La playmate d'octobre: Tante Josy

La réunion de famille, c'est toujours une corvée. Ca vous grille un dimanche tout entier, alourdit vos hanches de deux kilos de lard, vous force à échanger des sourires forcés avec ce gros con d'oncle André, à subir les blagues éculées du cousin Jean-Pierre, bref, encore plus qu'une corvée, c'est un calvaire, une croix plus lourde que toutes les croix cumulées des pèlerins du monde entier, un genre d'enfer. Mais toujours, au moment où la patience commence à s'effriter, au moment où l'on sent que la diplomatie de rigueur ne va plus tarder à abattre ses dernières cartes avant de laisser le champ libre à la bête asociale qui sommeille, surgit la tante Josiane.
Je l'appelle Josiane, mais elle peut aussi s'appeler Nicole, Martine ou Gisèle. Restons en à Josiane pour cette démonstration, et à son croquignolet diminutif: Josy.
La tante Josy est une soiffarde. Une vraie. Une dépendante. On ne le remarque pas tout de suite, car pratique oblige, elle met beaucoup plus de temps que les autres à s'échauffer. Pas énormément non plus, car elle en avale plus. Le temps que vous avaliez vos trois coupes de champagne réglementaires, elle en a déjà siroté sept, agrémentées d'un whisky, de deux suzes et du fond de Muscadet à court bouillon qu'elle a été chiper en loucedé dans le frigo de la cuisine pendant que la ménagère était occupée à servir les toasts au saumon.
Bref, au moment où l'alcool commence gentiment à faire son effet sur l'assistance, où l'on s'enfonce plus profondément dans sa chaise et où l'on se libère des boutons du haut de la chemise, en général entre l'entrée et le plat de résistance, la bouche de la tante Josy prend une forme particulière, reconnaissable entre toutes, qui signifie que cette fois, ça y est, elle a atteint sa vitesse de croisière et qu'on va pouvoir commencer à se dérider sérieusement.
C'est assez difficile à décrire. La bouche est à demi fermée. Les lèvres se touchent sur la moitié de la bouche, et s'écartent sur l'autre moitié, dans un mouvement de biais. Imaginez un fumeur, face à vous, qui crache sa fumée sur le coté pour ne pas vous l'envoyer dans la figure. C'est la même chose pour la tante Josy, sauf qu'elle ne crache pas de fumée, elle est juste comme ça quand elle est murgée. Cette configuration labiale étant assez peu commode pour s'exprimer convenablement, on ne comprend rien à ce qu'elle dit. Les mots sortent hachés, les syllabes se mêlent les unes aux autres, et chaque phrase s'achève dans un genre de grommellement indécis. Par exemple, au moment où, ravi d'avoir trouvé le sujet de ma playmate d'octobre, je prenais cette photo de ma tante Josy, elle maugréait:
"Tucommençamf'chiévectonapreilphotomf."
Ce que l'on peut traduire par:
"Tu commence à me faire chier avec ton appareil photo."
J'avoue qu'il est bien peu charitable d'exploiter ainsi le malheur d'un parent, mais le fait est que la forme si particulière de la bouche de la tante Josy quand elle est bourrée me semble digne de figurer en bonne place dans les préceptes de l'humour universel. La tante Josy fait rire tout le monde, alors que le cousin Jean-Pierre, plus communément appelé Jipé, ne fait rire que lui avec ses histoires de bites et de nichons.
Je grave donc, sur le marbre des commandements de l'humour drôle: "La bouche de la tante Josy".
La playmate de septembre: Jean-Pierre, le hard-rocker replet

Monsieur,
Ce n'est pas sans stupeur que j'ai découvert, alors que je visitais par hasard votre site de lopettes, une photo de moi dans la rubrique dite de la "playmate".
Cette photo vous a inspiré l'image d'un puceau frustré et obsédé sexuel, qui oublie sa solitude en jouant de la guitare électrique. "Billy, le hard-rocker replet", c'est ainsi que vous avez trouvé amusant de m'appeler.
Sachez que cette photo a été prise il y a vingt ans. J'avais quatorze ans à l'époque, j'en ai donc aujourd'hui trente-quatre. Sachez aussi que le temps n'a pas du tout joué en la faveur du personnage sordide que vous imaginiez. Car si je suis resté avec le temps le "hard-rocker replet" que vous vous plaisez à railler, j'aime autant vous dire que, pratique virtuose de la guitare aidant, j'ai niqué et nique encore un max de gonzesses.
Quand, avec les Helljaculator, mon groupe de country-metal-core, il m'arrive de donner un concert, les groupies sont nombreuses à sa disputer l'entrée de ma loge pour avoir le privilège de tâter du chibre à Billy, en l'occurrence Jean-Pierre, qui est mon vrai prénom. En avril dernier, juste après avoir assuré la première partie du concert de Nashville Pussy à Maubeuge, j'ai fait jouir pas moins de trois femmes à la fois. Et pas de la midinette de lycée privée, de la femme, de la vraie, de la bikeuse tatouée, de la vorace, pas du genre à se contenter d'un bisou dans le cou, si vous voyez ce que je veux dire. J'imagine que la performance laisse rêveuse la grosse lopette que vous êtes.
Je ne pense pas utile de vous saluer.
Jean-Pierre.
PS: Veuillez trouver en pièce jointe une photo plus récente de moi, dans laquelle vous trouverez la preuve de ma virilité.
Pas de playmate en juin
Pas de playmate pour ce mois de juin, et croyez bien que ce n'est pas de la mauvaise volonté, du moins pas de ma part, si vous avez des doléances à formuler, adressez les au gars qui m'a dit, y a pas longtemps de ça: "Tiens, t'as vu, y a Danielle Gilbert qui anime une émission sur Canal Plus".
Danielle Gilbert sur Canal Plus? Ma playmate de juin était toute trouvée. J'empoignai aussitôt mon stylo et rédigeai fiévreusement un brûlot anti-Canal, avec Farrugia en guest-star, mais aussi Lescure (autant profiter de l'occasion pour revenir sur sa récente canonisation), Gaccio (ben oui, quand on tape sur Canal, toujours en profiter pour en mettre une derrière la tête à Gaccio, même s'il a rien fait), je profitai de mon élan pour réhabiliter Danielle Gilbert, victime (consentante?) de cette mode du ringard qui ne semble décidément pas vouloir s'atténuer, bref, c'était de la bonne playmate, de la playmate engagée, contestataire, Alain Soral et Thierry Meyssian n'avaient qu'à bien se tenir, mais voilà, par honnêteté intellectuelle, j'ai quand même voulu vérifier que Danielle Gilbert animait bien une émission sur Canal Plus, et il se trouve que ce n'est pas le cas.
Le gars m'a menti. Ou s'est trompé de chaîne. Ou alors, c'est moi, j'ai confondu Canal autre chose avec Canal Plus, je ne sais pas, toujours est-il que je ne pouvais décemment plus mettre ça en ligne. On a suffisamment de bonnes raisons de taper sur Canal Plus pour ne pas aller se faire suspecter d'en inventer.
La playmate de mai: Un roux très, très en colère.

Quand j'étais jeune et provincial, je fantasmais beaucoup sur les cafés-théâtres. Je m'en faisais l'idée de lieux de poilade, de bonne humeur, d'inventivité et de liberté d'expression. Je m'y voyais riant à gorge déployée, ravi de découvrir des talents tous plus insolites les uns que les autres, déchaînant leur génie créatif en ces lieux empreints de magie, dans lesquels ils trouvaient l'espace de liberté qu'on leur refusait dans les circuits radio-télévisés traditionnels. Une des premières choses que j'ai faite en m'installant à Paris, il y dix ans de cela, a donc été de réaliser ce fantasme. Sitôt mes valises posées, j'allais de salle en salle, écumant les Point-Virgule, Blancs-Manteaux, Café de la gare et autre Carré Blanc, bref, tout ce que mon Officiel des spectacles comptait d'adresses à la rubrique café-théâtre. On s'en doute: ma déception fut grande. Mais ce n'est pas de ça que je veux vous parler aujourd'hui.
C'est au tristement célèbre Carré blanc, qui jouit en son temps d'une petite gloriole télévisuelle par le biais de la bande du même nom, que je passai une de mes premières soirées de café-théâtre, sur le thème du "plateau d'artistes variés". J'ai alors pu goûter avec horreur à l'humour dit de "lynchage du public des premiers rangs", un classique du café-théâtre, qui devait me dégoûter à jamais de ce type d'établissements sur lesquels je m'étais fait tant d'idées erronées. Entre chaque artiste, un homme dont j'ai oublié le nom, lui même comique de profession et plus ou moins affilié à la maison, se chargeait des transitions en "jouant avec le public", c'est-à-dire en humiliant les têtes qui ne lui revenaient pas avec plus de détermination qu'un apprenti nazi arrachant méticuleusement les ailes d'un papillon.
Ce soir là, la victime la plus pathétique était un jeune homme dont la particularité d'être roux avait suffit à notre comique pour en faire sa cible. Immédiatement après l'avoir repéré, ce qui n'était pas bien difficile, la chevelure du pauvre bougre flamboyant dans les projecteurs, il l'assassinat en une phrase:
"Roux qui sue, roux qui pue".
Comme ça. Direct. Sans même prendre la peine d'introduire le sujet. Le gars voit un roux et dit "Roux qui sue, roux qui pue". Je vous raconte ça, c'était il y a bien dix ans, mais je m'en souviens comme si c'était hier. Je revois avec précision la mine déconfite de la victime, réentend le rire jaune qu'elle s'efforça d'émettre pour ne pas contrarier son bourreau. Un mauvais moment à passer, devait-il se dire, surtout ne pas protester, ne pas donner d'autre occasion à cet enflure d'en remettre une couche.
Il y avait pourtant une autre solution: quitter son siège, monter sur la scène, et mettre une bonne grosse patate dans la gueule de l'amuseur. Suffisamment grosse pour qu'il tombe groggy, un filet de sang au coin des lèvres. Pour bien lui faire comprendre que le mètre de hauteur qui le sépare du public n'est pas infranchissable. Pour bien lui montrer que tout amuseur patenté qu'il est, certains interdits que l'on se fixe lorsqu'on se promène dans la rue sont également en vigueur quand on fait le mariole sur la scène d'un carabet miteux de Pigalle coincé entre un bar à putes et une sandwicherie turque, d'autant plus quand un public consentant est là pour assister à la scène.
Mais le pauvre garçon, frêle et mal nourri, n'avait rien de commun avec le splendide rouquin tout droit sorti d'un roman d'Heroic Fantasy que mon éminent confrère Métrossin a eu la grâce de dessiner à ma demande pour illustrer ce texte. Nul doute que si ce rouquin ci s'était trouvé à la place de l'autre ce soir là au premier rang du Carré Blanc, il aurait fait de la pâtée d'humoriste. Mais au lieu de ça, l'autre enfoiré continue probablement, toujours au Carré Blanc, d'épancher son absence de talent sur les roux, les gros, les noirs, les nains, que sais-je encore, s'endormant chaque soir la conscience tranquille, sans jamais songer à la balle dans la tête que s'est tirée ce pauvre rouquin inoffensif le soir où il a croisé son chemin.
Toi, l'humoriste dont je parle, la terreur du Carré Blanc, si par extraordinaire tu venais à me lire un jour, regarde bien le dessin de Métrossin, et dis toi bien que ce n'est pas un dessin, mais un vrai monsieur, qui existe dans la vraie vie, et qu'il est très, très en colère contre toi, qu'il va venir te visiter, une nuit, fracturer la porte de ton appartement avec sa hache et manger ta femme et tes enfants. Et on verra bien, à ce moment là, si t'auras le courage de lui dire que roux qui sue, roux qui pue.
La playmate d'avril: Marcel Savon (de)

"Cher GMILO.
En tant que référence planétaire en matière d'humour, je pense qu'ou-pas.net se doit, tradition oblige, de célébrer dignement le premier avril, et j'aimerais assez y apporter ma contribution. Je vous envoie donc une photo de moi, prise par mon fiston l'été dernier alors que nous étions en vacances à Biarritz (mon fiston aime beaucoup quand je fais des grimaces, ce qui explique ma tête d'ahuri sur cette photo, mais je vous rassure: j'ai l'air beaucoup moins con dans la réalité...). Vous pourriez peut-être utiliser cette photo pour la rubrique de la playmate, d'une façon qui reste à déterminer... sans préciser qu'il s'agit de mon vrai visage, bien entendu! Ce serait une sorte de "private joke" entre nous, et donc une façon habile de coller un poisson d'avril dans le dos de nos amis Marcels... mais je ne vous impose rien, faites comme bon vous semble!
Marcel Savon (de)"
La playmate de mars: la belle inconnue.

Après seulement deux mois d'existence, la rubrique de la playmate tombe dans le piège le plus grossier qui lui était tendu: celui de la photo érotique. Une facilité impardonnable qui entraîne ou-pas.net tout entier dans le sillon du discrédit. Le site de l'alternative humoristique? Laissez moi rire! Vous avez vu la playmate du mois de mars? Une photo de cul! Comme dans les pires heures d'Hara Kiri!
Voilà ce que diront les incultes en découvrant cette nouvelle et néanmoins ravissante playmate. Il y a pourtant un détail qui devrait éveiller leur attention: que vient faire ce livre, là, en haut à droite de la photo? C'est quoi, ce "New book of knowledge"? Un simple élément du décor, ou le point de détail qui donne tout son sens à cette photo?
Les gens de bon goût ont déjà compris, et réhabilité ou-pas.net dans leur élan. Accessoirement, ils peuvent dire merci à Marcel Sassétou, qui s'est chargé de dénicher ce document à haute valeur ajoutée, et saluer le mal qu'il se donne pour camoufler sa véritable identité sexuelle. Les autres n'ont qu'à pleurer leur inculture.
La clé de l'énigme dans l'édition du mois prochain. Ou pas.
La playmate de février: Billy, le hard-rocker replet

Cette seconde playmate de l'année nous pose la question: les gros prêtent-ils à rire? Au premier abord, on est tenté de répondre affirmativement. Billy est drôle, sans conteste, avec son visage bouffi, sa coupe de cheveux préhistorique, son sourire béat et la guitare rutilante que ses parents viennent de lui offrir pour son anniversaire, un vachte de beau cadeau, le plus beau qu'on lui ait jamais fait.
Mais voilà, si on enlève sa guitare à Billy, il perd le sourire. Car il redevient alors un adolescent boulimique, donc complexé, dévoré par l'appel de la chair, auquel il ne peut évidemment pas répondre autrement qu'en se pignolant, ben oui, il est gros, les jeunes filles n'aiment pas les gros. Ca a l'air banal comme ça, et d'ailleurs ça l'est, mais il n'en reste pas moins que Billy vit un véritable enfer. Il a envie de forniquer, mais comme il est gros ce plaisir lui est interdit, donc il compense en engouffrant compulsivement hamburgers et sodas, donc il grossit encore, et ainsi de suite. Billy est embourbé dans un cercle vicieux qui lui mine son adolescence. Ses rares moments d'intimité complice, il les passe avec sa guitare.
Quand il aura l'âge auquel on fonde habituellement un foyer, Billy pèsera 135 kilos et sera toujours vierge, toujours seul, l'âme plus noire que les poumons d'Annie Girardot. Un beau jour, son bide sera devenu tellement proéminent qu'il ne pourra plus atteindre les cordes de sa guitare lorsqu'il la posera sur ses genoux. Cet ultime plaisir mélomane, qui aujourd'hui, le temps d'une photo, illumine ses traits, lui sera devenu interdit. Alors Billy se consolera en baffrant et en se masturbant encore plus, se ruinant au passage en vidéos X et en communications téléphoniques sur les sites web pornographiques payants. Mais la solution ne sera que provisoire, car son bide, de plus en plus gros, finira par lui couvrir entièrement la bite, si bien que Billy ne pourra même plus se pignoler. Alors, en plus de la graisse, le foutre commencera à s'accumuler, à gonfler, gonfler dans ces petites couilles de gros, à en déborder, à se répandre dans son organisme, remonter jusqu'au visage, pour s'évacuer par n'importe quel moyen, le nez, les oreilles, peu importe, il faut que ça sorte. Billy périra étouffé dans son propre foutre. Ca vous faire rire, vous?
Moralité: Il ne faut pas rire des gros. Surtout des gros guitaristes.
La Playmate de janvier: Jacqueline Balluchard

C'est à Jacqueline Balluchard, aimable retraitée de 67 ans, que revient l'honneur d'inaugurer cette nouvelle rubrique mensuelle. Ne nous fions pas aux apparences: il ne s'agit pas là de pratiquer l'humour gratuit, jeune, trash ou pseudo-décalé, mais plutôt d'aborder le thème du rire par le biais de l'humour de faciès. Peut-on se moquer du physique des gens? Un visage, un détail physique, une attitude, une tenue vestimentaire peuvent-ils suffire à déclencher l'humour? Les humoristes pratiquent-ils l'humour de faciès? C'est à des questions de ce type que nous tenteront de répondre, chaque mois, dans cette nouvelle rubrique.
Si j'ai choisi ce joli visage de retraitée sereine, coquette et bien nourrie pour essuyer les plâtres de cette page, c'est avant tout pour rendre hommage à Mamy Gravats, disparue des studios de Canal Plus trois mois seulement après y être apparue. Pour ceux qui ne sont pas au courant, son rôle était de faire la speakrine dans l'édition du soir des programmes en clair de Canal Plus. Speakrine + vieille dame = humour décalé = esprit Canal, telle est l'équation qui lui a valu ce poste, avant que les dirigeants de la chaîne cryptée ne se rendent compte que la véritable équation était: esprit Canal = on s'emmerde = ça sert à rien de s'endormir sur ces vieux lauriers = contentons nous plutôt de suivre docilement la marche du grand capital.
Mais rendons à César ce qui est César, c'est Raphaël Mezrahi, l'infâme, le puant, le malfaisant Raphaël Mezrahi qui le premier a eu l'idée d'aller sortir une vieille dame de ses aiguilles à tricoter pour la propulser au rang de gloire de la télé. Irène Cazu, qu'elle s'appelait, une authentique vieille mémère calibrée maison de retraite, qui co-présentait récemment avec lui sur France 3 une émission best-of de ses faux-interviews. Du reste, on peut en parler au présent, car j'ai cru comprendre qu'elle participait au spectacle que donne actuellement Mezrahi au Palais des glaces.
J'espère que tout le monde comprend bien qu'il ne faut pas rire de cette photo de Jacqueline Balluchard, mais en pleurer, par respect pour tous ces gens qu'on qualifie de "vrais" car ils ne sont ni stars de la télé, ni parisiens, ni cocaïnomanes, ni paranoïaques, et dont on fait la promotion en vantant leur authenticité tout en raillant tacitement leur ringardise, mais sans jamais oublier de s'indigner lorsqu'on leur en fait le reproche. Mezrahi? Crevure.
Les seuls humoristes ayant à ce jour fait appel avec réussite aux services de ces prétendument "vrais gens" sont la bande de Groland Sat (ex Canal International, ex Le journal de moustique), en les intégrant à leur univers comique en tant que membres à part entière et non comme faire-valoirs involontaires de leur snobisme télévisuel, dont il ne sont du reste pas pourvus, du moins je l'espère. Il faut en cela leur rendre hommage, ce que je ne manque pas de faire ici, d'autant plus volontiers qu'on ne parle vraiment pas assez de Groland Sat en ces pages, la seule émission vraiment drôle de la télévision contemporaine.