux que pour jeter l'opprobre sur "les gros porcs du FN" et pour dédier son "total respect" à sa maman. C'est assez mignon.
Et à part ça?
A part ça, rien. Deux ou trois chansonniers qui font de vieux os dans des cabarets humides, une poignée de ribaudes adeptes de la "galerie de personnages passés au vitriol de la caissière à la bourgeoise en passant par l'adolescente", une pincée d'humoriste à la mode des années 90 (sketch avec interlocuteur imaginaire)...
Et Mezrahi.
Mezrahi, qui prépare son grand retour.
Pour finir sur ce thème, et pour faire ainsi la transition avec la saison qui commence, je ne résiste à l'envie de relater ici une contribution de Marcel de Vélo au forum d'ou-pas.net.
***
He is not dead. He is getting better.
He thinks he'll go for a walk. He feels happy, he feels happy.
Excusez cette shakespearation maladroite, référence pataude à la scène
d'anthologie que vous savez sauf si vous ne la savez pas, mais tremblez, car
Mezrahi n'est pas mort. Du moins pas plus qu'avant. Je l'ai vu récemment dans
le poste. J'en frémis encore. C'était sur Comédie sans point d'exclamation,
durant une émission réalisée dans le cadre de je ne sais quel festival de
comiques de mes couilles. C'était en Corse, à Porte-Vecque, si j'me souviens.
La plus fine fleur du gratin du comique terne y était réunie, afin, si j'ai
compris, que les plus connus jugent les plus anonymes, ou quelque chose
d'approchant. Titoff était président du jury, c'est dire la portée de l'évènement.
On trouvait là rien moins que Michèle Bernier, Raphaël Mezrahi, Maxime, et
tout un tas d'autres, qui, si Dame Fortune nous sourit, resteront dans l'ombre.
Gageons que leurs rangs comptaient quantité d'imitateurs, l'un ou l'autre
ventriloque, et quelques vieux sociétaires de je ne sais quel théâtre des
deux boules, des trois bonnets, et des cinq ânes réunis.
L'émission qui résumait le festival en question, était rendue plus pénible
encore que son seul thème n'aurait pu le laisser supposer, par une réalisation
navrante, mélange hâtif d'extraits de représentations, d'interviews express,
de séquences "d'ambiance", le tout ficellé par un fil rouge ténu,
constitué de présentations comiques de la ville de Porte-Vecque réalisées
par une paire de simplets qui en sont venus à faire du Jamel sans même s'en rendre compte.
Je sais, c'est long. Mais l'évènement est d'importance, et méritait son préambule:
durant cette émission, on voyait un "aperçu du prochain spectacle de
Raphaël Mezrahi". Le gars va donc monter sur scène, si c'est pas déjà
fait. C'est quand même pas rien.
Et quel aperçu consternant, justement. Seul en scène, avec son texte en main,
texte constitué d'une énumération de questions "absurdes" - un
exemple de mémoire: "Pourquoi, lorsqu'on fait la queue à la caisse au
supermarché, y a t'il toujours un con devant avec un article sans prix? Et
pourquoi ce con, c'est souvent moi?" (lui hein, pas moi). Et ainsi de
suite. Il débite ses questions en les lisant - pire, en faisait probablement
mine de les lire, pour se donner une contenance, sans préambule, et autant que
je me souvienne, sans chute. Il a même pas été foutu de bricoler une
question-chute. Je sais pas moi, "Pourquoi vous riez?", ou n'importe
quoi d'autre aurait fait l'affaire. Mais non: il énumère ses questions
impertino-comiques, s'arrête et salue.
Alors pour peu que tout ça ne date pas de trois ans sans que je m'en sois rendu
compte, ce qui n'a rien d'impossible, attendez vous à être assaillis
d'apparitions médiatiques de Mezrahi à l'occasion de son spectacle -
probablement à la rentrée.
Vous v'là prévenus.
Août 2001
Le top five est parti en vacances. Il sera de retour dès septembre, pimpant et requinqué, pour un récapitulatif des plus mauvais comiques de la saison 2000/2001 en forme de Ruquiers d'or. Ceux qui le souhaitent peuvent encore laisser leurs avis dans le forum, à la suite des 54 messages de la page intitulée "Top five de mes couilles", dans laquelle les trophées à décerner ont déjà été largement évoqués.
Juillet 2001
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1- Jean-Jacques Pérony (E) |
Bon ben c'est pas compliqué, à part l'aut'con, y a quasiment que des entrées. C'est comme qui dirait le grand ménage d'été.
Pour commencer, honneur au vainqueur, Jean-Jacques Perrony, le comparse de Laurent Gerra, dont j'ai récemment découvert qu'il officiait en solitaire dans les Grosses têtes de Philippe Bouvard sur RTL. La plume de Laurent Gerra isolée de ses imitations, autant dire le sommet de l'horreur, de surcroît dans le contexte très particulier des Grosses têtes, dont les discussions ne tournent plus qu'autour du thème exclusif de l'homosexualité de Bertrand Delanoé; je vous laisse imaginer le résultat. Pérony, connard, pardonnez ma vulgarité, mais c'est tout ce qui me vient à l'esprit. Je ne m'étendrai pas sur son sujet, sinon en vous livrant cette hypothèse de mon excellent confrère Marcel Kabach: Gerra est un con, pas un très gros, un con assez ordinaire et éventuellement convertible; par contre, Pérony est un sale type, un aigri et un facho, ce qui est souvent la même chose. Ce qu'on peut effectivement vérifier en comparant les sketchs de Gerra dans ses "élections matinales" aux interventions de Pérony dans les Grosses têtes.
Laissons les à leurs tristes sorts, et venons en très rapidement à celui qui occupe la seconde place de ce top five du moi de juillet, en y entrant pour la première fois: Jean-Marie Bigard. Je ne rentre pas dans les détails, tout est déjà expliqué dans la rubrique qui lui est consacrée sur ce site, actualisée aujourd'hui même.
On enchaîne donc avec le troisième, véritable perdant du mois, Laurent Ruquier. Moins deux places, la honte. Là non plus, on ne va pas en faire des couches, Ruquier, on le connaît, il est de loin l'humoriste le plus représenté dans le top five depuis sa création, et sa page est celle du site la plus fournie. Alors bon hein.
On poursuit donc avec Patrick Devedjan, le quatrième. Rassurez vous, je n'ai pas tourné chansonnier, et n'entends nullement déroger à la sacrosainte règle du zéro humour politique. Mais en l'occurrence, ce n'est pas moi qui humorise, mais Devedjan, le porte-parole du RPR pour ceux qui ne s'intéressent pas à la politique, et le moins qu'on puisse est qu'il officie dans la catégorie des pas drôles. Ou alors, il ne plaisante pas, pense ce qu'il dit et l'affirme avec conviction, auquel cas il serait con, ce que je n'ose imaginer.
Restons en sur ce doute, et terminons avec la cinquième place de notre ami Riigolax et ses grands pieds, habitué du forum d'ou-pas.net et lecteur du site de la première heure, officiellement inventeur de l'humour dit de "ripage vocabularique", qui se caractérise par le fait d'employer les mots à contresens, et donne lieu à des phrases d'une drôlerie inénarrable, du style:
"Et les Nuls, ils sont drôles? Non, je vous le conçois."

Riigolax
(Pardon Riigolax, j'ai pas pu m'en empêcher. Je t'en supplie, ne t'offusque pas.)
Juin 2001
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1-Laurent Ruquier (=) |
Très peu de changements par rapport au mois dernier. Un seul, en réalité. Maxime disparaît comme prévu du classement, laissant vacante une seconde place de laquelle s'empresse de s'emparer Franck Dubosc, coiffant ses concurrents au poteau. Rien d'étonnant à cette inertie: on entre de plein pied dans la saison chaude.
L'été, alors que la marmotte dandine son gros cul dans les pâturages verdoyants après de longs mois d'hibernation, l'humoriste prend son relais. Il se terre dans son antre, et travaille à la façon dont il pourra bien s'illustrer au retour de l'activité télévisuelle. Car l'été, la télévision est en veille. Les programmes consacrés à l'humour se limitent à quelques rediffusions des reliques de l'INA maladroitement compilées dans des best-of, de la main parkinsonienne d'André Halimi. Les rigolos de l'année laissent leur place à leurs ancêtres, aux Coluche, Fernand Reynaud et autre Bigard de l'époque du sketch de la chauve-souris. Le monde est ainsi fait.
En juin, les humoristes se font donc plus discrets. Ruquier jouit de cette relative inertie pour conforter son règne un mois supplémentaire, épaulé par Dubosc, son dauphin, qui fait pendant qu'il est encore temps la promotion des ultimes dates de son spectacle à la con, celui dans lequel "il se moque de lui même", mon dieu mais quel sale con. Ridipull et Papydas profitent des dernières édition d'NPA midi de la saison pour faire bonne figure dans ce classement, grapillons, grapillons, on ne sait pas où on sera en septembre. Le CDHE est également présent, poussé par un Dieudonné candidat aux présidentielles de plus en plus poussif, et les Agités du JT font leur maximum pour conserver leur cinquième place avant que France Inter ne se mette également en veille.
Rien de neuf sous le soleil donc, un top five de fin de saison, sans surprise ni coup de théâtre.
Mai 2001
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1-Laurent Ruquier (=) |
Au terme d'une longue concertation, le CDHE a finalement décidé de jouer le jeu du Top Five en se séparant de José Bové et Zebda. C'est la voie de la sagesse, mais pas forcément celle du succès. Car en haut du classement, la concurrence est rude. Ruquier plafonne en tête, plus mauvais, plus con, plus pédant que jamais. Juste derrière lui, Maxime, suivi de près par Ridipull et Papydas, bien décidés à défendre leur position. Les agités du JT (Virginie Lemoine, Laurent Violet...), du nom d'une émission diffusée le dimanche matin sur France Inter, sur le thème de la satire chansonnière de l'actualité, ferment la marche. Passons outre les commentaire superflus, ignorons les disparition de la FDHD et de l'USPT, et venons en au fait marquant de mois de mai: Maxime.
Maxime, même si ça ne durera pas longtemps, est le premier concurrent véritablement sérieux à Laurent Ruquier depuis Nagui. On l'a longtemps vu dans les "plateaux d'artistes variés", diffusés tardivement à la télé pour boucher les trous des grilles de programmes. Je l'ai même vu dans un café-théâtre, il y a assez longtemps de ça, dans le cadre de je ne sais plus quel "tremplin aux jeunes talents".
Les comiques de l'ombre sont nombreux. Ils envahissent les café-théâtres sans jamais parvenir à en sortir. Mais parfois, il arrive qu'un d'entre eux, à force de patience et d'acharnement, parvienne à pointer le bout de son nez sous les lumières de la médiatisation. Mais pas du succès. La nuance est importante. Car si Maxime fait l'Olympia le 27 mai, il n'en reste pas moins inconnu du grand public. On le voit souvent en ce moment, se pavanant, sûr de lui, confiant dans l'avenir, et déjà tellement orgueilleux. Il parviendra sûrement à le remplir, l'Olympia, ne serait-ce qu'avec sa famille, ses amis, et la tonne de comiques de l'ombre qui s'y déplaceront par solidarité. La performance sera probablement filmée, donnant lieu à une vidéo supplémentaire sur le catalogue de Jimmy Lévy. Et Maxime retournera d'où il vient. Au Point-Virgule, aux Blancs-Manteaux, ou je ne sais quel Carré Blanc. Il y finira sa carrière, dans l'aigre nostalgie de cette unique heure de gloire, dont il rabâchera à n'en plus finir les oreilles de ses enfants, lorsqu'il en aura la garde, c'est-à-dire un week-end sur deux, ben oui, tu pense bien que sa femme va pas rester avec un looser pareil.
Le cas de Maxime est comparable en tout point à celui du quidam qui s'illustre dans l'émission C'est mon choix. A une échelle supérieur certes, mais le résultat n'en est pas moins le même: un petit moment de notoriété éphémère. Pourquoi lui et pas un autre? Probablement en raison de l'espoir insensé d'un producteur peu lucide, qui ne manquera pas d'inviter son poulain à aller voir ailleurs si il y est dès qu'il aura mesuré l'étendue de ses pertes financière.
Cela dit, je vous l'accorde, il vaut mieux faire l'Olympia avec un spectacle de merde que d'aller agresser des petites vieilles.
Avril 2001
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1-Laurent Ruquier (=) |
Publication judiciaire à la demande des hautes instances de l'éthique humoristique:
Le Collectif Dieudonné pour l'Humour Engagé (CDHE) a été radié de la liste des lauréats du Top five de l'indigence humoristique pour toute la durée du mois d'avril. Le comité exécutif des hautes instances de l'éthique humoristique a en effet jugé une alliance signée courant mars 2001 entre le CDHE, José Bové et le groupe Zebda comme de la concurrence déloyale envers les participants habituels du top five, qui, nous le rappelons, n'est ouvert qu'aux humoristes stricto-sensu. Le CDHE est autorisé à réintégrer le classement dès le premier mai 2001, à la condition évidente de présenter une liste de laquelle José Bové et le groupe Zebda auront été rayés. Cette éviction temporaire est à considérer comme un simple avertissement; si à l'avenir le CDHE se montrait tenté de concrétiser d'autres alliances de ce type, il serait définitivement exclus du Top five de l'indigence humoristique.
Bisoux ensoleillés,
Fulgence Froissard-Coulibali, président des hautes instances de l'éthique
humoristique.
Fidèle aux règles d'or du commentaire humoristique, je n'émettrai bien sûr aucun jugement sur la décision des hautes instances de l'éthique humoristique, et me contenterai de vous en dépeindre les conséquences, qui sont nombreuses.
La plus importante concerne l'opportuniste Ruquier, qui profite de l'occasion pour se délester de son comparse Dubosc et voguer sans encombre vers le sommet du classement, enfonçant le clou par la promotion de son dernier livre, "Vu à la radio" de son titre, donnant lieu à l'habituel tapage médiatique, plus assommant et odieux que jamais. Le pauvre Dubosc, malgré toute sa fadeur, ne parvient pas à prendre la roue de son mentor, et se fait siffler la seconde place par le duo Ridipull et Papydas, qui caractérise à mon sens la véritable innovation de ce mois d'avril.
Derrière ces pseudonymes se cachent Bruno Gaccio, dans le rôle de Ridipull, et Philippe Gildas, dans celui de Papydas. En s'associant, les deux encombrants rebus de la chaîne cryptée trouvent enfin le moyen de sortir de l'ombre. Rodé quotidiennement dans NPA midi, leur duo repose sur des bases simples, mais solides: Ridipull joue le rôle du blaireau sans finesse, Papydas joue celui du vieux singe outré par la vulgarité de son confrère, mais toujours aux aguets de la moindre occasion de surenchérir et d'inverser les rôles. Ce qui donne des scènes d'anthologie, du genre de celle ci:
-Ridipull: Aujourd'hui, Eric Roux
va nous parler de la courgette, ça tombe bien, j'en ai une dans mon slip.
-Papydas: Tu pourrais nous épargner tes allusions graveleuses.
-Ridipull: Mais c'est pas graveleux, c'est la nature. C'est pas de ma faute si
j'ai une courgette et toi un radis.
-Papydas: Oui, c'est vrai, j'ai un radis. Un gros radis noir.
Ridipull et Papydas, valeur montante du top five? Affaire à suivre.
Venons en au bas du classement, entièrement renouvelé depuis le mois derniers, puisque Mezrahi disparaît du palmarès aussitôt après y être entré (l'homme est décidément spécialiste des apparitions éclair, c'est d'ailleurs tout le drame de sa carrière), et Nagui se replie à nouveau dans son antre pour ruminer l'échec de son émission Tutti Frutti et la lente décrépitude de sa sitcom bouleversante de jeunisme pustuleux, "Mes pires potes" de son nom. Ces deux démissions font l'affaire de deux collectifs, dont le premier fait son retour et le second sa première apparition.
Le retour, c'est celui de l'union des squatters de plateaux télévisés (USPT), qui profite de l'agitation pour revenir discrètement en cinquième place, appuyé par le soutien non négligeable de Christian Clavier, qu'on commence à croiser ça et là pour la promotion de l'adaptation américaine des Visiteurs.
La première apparition, c'est celle d'un tout nouveau collectif, sans doute voué à un nouvel avenir: La fondation Debouze pour l'humour dyslexique (FDHD), qui réunit déjà quelques noms prestigieux (Djamel Debouze, Eric et Ramzy, Les Robins des Bois...). Bref, un bas de classement qui parait plus solide que d'habitude, mais n'allons pas trop vite en conclusions: le retour du CDHE le mois prochain devrait remettre les pendules à l'heure.
Mars 2001
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1-Ruquier/Dubosq (E) |
Vexé de la seconde place à laquelle il a plafonné pendant trois mois, Ruquier a multiplié toutes les tentatives pour reconquérir son titre, multipliant les blagues foireuses, calembours préhistoriques et démonstrations d'autosatisfaction jusqu'au vertige de l'auditeur/téléspectateur, mais en vain. Il s'associe donc en ce mois de mars à Franck Dubosq, son comparse et recrue, et regagne le faîte du palmarès. Ruquier/Dubosq, c'est le doublé gagnant, la plus belle paire de têtes à claques du PAHF (Paysage Audiovisuel Humoristique Français).
Le CDHE, pourtant au mieux de sa forme, chute donc à la seconde place. A l'heure à laquelle j'écris ces lignes, l'organisation s'est retirée dans ses quartiers secrets pour ruminer l'offensive, réfléchissant, pour ne pas faillir à la règle qui l'a jusqu'à présent fait gagner, à une nouvelle alliance. Dans les couloirs de l'humour engagé, on murmure déjà le nom de Gérard Miller. L'intéressé se refuse pour le moment à tout commentaire. Affaire à suivre.
Passons rapidement sur la troisième place de Nagui, définitivement égal à lui même, et venons en au bas du classement. La boum dans le bar-tabac d'en bas est terminée, le taulier passe un coup de balai en maugréant, et Michel Leeb est parti se coucher. Salut l'artiste, à dans cinq ans pour un nouveau come-back. Gaccio repointe donc le bout de son nez et s'accapare une très honorable quatrième place, en grand frère indiscipliné de la famille des midis de Canal Plus, avec Gildas dans le rôle du papy-gâteau qui essaye encore de nous faire croire que le coussin qu'il glisse sous son siège lui sert à compenser sa petite taille, alors qu'il n'a d'autre fonction que celle d'éponger des fuites urinaires de plus en plus fréquentes, et Anne De Pétrini dans le rôle de la cousine de province aux gros seins, auxquels Gaccio ne peut s'empêcher de faire une allusion salace par minute en bon gros blaireau qu'il est.
La cinquième place revient à Raphaël Mezrahi. Disparu du classement dès décembre 1999 après avoir brièvement tenu le pavé de l'actualité du comique de mes couilles avec son émission radiophonique "Les grandes vacances", il sort de son coma le week-end sur France 3, présentant une enième rediffusion de ses faux interviews de stars, en compagnie d'une vieille dame amorphe, pour bien montrer à quel point il préfère les vrais gens aux intellos parisiens qui font rien qu'à lire des livres comme des snobs plutôt qu'à regarder les chiffres et les lettres, mon dieu.
Rien ne se crée, rien ne se perd, rien ne se transforme, tout stagne.
Février 2001
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1-Le CDHE (+1) |
Lentement mais sûrement, telle est la devise du CDHE. A l'opposé des coups de force qui marquèrent l'actualité de ce classement pendant les dernières fêtes de Noël (le coup d'état d'Elie Sémoun, la formation du collectif UCPN, l'entrée fracassante de Mes pires potes...), le CDHE a su entrer humblement dans le top five, et en gravir les échelons sans se faire remarquer. A l'heure où le calme semble enfin se rétablir, le CDHE prend tout simplement la tête du classement.
Il se distingue pour le moment par Dieudonné, candidat aux présidentielles, et Marc Jolivet, toujours en promotion pour son livre L'Utopitre. Passons rapidement sur les velléités électorales du premier, la candidature de Coluche ne m'avait déjà que très moyennement fait rire, et quoi qu'il arrive, il ne sera jamais aussi drôle que les candidats officiels, et venons en à celui qui a su hisser le CDHE au faîte de sa gloire en ce second mois de l'année 2001: Marc Jolivet.
Marc Jolivet se définit comme un "Arleclown". Il le dit, lorsqu'on l'interviewe, "je suis un arleclown, c'est la synthèse de clown et arlequin". Oui, il explique, dès fois qu'on ait pas compris, dès fois qu'on pense que c'est la synthèse de connard et tête en merde. Marc Jolivet lit Bourdieu, aimerait faire "La route" (l'émission de Canal Jimmy) avec Jean-Marie Messier et soutient Daniel Kohn-Bendit. De même que Guy Bedos, Marc Jolivet est persuadé qu'il dérange. Il s'imagine qu'il va finir fusillé par les fachos dans 10 ou 15 ans. Je n'invente rien hein, je vous retranscris quasiment mot pour mot la quintessence d'un interview du gazier que j'ai eu la pénible occasion de subir. Quand on pense que Bedos s'apprête à faire son retour sur scène, on se dit que le CDHE a encore de beaux jours devant lui.
Qui peut en effet lui faire de l'ombre? Mes pires potes? Je vous annonçai le mois dernier le retour de Satan. Mes pires potes n'ont en fait été qu'un coup d'éclat de plus, qui a servi à Nagui pour refaire son apparition dans le top five. Aujourd'hui installé, il se désolidarise de sa sitcom pour réapparaître sous son vrai visage, dans sa nouvelle émission "Tutti Frutti". Mais voilà, Tutti Frutti est diffusée très tôt, n'est vue que pas une quarantaine de téléspectateurs et disparaîtra probablement avant juin. C'est raté pour Nagui.
Laurent Ruquier? Peut-être. Parvenir à une telle constance dans la bêtise laisse pantois, mais cela ne suffit plus. Rien de plus symptomatique du con que le fait de finir éternel deuxième aux concours de connerie. Ruquier plafonne à la seconde place.
Michel Leeb? Il fait certes une belle entrée ce mois-ci en sifflant la quatrième place à Gaccio, qui la convoitait avec gourmandise, mais disparaîtra avec son spectacle (mais si, vous savez, y a une tête de noeud dans la boum dans le bar-tabac d'en bas).
Gaccio? Petit joueur, pas d'ambition. Il s'installe en bas de classement depuis le début de l'année faute de concurrence, et surtout car le collectif UCPN est actuellement enrhumé, mais ne fera pas long feu non plus.
Il faut s'y résoudre, l'avenir appartient au CDHE et à l'humour engagé, qui mine de rien est est en train de s'imposer comme une école d'humour à part entière. J'ai hâte de voir ses futurs nouveaux talents, petits jeunes qui n'ont pas peur d'ouvrir leur gueule, probablement de banlieue, qui savent de quoi ils parlent. Rappers de l'humour, comiques à casquettes, auxquels Bedos tend un sein qu'ils refusent, tu penses, le jeunes, ça carbure au Coca et pas au Tavel. L'humour engagé me casse les couilles, d'autant plus qu'il n'est pas si engagé que ça. Crier sur Le Pen aujourd'hui, c'est remuer les cendres en espérant que la flamme ne resurgisse. Marc Jolivet aimerait faire La route avec Jean-Marie Messier? Il se ferait gentiment endormir, et finirait probablement copain comme cochon avec le grand manitou de l'économie française. Les guerriers de l'humour engagé ont des allures d'octogénaires paralytiques, et les maîtres du monde peuvent dormir sur leurs deux oreilles.
N'oublions jamais cette règle d'or, premier commandement de l'humour drôle: L'humour est intemporel ou n'est pas.
Janvier 2001
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1-Mes pires potes (E) |
Cette fois-ci ça y
est, c'est sûr, tout le monde est d'accord, personne ne s'amusera à le nier,
même les plus chieurs, les plus adeptes de la contradiction, les plus férus d'empêchage
de tourner en rond d'entre vous: on entre dans le nouveau millénaire.
2001, l'Odyssée de l'espace, avait rêvé Kubrick.
2001 ne sera en fait l'Odyssée de rien du tout, sinon celle de la fin du monde. Le joli vaisseau de Kubrick vient à peine de quitter la stratosphère qu'il est aspiré dans un énorme trou noir, une spirale de néant qui s'auto-alimente, grossit, et menace d'engouffrer la Terre tout entière dans son vide annihilateur. A l'instar des cyclones, elle a un nom: Nagui. Certains l'appelleront Apocalypse dès qu'ils auront pris conscience du danger, mais il sera trop tard. Pourtant, on vous avait prévenu. Nagui est l'Antéchrist, on vous l'a démontré par a + b, ici même, preuves à l'appui, mais voilà, vous n'en avez fait qu'à votre tête, vous vous êtes obstinés à nous prendre pour des vieux grincheux misanthropes et intolérants. Aujourd'hui, la fin du monde caresse déjà du bout du doigt la surface de la planète.
Nagui lance "Mes pire potes" sur Canal Plus, et nous laisse entrevoir ses funestes desseins, qu'il concrétisera très bientôt en remplaçant Julie Snyder sur France 2, tous les jours en fin d'après-midi. Nostradamus avait raison. Il s'est juste trompé de quelques mois.
Mes pires potes est donc le titre de la nouvelle sitcom du samedi soir sur Canal Plus, diffusée juste après H. La sitcom, d'après Nagui, qui va "plus loin que trop loin". En effet. Mais dans la nullité. J'affirme dans une autre page de ce site que le mot con semble avoir été inventé pour Laurent Gerra, et je reconsidère mon jugement. Con est synonyme de Nagui. Mes pires potes, c'est une visite guidée à l'intérieur du cerveau de Nagui. Tout les ingrédients de sa personnalité y sont réunis. Les comédiens, probablement bons dans d'autres circonstances (ou pas) se débrouillent comme ils le peuvent avec les exigences scénaristiques de leur employeur, qui essaye encore de nous faire croire qu'il s'appelle Nagui malgré la paire de cornes qui lui sort de la boite crânienne. Dans mes pires potes, on tue des souris en leur enfonçant des suppositoires dans l'anus, arf, trop fort, humour trash, ouba ouba, j'vous l'confirme, tomberie. C'est pas tout le monde qui peut faire rire avec des animaux morts. Un hamster tué à coup de godasse de mère supérieur, j'dis pas. Un perroquet mort, no itn't, yes it is, no it isn't, yes it is, itou. Mais Nagui n'est ni Rollin ni John Cleese, Nagui est Nagui, arf, trop fort, humour trash, ouba ouba, j'vous le confirme, tomberie. Connard. Le coup du gros barbu qui fume des joints, c'est trop fort, trop osé, il fallait avoir les couilles de le faire, un gros barbu qui fume des joints, politiquement incorrect, impertinence, humour trash, ouba ouba, etc.
Alors du coup, la guéguerre que se livrent les quatre autres en bas de classement parait bien dérisoire. Noël est passé, les cadeaux sont faits et déjà rangés dans les armoires, les commerçants de l'humour sont partis se recoucher. Jean Yanne disparait aussi vite qu'il est apparu, l'UCPN éclate en morceau, Chantal Lauby range ses joints et retourne à ses infusions, Elie Sémoun commence à réfléchir aux petites annonces qu'il rangera l'année prochaine dans les rayons des supermarchés, et l'USPT perd une place. Tomate est définitivement moribond, Télérama ne semble pas vouloir repointer le bout de son nez, et du coté des têtes d'affiche, Ruquier ne regagne qu'une maigre place par rapport au dernier classement en date. Car le CDHE, avec la promotion de l' "Utopitre" de Marc Jolivet qui s'éternise, défend sa deuxième place avec maestria. Mais à quoi bon résister? Dans quelques mois, Sauron aura définitivement installé son empire.
Et qui revoilà, profitant du tumulte? Gaccio. L'infâme, l'affreux, l'ignoble Gaccio, qui s'obstine à roter quotidiennement son humour potache en introduction d'NPA midi sur Canal Plus. Dans 50 ans, Gaccio sera encore là. Un peu voûté, quelques dents en moins, le cheveux blanc et la bitte molle, agitant ses bras comme il le peut pour se donner de la prestance, proférant ses blagues de beauf, mais toujours là. Toujours debout.
L'histoire du top five l'a déjà montré à maintes reprises, et le montre encore aujourd'hui, dans le domaine de l'humour pas drôle, rien n'est définitif. Nagui montre les crocs, la situation est grave, croyez bien que j'en suis conscient. Mais elle peut encore empirer. Raison de plus pour redoubler de vigilance.
17 décembre 2000
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1-Le
collectif UCPN (E) |
Décidément, les rebondissements à répétition du feuilleton du top five de cette fin d'année 2000 n'auront rien eu à envier à ceux des élections américaines. Alors qu'on croyait Laurent Ruquier à nouveau maître de la situation, voilà qu'il retombe en quatrième place au niveau de simple outsider. Non, Elie Sémoun n'a pas dit son dernier mot; il tente le tout pour le tout et ça paye, puisque il mène avec succès le collectif UCPN au faîte du palmarès.
Après le CDHE (Collectif Dieudonné pour l'Humour Engagé), l'USPT (Union des Squatters de Plateaux Télévisés), voici donc, inscrit dans cette nouvelle tendance à la fusion d'intérêts directement importée du monde des multinationales par les comiques, le collectif UCPN (Une Cassette Pour Noël), autrement dit l'association d'Elie Sémoun et Chantal Lauby pour la promotion de leurs vidéos de fin d'année respectives. "Les petites annonces d'Elie numéro 588" pour l'un, sur lesquels nous ne nous appesantirons pas, depuis le temps que ça dure, on a compris le principe, et les "Kitchen Dales" pour l'autre.
Les Kitchen Dales font suite aux Bricol's Girls d'Alain Chabat. Les Bricol's Girls montraient des filles à poil sous prétexte de leçons de bricolages, elles laissent la place aux hommes dans les Kitchen Dales et leurs leçons de cuisine. Lorsqu'on interroge Chantal Lauby sur ses motivations, elle répond "Alain Chabat n'a pas pu réaliser les Kitchen Dales car il tourne Astérix au Maroc, alors il m'a demandé de le faire". De "Le faire". Car il fallait "le faire". Il y avait des sous à prendre, ça aurait été bête de passer à coté de l'occasion. Loin de moi l'idée de critiquer l'idée d'extorquer des sous de la poche du consommateur idiot, mais diable, faites le au moins avec passion. "Il m'a demandé de le faire". Si c'était à ce point là une corvée, t'avais qu'à t'abstenir.
Chantal Lauby s'occupe donc désormais de la section Vidéo de Noël du groupe Chabat-Entertainement, ce qui nous donne l'occasion de la voir se ridiculiser dans les émissions de télé dans lesquelles elle promeut sa cassette minable en brandissant un faux joint. Oui, vous avez bien lu, Chantal Lauby, du haut de ses quarante-cinq ans et d'un passé pas si glorieux qu'on veut bien le prétendre, ne trouve rien de plus drôle que de faire semblant de "fumer un tarpé" quand elle passe à la télé. Mon dieu, ça s'arrêtera quand ce culte du joint, y aura-t-il un jour une personne suffisamment courageuse pour élever la voix, pour dire "Mon je ne fume pas de joint, ça a un goût de merde et ça rend con, et en plus c'est le top du raffinement en matière de panurgisme"? Si ça se trouve, Rollin aussi fume des joints. Je n'ose y croire.
Mais quittons les moutons de Panurge pour revenir aux nôtres: l'UCPN est en tête, et Ruquier, mesdames messieurs, ne se retrouve non pas en deuxième, ni en troisième, mesdames messieurs, mais en quatrième place.
Car avec le ralliement inattendu de Guillaume Depardieu à la candidature aux présidentielles de Dieudonné ("Les gens sont dans la rue, ils en ont marre qu'on les prenne pour des cons", dixit) le CDHE conserve sa deuxième place intacte. Et puisque l'USPT, notamment soutenu par la première place du collectif UCPN (Elie Sémoun et Chantal Lauby possèdent des parts dans ces deux groupes) gagne une place par rapport au dernier classement, Ruquier se retrouve donc à la quatrième place comme un tricard. Je n'ose imaginer la réaction d'orgueil qui ne manquera pas de se produire les jours à venir.
Pour ce qui est de la toujours très
disputée cinquième place, Tomate quitte à nouveau le classement, au profit de
Jean Yanne et de son dictionnaire du poujadisme des mots qu'il
y a que moi qui les connais. Il devrait toutefois assez rapidement laisser la
place libre: la promotion de son livre ne se poursuivra pas à priori au delà
des fêtes de Noël. Idem pour le collectif UCPN, qui ne fera pas long feu ici
non plus.
Rendez-vous en janvier, on y verra plus clair.
Décembre 2000
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1-Laurent
Ruquier (+1) |
Deux semaines auront été amplement suffisantes à Laurent Ruquier pour rétablir son autorité despotique dans le top five des comiques les plus pas drôles du moment. Elie Sémoun a tenté le coup de force; il n'aura pas résisté à la version de la pub télévisé pour le T.E.R. (Train Express Régional) dans laquelle figure le décidément indétronable Ruquier. Mais notre hibou national n'a pas été le seul à réagir au coup bas de l'ex comparse de Dieudonné. Le CDHE, justement, et c'est la vrai surprise de ce mois de décembre, gagne trois places par rapport au classement précédent et s'accapare le titre de dauphin du roi des indigents de l'humour. Elie Sémoun n'a pas songé un seul instant au roman de Marc Jolivet; qui y pensait vraiment? Marc Jolivet écrit "L'Utopitre", et renvoie ce pauvre Sémoun à ses études. La candidature aux présidentielles de Dieudonné, avec pour programme de rembourser la dette française à ses esclaves noirs, achève d'asseoir le CDHE, qui ne manque décidément pas de ressource, en tête du classement.
Elie Sémoun se retrouve donc à la troisième place du top 5. Mais qu'en est-il de la queue du peloton? La encore, gros bouleversements, puisque Télérama (malgré un dossier "spécial kitch" dans le cahier central d'un récent numéro) et la famille Prévost sortent tout simplement du Palmarès. Au profit de Tomate, visiblement très affecté par sa disparition relative au coup d'état du 18 novembre, et qui a mis les bouchées doubles face à Bernard Loiseau chez Drucker pour reintégrer le classement, avec une cinquième place qu'il va falloir toutefois savoir défendre. Tomate résistera-il à la réaction d'orgueil de Télérama et de la lignée Prévost? La partie n'est pas gagnée, d'autant moins qu'un nouvel acteur entre en scène sur le théâtre de l'humour de mes couilles en cette fin d'année 2000: L'USPT, (Union des Squatters de Plateaux Télévisés), parrainée par Patrick Bosso, et dirigée par Titoff, jeune loup aux dents longues résolu à bouffer du Masure, du Prévost et même du Ruquier.
Plus que jamais, le jeu est serré et l'ambiance électrique. Le paisible duel Ruquier/Nagui de l'année dernière est décidément loin. Adieu les Guignols, Robins, Gaccio et autre Guelluck, l'heure n'est plus à la chamaillerie de cour de récréation, mais à la guerre. La guerre totale, impardonnable et ravageuse. Le sang n'a pas fini de couler; on compte les points avec délectation.
18 Novembre 2000
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1-Elie
Sémoun (E) |
Mesdames et messieurs, nous interrompons le cours normal des mises à jour de ce site pour laisser la place à la principale information du jour: Elie Sémoun vient de prendre la première place du "Top five des comiques les plus pas drôles du moment" à la suite d'un coup de force d'une traîtrise innommable.
Ce classement, mis à jour le premier de chaque mois, a pour but de récapituler les cinq comiques de mes couilles qui se sont montrés les plus particulièrement énervants au terme de la trentaine de jours qui suivent la dernière édition en date. C'est une règle à laquelle nul n'a jamais dérogé.
Aujourd'hui, l'humoriste Elie Sémoun, en multipliant ses apparitions télévisées pour y présenter le volume 24 de ses "Petites annonces", ainsi que le film "Deuxième vie" dans lequel il a un rôle, s'introduit en première place du classement sans même se soucier de la réglementation tacite qui gère traditionnellement les entrées, sorties, et changements de places dans le palmarès. Malgré tout le mépris que nous accordons à Laurent Ruquier, il nous faut bien légitimement prendre sa défense en condamnant publiquement la fourberie de celui qui l'a départi de son titre. Nous lui adressons donc toutes nos excuses. Les Prévost père et fils, qui préparaient ce mois-ci le bras de fer qui peut-être allait faire chuter Laurent Ruquier de son piédestal, et le CDHE, qui établissait les plans de sa campagne de conquête des hauteurs de ce classement, ont également notre compassion. Mais nos pensées vont surtout à Tomate, probablement en cellule de crise pour réhabiliter son assise historique dans le top five des comiques les plus pas drôles du moment à l'heure où j'écris ces lignes. L'arrivée imprévue d'Elie Sémoun risque bien de la faire disparaître à jamais.
La jungle de l'humour contemporain n'obéissant à aucune forme de loi, nous sommes dans l'impossibilité complète de condamner ce coup de force, sinon d'un point de vue éthique. Nous sommes donc forcés d'en accepter les conséquences.
En espérant que l'ordre qui règne habituellement sur ces pages revienne au plus vite,
Marcel de Guérande.
Novembre 2000
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1-Laurent Ruquier
(=) |
Les temps changent. Qui aurait pu imaginer il y a un an, alors que triomphaient ici Nagui, Les Guignols, Les Robins des Bois et Bruno Gaccio, que Canal Plus ne serait en cet automne de l'année 2000 plus du tout représenté dans le top five des comiques les plus pas drôles du moment? On s'ennuie toujours autant en regardant NPA, mais on s'y est habitué. NPA est devenu officiellement un catalogue d'humour routinier et velléitaire. Du coup, on ne regarde plus du tout NPA. Et on en vient à se demander si Canal Plus et Alain de Greef ont un jour existé.
Laurent Ruquier, en revanche, ne se fait pas oublier aussi facilement. Un peu comme la tâche de vin sur le crâne de Gorbatchev, la pipe chez Michel Field, l'illettrisme chez Romain Duris, les seins chez Clémentine Célarié... il est toujours là, il perdure, il semble éternel, mais on ne s'y habitue pas. Et d'autant moins qu'il faudrait vraiment vivre dans un monastère isolé au fin fond de la toundra pour réussir le difficile exploit de ne pas passer une semaine sans voir les disgracieux plis de sa tronche boursouflée s'écarter pour laisser filer une blague que le staff rédactionnel de l'almanach Vermot aurait des scrupules à publier. Logique qu'il plafonne toujours en tête de classement.
Au contraire de Tomate par exemple. Il commençait la saison en quatrième place, il en perd une ce mois-ci, je le vois bien disparaître plus tôt qu'on ne le pense aussi celui là. Mais alors, au profit de qui? Sommes nous condamner à subir Laurent Ruquier un an de plus? Pas sûr...
Les Prévost pères et fils, en seconde position dès leur entrée, pourraient bien reprendre le bras de fer contre Laurent Ruquier que Nagui a abandonné cet été, en démontrant brillamment qu'atavisme et vacuité ne sont pas du tout incompatibles.
Le CDHE (Collectif Dieudonné pour l'Humour Engagé) a également sa carte à jouer. Car vous aurez remarqué comme moi qu'aujourd'hui, de plus en plus, l'humour se doit d'être engagé. Par engagé, entendez engagé politiquement contre le grand méchant blanc colonialiste (Dieudonné), Jean-Pierre Chevènement (Guy Bedos), La droite (Gérard Miller), le talent (Marc Jolivet)... Tout cela laisserait entendre que l'humour non engagé, absurde, intemporel, universel d'un Rollin ou du Flying Circus n'en est pas. Tout cela laisserait entendre qu'un sketch sur le ministère de l'intérieur est préférable à un sketch sur le ministry of silly walks. On ne doit pas parler de la même chose.
Et les cartes se brouillent un peu plus quand on remarque que Télérama, qui est traditionnellement à l'humour ce que les soins dentaires sont au sybaritisme, conforte sa place dans le top five, en honorable troisième position. Télérama regroupe pour le moment la chronique d'Anna Gevalda (elle a changé de nom) et les calculs loufoques qui ne se décident pas à quitter le courrier des lecteurs. Et si Alain Rémond n'est pas encore sur la liste, c'est bien parce qu'il dit régulièrement du mal de Ruquier.
Voilà quelles sont les forces en présence à l'approche de 2001. Rien de bien définitif, on se teste, on s'observe... On devrait y voir plus clair le mois prochain.
Octobre 2000
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1-Laurent Ruquier
(E) |
Fin de la trêve et des hommages estivaux, c'est reparti pour une saison médiatique qui s'annonce riche en comiques pas drôles. Le top five dans sa forme traditionnelle, avec classement évolutif, reprend ses droits.
Première constatation: le changement dans la continuité.
Le changement, c'est l'arrivée en force de Télérama, aux deuxième et troisième places de cette édition. Avec d'abord Annachronique, fusion maladroite et peu inspirée des mots Anna et chronique, qui annonce, on s'en doute, la chronique d'Anna (Annalagourdassechronique eut été à mon sens plus judicieux, mais je n'ai pas été consulté). Ce monument de vacuité est apparu au mois de septembre dans le cahier central spécial Paris de l'hebdomadaire Télérama. Ceux qui ne lisent pas Télérama et ses lecteurs de province ne savent donc pas de quoi il est question. Annachronique, c'est la crème de la quintessence du billet d'humeur stérile et vain. Sa rédactrice se promène dans Paris, et consigne ses (més)aventures sur le papier, dans la prose exaspérante du billet d'humeur, avec un petit coté "jungle urbaine" en sus. Absolument indescriptible. Si elle est encore là le mois prochain, je vous en recopierai un extrait.
Dans la même veine, "Les calculs" sont apparus il y a quelque temps sous la forme de petits messages laconiques dans la rubrique "Ca va mieux en le disant" du même journal, c'est-à-dire dans son courrier des lecteurs. Les calculs en question répondent au thème de la petite boutade mathématique absurde et rigolote. Dans les deux derniers numéros, par exemple: "Dans un avion volant à la vitesse du son, peut-on éteindre la lumière avant de l'avoir allumée?"; "Si je double un professeur de mathématiques dépassé par ses problèmes, est-ce que je risque d'attraper des calculs?". Pas de quoi s'emporter à priori... Mais c'est lorsqu'ils sont placés dans le contexte du courrier des lecteurs de Télérama, c'est-à-dire de l'ultime repaire de l'élitisme culturel, et encore, je dis élitisme, c'est pour pas dire terrorisme, que ces messages prennent toute leur saveur. Rions entre gens de bonne compagnie, loin des téléspectateurs de TF1 et ses jeux décadents. Racaille.
Le changement, c'est enfin l'arrivée du cinéma dans le top five, avec pour ce mois d'octobre Les rivières pourpres, le dernier film de Mathieu Kassowitz, qui pour un film comique est plutôt raté. A moins que ca ne soit pas un film comique. Auquel cas son réalisateur serait un adolescent attardé, ce que je n'ose croire.
La continuité, c'est bien sur Tomate, en quatrième place, qui s'entête à clamer sa poésie à la France non consentante chez Drucker le dimanche soir. Pathétique. J'ai presque des scrupules à le chambrer, le pauvre vieux.
Mais la continuité, c'est surtout Ruquier, dont pour le coup, je n'ai aucun scrupule à dire du mal. J'en éprouverais même un genre de satisfaction malsaine, et frustrée de ne pas se voir concrétisée par des actes. Ruquier donc, en première place, loin devant tout le monde. Libéré de Nagui, son concurrent direct de la saison précédente, on peut prédire à Ruquier un bel avenir dans cette nouvelle édition du top-five. Celui qui sera si peu drôle, si peu humble, tant prévisible et mercantile qu'il pourra détrôner Ruquier n'est pas encore né, c'est moi qui vous le dit. A moins que Ruquier ne disparaisse subitement, à la suite d'un attentat par exemple. Quelqu'un sait où il habite?
Septembre 2000
Pas de top five ce mois-ci.
L'été se termine doucement, la rentrée n'a jamais été aussi proche, et pendant que nos "chères têtes blondes" envahissent les grandes surfaces en quête de classeurs Pokémon à 255 francs pièce, les comiques affûtent leurs vannes foireuses. Demain, c'est la première de N.P.A. nouvelle formule, la rentrée de Ruquier, Julie Snyder au quotidien, on attend pour très bientôt l'arrivée de Laurent Gerra à R.T.L., celle de Ruquier sur France 2. Et je ne vous parle même pas des chaînes du câble et autres satellites (qui feront prochainement l'objet d'un dossier spécial façon "Edwood vs MTV" de Marcel de Vélo).
Bref, on va rentrer de plein pied dans ce qu'il est convenu d'appeler la nouvelle "saison médiatique", qui promet d'être riche. Le staff rédactionnel du top five s'est donc octroyé quelques vacances afin d'être au top de ses disponibilités pour vous relater tout ça le plus exhaustivement possible dès le mois d'octobre.
Le mois prochain, on reprend donc la bonne vieille formule du top five évolutif avec classement par points et Ruquier en tête toute l'année.
Août 2000
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1-Pierre
Douglas |
L'incarnation parfaite du vieux crabe, de la vieille baderne, de l'humour préhistorique et fripé, c'est Pierre Douglas, un des piliers du Dom Camillo, ou du caveau de la Huchette, je sais plus, mais c'est la même chose. En tout cas d'un de ces endroits dans lesquels on paye des sommes astronomiques pour subir des pelletées de gags foireux directement sorties de l'Almanach Vermot, et pour se faire insulter si on a eu la mauvaise idée de s'asseoir au premier rang. Des salles généralement remplies de victimes d'un comité d'entreprise pas assez méfiant et de pensionnaires de maisons de retraite en sortie hebdomadaire. Pierre Douglas: Le troisième âge parle au troisième âge.
Un peu comme dans Ainsi font font font, émission de divertissement aujourd'hui disparue des écrans signée Jacques Martin, qui aime répéter qu'il a découvert Desproges, mais à qui je me permets de rappeler qu'il a aussi découvert Ruquier. Vous aussi, vous avez remarqué à quel point les comiques velléitaires aiment "s'approprier" Desproges, le citant à tout bout de chant, le mentionnant comme une de leurs influences majeures alors qu'ils n'ont pas le dix-millième de son talent?
Laurent Gerra fait partie de ses gens là. A l'entendre, il est le fruit de la rencontre entre Desproges, Brassens, et Zola. Il aime le texte. C'est fou à quel point ils aiment tous le texte. "Fantomette qui pue qui pète", c'est ça les textes de Gerra, c'est ça qui est censé faire passer la prose de Balzac pour celle du clandestin chinois qui vend des nems périmés en bas de chez moi. Vous me direz: oui, d'accord, mais Gerra, il est pas vieux, alors qu'est-ce qu'il fout dans un top five spécial vieux crabe? Et ben j'vais te dire, il est peut-être pas vieux sur sa carte d'identité, mais quand on l'entend causer de son art, on lui donnerait 75 ans.
Jean Amadou, c'est pareil, il aime le texte, sauf que lui, il a vraiment 75 ans, y compris sur sa carte d'identité. Mais il joue dans un registre complètement différent. Lui son truc, c'est plutôt le billet d'humeur spirituel et bien tourné, avec toujours une petite pique pour ce qu'il doit estimer être le politiquement incorrect, c'est-à-dire pour des trucs qui ne choquerait même pas ma grand-mère. Jean Amadou, c'est l'esprit avec un grand E, déclamé façon magnat de l'impertinence avec l'air de dire "ami auditeur, fait bien attention à ce que j'vais t'dire, tu vas t'en prendre plein les portugaises, du 100% pur jus de billet d'humeur certifié qualité française".
Mais la vraie incarnation du vieux crabe, le vrai chef de la vieille baderne, du grabataire pathétique et sordide, c'est Jacques Ramade. Un mètre 40, une voix d'enfant, des petites lèvres luisantes, et des brèves, des brèves, ah, le charme désuet de la brève, "Lolo Ferrari est morte, et pourtant, ses air-bags étaient sortis", l'humour de camping, de merguez-partie et de biture au pastis. Jacques Ramade, c'est la poilade gérontologique, la recrue de Martin, puis de Ruquier. C'est dire si on a pas trop de mal à boucler la boucle.
Juillet 2000
La cérémonie des Ruquiers d'or
Juin 2000
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1-Nagui |
Après un hit-parade du public de l'indigence humoristique au mois d'avril et une petite trêve au mois de mai, revoilà donc le top five des comiques les plus pas drôles du moment. Comme je le précisais le mois dernier, la fin de la saison médiatique arrive à toute allure, empêchant dans son élan un classement évolutif tel que je vous l'ai proposé dans ces pages de novembre 1999 à mars 2000. En attendant septembre et les nouvelles grilles de programmation du P.A.F., les classements de l'été seront voués au bilan, à l'hommage et à la découverte insolite. Pour inaugurer la série, voici le top five du mois de juin, premier top five thématique, exclusivement consacré aux comiques frisés.
En tête, puisqu'il est question d'hommage, de comique pas drôle et de frisé (le premier qui voit du racisme la dedans se prend cinq phalanges dans le tarbouif), un des deux monarques de l'humour pas drôle de la saison 1999/2000: Nagui. Nagui n'aura donc fait qu'un an à la tête de N.P.A., sonnant dans sa foulée le glas de cette émission dans la forme qu'elle revêtait depuis plus de dix ans. Plus de présentateurs vedette l'année prochaine, un N.P.A. chamboulé, Nagui aura réussi à lasser définitivement de Greff de son jouet le plus cher. L'année prochaine donc, on ne prend pas le même et on ne recommence pas. Nagui symbolise, dans l'histoire de la chaîne cryptée, le paroxysme de l'essoufflement de l'impertinence et de la singularité labélisée N.P.A. Salut l'artiste, et sûrement à bientôt dans une resucée de la "brosse à dent", encore plus crade et vulgaire qu'avant pour faire passer la pilule Canal.
Les seconde et troisième places reviennent respectivement au fils et au père Prévost, qui se complètent admirablement dans la catégorie du mythe usurpé. Deux gars sans humour, fadasse jusqu'au vertige pour le second, prétentieux jusqu'à l'arrogance pour le premier, qui méritaient bien de figurer ensemble dans un tel palmarès. On attend la mère et la grande soeur Pévost avec impatience, pour un top five spécial famille en or.
Erich Le Roch est le quatrième frisé de la liste, mais n'en est pas pour autant le moins méritant. Je ne connais de lui que sa participation à la compilation "Après le bip...", ceux qui trouvent que c'est un peu court pour juger n'ont qu'à se procurer le C.D., et ils comprendront à quel point ils ont tort. Erich Le Roch résume en quelques secondes un siècle (et plus) de pauvreté humoristique. Je n'ai rien contre lui en particulier, c'est sûrement un brave gars, et c'est toujours gênant de taper sur des inconnus, mais bon, c'est pas les restos du coeur ici, c'est le top five des comiques pas drôles.
Enfin, dernier de la liste, car il fallait bien un peu de lard au milieu des tous ces frisés, Philippe Bouvard, qui contre son gré met un terme aux grosses têtes en ce début d'été. C'est un mythe qui s'effondre; nous le pleurons par nostalgie pour les grandes heures, mais ne pouvions pas saluer ce départ sans évoquer une dernière fois la version télévisée des Grosses têtes, diffusée il y a quelques années sur T.F.1, véritable condensé de beauferie crasse et vulgaire qui vaut au gars Bouvard de figurer dans ce classement. Mais nous aurons sûrement l'occasion de revenir sur les Grosses têtes, puisque c'est le détestable Laurent Gerra qui en prend la succession.
Le mois prochain, c'est vous qui décidez, c'est les Ruquiers d'or.
Mai 2000
Pas de top five ce mois-ci.
Je suis pas en train de me ramollir hein, pas d'inquiétude la dessus, ma haine du troubadour moderne n'a jamais été aussi virulente. Je ne laisse pas non plus cette rubrique à l'abandon, bien au contraire. En fait, il se trouve que je n'ai pas allumé un poste de télé ou de radio depuis des lustres. Ca fait bien un mois que je n'ai pas regardé NPA et pas écouté Ruquier, et j'ai raté les derniers Drucker. Alors bien sûr, pas besoin de suivre assidûment les émissions de ces gens là pour savoir qu'ils sont toujours au top de l'humour pas drôle. Mais il se trouve qu'ici, comme je le précise clairement dans une rubrique du même nom, on a le sens de éthique. Et donc, pas question d'affirmer que Tomate reste le number one des indigents humoristiques alors que j'ai raté ses dernières prestations. Non pas qu'il aie pu potentiellement être drôle depuis le mois dernier, mais si ça se trouve, j'ai raté la nouvelle révélation, le nouveau pape de l'impertinence de mes couilles, la nouvelle coqueluche de l'humour télévisuel, tout va tellement vite à la télé.
Et puis ça sent la fin de saison. On commence à parler du départ de Nagui, de la nouvelle formule de NPA, bientôt les best-off et les rediffusions. Ca sent l'été et l'habituelle stagnation du paf. Alors il va falloir aller les chercher ailleurs, les comiques pas drôles, si on veut être productif cet été. Mais rassurez vous, on va les trouver, on va traquer le gibier sans relâche rien que pour vous, et je vous garantis que le tableau de chasse des mois chauds de cette année 2000 n'aura rien à envier aux précédents tops five. J'en appel d'ailleurs à votre collaboration active; si vous tombez sur un nouveau cas, n'hésitez pas à m'en faire part. Il ne sera pas dit que le site des internautes rollinophiles de bon goût stagnera au diapason du vide médiatique de la belle saison.
Avril 2000
Le hit-parade de l'indigence humoristique
Mars 2000
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1-Laurent Ruquier
(=) |
Pas de réelle surprise dans cette nouvelle édition du top five, sinon celle de retrouver Laurent Ruquier pour le deuxième fois consécutive en tête de ce classement. Laurent Ruquier est vraiment le plus mauvais humoriste du moment, et peut-être même de tous les temps. J'ai eu l'occasion d'emprunter à la bibliothèque de mon quartier une vidéo d'un de ses spectacles, et Ruquier sur scène prend une dimension supplémentaire. Laurent Ruquier, nous le savions déjà, n'a pas d'humour. Je découvre aujourd'hui qu'il n'a absolument aucun talent de comédien, à un point qu'on ne soupçonne même pas. Ruquier sur scène, c'est le néant, le vide sidéral, l'inconsistance érigée au rang de discipline. Dans son spectacle, il se contente de resservir les mauvaises blagues dont il étoffe ses émissions de radio, engoncé dans un costume qu'une paire d'épaulettes en béton armé ne suffisent pas à faire tenir droit. Il agite bien un peu les bras pour se donner de la prestance, mais cela ne fait que renforcer un peu plus l'impression de supercherie qui s'empare du spectateur désabusé. Laurent Ruquier est un escroc, se dit-on, un sale fumiste, plus chiant, plus lent, plus lourd que les paraboles historico-sociales en forme de ballets équestres de Zanadapiscu. Tout ceci explique pourquoi il fait pour la seconde fois barrage à l'haïssable Nagui, qui convoite toutefois cette première place avec opiniâtreté, à coup de jeunisme et d'humour pipi-caca.
Les deux sbires de Drucker, Tomate et Guelluck, confirment avec brio leurs troisième et quatrième places, avec une mention spéciale pour Tomate, qui se met depuis peu au "petit poème impertinent". La rime y est pauvre et malheureuse, le propos vide, et l'impertinence proche du zéro, mais on n'est pas surpris: c'est Tomate. Enfin, Bruno Gaccio refait son apparition après une absence passagère. Rien à voir avoir ses récents déboires médiatiques, l'homme n'a pas besoin de ça pour s'illustrer. Les Guignols de l'info, et surtout le sketch d'introduction de l'émission du midi sur Canal Plus y suffisent amplement.
Avec cette édition du mois de mars, je pense qu'on tient vraiment l'élite de l'humour pas drôle.
Février 2000
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1-Laurent Ruquier
(+2) |
Gros bouleversements dans le top five des comiques les plus pas drôles du moment en ce deuxième mois de l'année 2000. La vraie surprise, l'événement qui ne pouvait à priori pas se produire, c'est la relégation de Nagui à la seconde place de classement. Et quel est l'auteur d'un tel exploit? Laurent Ruquier. On le croyait promis à vie à la troisième place, et bien non, il passe ces temps-ci à la vitesse supérieure. Nullissime jusqu'au vertige à chaque fois qu'il ouvre la bouche, il laisse tout le monde derrière lui, y compris celui qu'on pensait indétrônable. Evidemment, la décision a été difficile à prendre, je m'en suis d'ailleurs ouvert auprès de Marcel de Vélo, dans le cadre d'un véritable conseil de guerre, et la décision a été unanime: Laurent Ruquier est vraiment le comique le plus pas drôle du moment. Mais qu'on se rassure, Nagui n'est pas en reste, avec une forte honorable deuxième place, de laquelle il pourrait d'ailleurs rapidement s'échapper pour regagner le sommet de ce classement. C'est donc aujourd'hui un véritable bras de fer entre Nagui et Laurent Ruquier qui s'engage, et qui devrait se poursuivre au moins jusqu'à la fin de la "saison" radio et télé, c'est à dire jusqu'au moi de juin. Que de rebondissements en perspective!
La troisième place est occupée avec brio par l'infâme Bruno Masure, qui confirme et assure sa place dans ce top five, et par la même son rôle de leader en matière d'humour pas drôle. Deux out siders de choix également, avec d'abord en quatrième place Phillipe Guelluck, dessinateur pourtant inspiré du "chat", qui sacrifie régulièrement son talent à l'exercice du pseudo "bon mot bien senti" dans les émissions de Laurent Ruquier, et le dimanche en fin d'après midi chez Drucker sur France 2. Il a clairement chopé la grosse tête, notez, il avait des prédispositions, et comme tous les gens qui commencent à se prendre au sérieux, il devient mauvais à force de ne plus se remettre en question. Luis Régo, lui, n'a pas chopé la grosse tête, il est juste devenu sénile, et c'est un pitoyable numéro d'humour pachidermique qu'il bégaye avec difficultés dans l'émission de Laurence Boccolini qui lui vaut cette cinquième place.
Janvier 2000

"Nagui, roi de l'humour pas drôle"
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1-Nagui (=) |
1: NAGUI
Bon, et ben c'est pas compliqué: tant que Nagui s'obstinera à faire son sketch à la con au pour débuter l'émission Nulle Part Ailleurs, il restera indétrônable dans ce top five. Inutile d'argumenter, il suffit d'allumer son téléviseur sur le coup de 19 heures 10 en semaine sur Canal Plus pour en être immédiatement convaincu. Nagui, roi de l'humour pas drôle.
2: BRUNO MASURE
Il est lourd, il est rouge, il est con, et il fait une entrée fracassante dans le top five des comiques les plus pas drôles du moment: c'est Bruno Masure, l'ex présentateur du JT de France 2, qu'on peut voir tous les dimanches en fin d'après-midi chez Drucker dans un pitoyable numéro d'humour préhistorique à base des calembours vaseux dont lui seul a le secret. Il se compromet également le midi sur France Inter en compagnie de Laurence Boccolini dans la pire émission satirique de toute l'histoire de la radio. Bruno Masure est à chier partout où il passe, et il fallait bien un Nagui pour le freiner dans sa course vers les cimes de l'humour pas drôle.
3: LAURENT RUQUIER
Laurent Ruquier garde sa troisième place avec panache, ce qui est parfaitement logique: toujours les mêmes mauvais blagues, la même autosuffisance, la même arrogance = toujours la même place. L'équation est simple, comme le gars.
4: BRUNO GACCIO
Il fallait bien deux pointures comme Masure et Ruquier pour reléguer Gaccio à la quatrième place de ce classement. Et oui, en matière d'humour pas drôle, la concurrence est rude. Mais il n'a pas dit son dernier mot, en ce début de millénaire (ou en cette veille, au choix, je ne participerai pas à la polémique), on peut lui faire confiance pour amener le niveau des Guignols de l'Info un peu plus bas encore, si toutefois c'est possible.
5: GUY MONTAGNE
Un nouveau venu en ce premier mois de l'an 2000 pour dignement célébrer le nouveau siècle avec un des grands pontes de l'humour du siècle dernier, voire de celui d'avant.
Décembre 1999
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1-Nagui (=) |
1: NAGUI
Nagui
conserve sa position de leader en matière d'humour pas drôle, en partie grâce
au "bon mot" suivant:
NAGUI: Aujourd'hui il fait un froid de...
LE PUBLIC DE N.P.A.: Canard!
NAGUI: Et quand on va aux toilettes on met du...
LE PUBLIC DE N.P.A.: Canard! (sous-entendu:
canard-WC).
MARCEL DE GUERANDE: Et Nagui, c'est un fameux...
2: BRUNO GACCIO
J'ai récemment découvert qu'en plus d'être un des auteurs des Guignols de l'info, Bruno Gaccio démarre l'émission "Un autre journal", le midi sur Canal Plus, par un genre de sketch introductif très comparable à celui de Nagui dans Nulle part ailleurs. Bruno Gaccio ne se décide pas à quitter son petit pull-à-col-en-V-porté-à-même-la-peau, et il a bien raison: ce petit subterfuge vestimentaire détourne l'attention du téléspectateur, et l'empêche ainsi de goûter pleinement à l'effroyable vacuité humoristique qui semble servir de ligne de conduite à l'amuseur. Mais si un jour Bruno Gaccio se résout à se séparer de son pull grotesque, alors Nagui aura du soucis à se faire s'il souhaite préserver sa place de leader du top five des comiques les plus pas drôles du moment.
3: LAURENT RUQUIER
Laurent Ruquier perd une place par rapport au classement précédent, ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il a récemment fait preuve d'humour. Il est au contraire assez constant, fidèle au style qu'il a lui même inventé: "Disons tout ce qui nous passe par la tête, il y aura toujours quelqu'un pour en rire." Un système qui fonctionne d'autant mieux que si personne ne se poile de ses blagues, il s'en charge lui même.
4: LES ROBINS DES BOIS
Le cas des "Robins" est un peu particulier. En effet, contrairement aux non-humoristes avec lesquels ils cohabitent dans ce stupide classement, il arrive aux "Robins" d'être drôles, voire hilarants. Mais lorsqu'ils ne le sont pas, alors la facilité désolante à laquelle ils sacrifient leur talent ne peut que navrer l'homme de bon goût.
5: REMI ROSELLO
C'est avec stupeur que j'ai récemment découvert, en feuilletant les pages "Café-théâtre" de mon Pariscope, que Rémi Rosello avait disparu de la programmation des Blanc-Manteaux, après quarante-cinq ans de bons et loyaux services. J'ai donc tenu, en le gratifiant de cette cinquième place, à lui rendre un dernier hommage. Salut l'artiste...
Novembre 1999
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1-Nagui (E) |
1: NAGUI
Nagui dans le top five des comiques les plus pas drôle du moment, c'est possible, et ça mérite même une première place. Nagui n'est certes pas un comique de profession, c'est un présentateur de télévision, mais voilà, pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué, Nagui commence l'émission Nulle Part Ailleurs par un "sketch". Et plus encore que les réparties potaches avec lesquelles il alourdit des interviews qui n'ont pourtant pas besoin de ça, c'est bel et bien ce sketch d'introduction qui lui vaut cette première place. Mauvais jeux de mots, interprétation approximative, prise à partie du public, autosatisfaction permanente... rien n'est plus consternant que le sketch de Nagui. Pour reprendre une des expressions favorites de l'animateur:"Le sketch de Nagui, ça le fait pas". Tchao Tchaaao.
2: LAURENT RUQUIER
On ne présente plus Laurent Ruquier, l'inventeur du concept révolutionnaire du "comique non comique". A la scène comme à la radio, à la radio comme à la télé, Laurent Ruquier s'illustre en permanence par sa capacité étonnante à sortir des jeux de mots sans aucune forme d'intérêt humoristique, et d'en être le premier spectateur: Laurent Ruquier se fait rire lui même, et c'est là un manque d'humilité presque digne d'un Guy Bedos, qui lui fait mériter cette deuxième place.
3: BRUNO GACCIO
Dans la catégorie "Je ne suis pas drôle mais je me prends au sérieux", Bruno Gaccio n'a de leçons à recevoir de personne. Alors bien sûr, je l'admets volontiers, il m'arrive encore de rire aux "Guignols de l'info" (même si c'est assez rare). Le problème n'est pas là. Le problème, c'est ce pull en V porté à même la peau qu'il arbore en permanence dès lors qu'il sort de derrière ses marionnettes. On ne peut pas pardonner ça, et ça vaut bien une troisième place.
4: RAPHAEL MEZZRAHI
L'homme n'a certes plus d'actualité, mais je suis encore sous le choc de la consternante émission qu'il animait cet été sur France Inter. Je ne comprends toujours pas pourquoi on a confié une heure d'antenne quotidienne à ce gars là. J'ai un jour entendu de la bouche d'un de ses fans: "Mezzrahi, c'est comme Desproges, il y a ceux qui rient et ceux qui ne rient pas". C'est effectivement ça.
5: JEAN DELL
Ca, c'est total private joke pour les auditeurs de feu "curriculum vite fait".