La chronique à
RIIGOLAX


"L'humour poup pourrait me caractériser en définissant l'humour invonlontaire crée par une personne un peu trop impulsive réagissant au quart de tour. Voilà, ma définition de l'humour poup." Riigolax.


Quelques petites choses sur les comiques 

        Si certains marabouts lisent l’avenir dans le mars de café, mes réflexions les plus pertinentes me viennent à l’esprit lorsque j’ai la tête plongée dans mon bol de chocolat chaud, si possible du Benco et à l’extrême limite du Poulain. Ainsi, il y a quelques jours, une question m’a traversé l’esprit à cette heure si matinale de la journée où normalement devrait  passer l’ami Ricorée, qui ne vient jamais car je suis sûr que c’est pas un gars du matin, et que je vous retraduis dans ces termes : est-ce qu’on peut faire croire à un jeune que le métier de comique est une profession comme les autres ? J’imagine le jeune qui, surfant sur le web, tombe par hasard sur  le site Ou-Pas.net (est-ce réellement possible ?)   et succombe ( qui n’y succomberait pas !) au talent de François Rollin puis se dit « moi je veux devenir François Rollin ». Après lui avoir dit que c’est impossible car le professeur Rollin est unique et que, à l’extrême limite, il peut devenir, s’il possède un brin de talent, humoriste, il est difficile de lui mentir et dire que comique est un métier comme les autres. Déjà, les comiques ne font pas tous les 35h loin de là, à moins d’y inclure les beuveries d’après spectacle pour certains d’entre eux (pour quelques uns, c’est du travail car ils y trouvent une source d’inspiration inépuisable). D’autre part, est-ce que tous ces comiques auront une retraite normale ? Sachant qu’il faut cotiser 40 ans environ, je ne vois que Pierre Palmade à pouvoir dignement partir à la retraite à 65 ans. Regardez comment Popeck a péniblement terminé sa vie avec des vannes à deux francs et ce faux accent juif dans le seul but de toucher intégralement sa retraite.  Outre cet aspect là, il est facile de démontrer à ce jeune que rares sont les comiques qui durent.

 Ainsi, il est difficile de durer dans un métier aussi difficile que comique. En effet, il suffit de raisonner en termes économiques. Les humoristes dépendent trop du public. Par conséquent, la demande est fortement volatile. Un jour, le public veut deux vieilles  rombières comme les Vamps puis après il désire un play-boy à deux francs comme Franck Dubosc qui n’a quasiment rien à envier à Aldo Maccione en termes de ringardise. Un jour, les gens adorent les comiques d’origine étrangère comme Popeck et Raymond Devos. Un autre jour, ils veulent du comique franchouillard typiques de nos régions comme les Chevaliers du Fiel ou Patrick Bosso et n’hésitent pas à renvoyer leurs anciennes idoles à la frontière par le premier charter.

 Non, on ne peut être comique toute sa vie du moins médiatiquement parlant. Des personnes me rétorqueront que certains ont été comiques toute leur vie. Bien sûr. Mais, la mort les a happés trop tôt. En même temps, on se demande s’ils ne l’ont pas fait exprès de crever pour rester à jamais dans l’inconscient collectif. Ici, je pense à Coluche et à Pierre Desproges. Quand on a encore un A au cul de sa moto, on ne roule pas si vite, c’est totalement inconscient. Quant à Desproges, ne me dites pas qu’un cancer arrive comme cela. Il y a des signes annonciateurs. De plus, je le soupçonne  d’avoir mis des tonnes de sketch de côté pour nous les sortir au moment des fêtes. C’est un filou ce Desproges. En même temps, tous les comiques n’ont pas accès au panthéon de l’humour, dieu soit loué. Elie Kakou avait flairé le bon coup. ( Attention de l’humour noir va avoir lieu. Pour les personnes sensibles, il vous suffit de passer la prochaine phrase et de reprendre votre lecture au mot « résultat »). Tiens, ma carrière commence à battre de l’aile et si je me chopais un petit SIDA (Syndrome d’Incapacité à Devenir Acteur), mal dont souffre de nombreux humoristes tentés par l’aventure du septième art. Résultat, deux ans après sa mort, tout le monde ou presque a oublié celui qui incarnait Madame Sarfati. Comme quoi, mourir en pleine gloire n’est pas un gage de postérité aux yeux du public. Ainsi, il est possible d’être comique toute sa vie mais il faut être prêt à faire d’énormes sacrifices.

  Ce qui m’intéresse le plus dans le monde de l’humour, ce sont les comiques qui, après avoir connu un succès, tout relatif qui soit, connaissent l’échec mais, malgré cela, persistent dans le métier. En effet, il serait facile à ces comiques anéantis par la détresse de l’insuccès de se dire : « Ce métier n’est plus fait pour moi. Je fais autre chose ». Ainsi, de nombreux comiques ont leur traversée du désert. Certains n’en reviennent pas. D’autres n’hésitent pas à parcourir le Sahara, le Kalahari et le désert de Gobi avant de revenir au premier plan médiatique.

 Regardez les anciens du Théâtre de Bouvard. Toutes les personnes qui ont participé à cette émission n’ont pas connu le succès, loin de là. Mais, beaucoup d’entre eux persistent dans le métier. J’ai retrouvé la trace de certains d’entre eux grâce à Internet. Richard Taxy, après avoir joué une pièce « Bientôt les fêtes » avec Bernard Menez, revient avec un nouveau spectacle qui passera bientôt à Paris. Marcel Philippot, quant à lui, pourtant grand comédien, a participé à une pièce avec Patrick Topaloff et Franck de La Personne. Il y en a même un dont je tairais le nom qui a joué dans Maguy et dans Premiers Baisers. Comme quoi le ridicule ne tue pas.

 Regardez les anciens de La Classe, la célèbre émission animée par Fabrice. Je ne m’arrêterais que sur un cas. Il s’agit d’Olivier Lejeune. Cet être a connu la gloire : première partie de Coluche, de Brassens, de Le Luron. Malheureusement pour nous, il n’est pas parti en même temps qu’eux. Après La Classe, il a joué au théâtre avec  un des plus grands acteurs français de tous les temps à savoir Jean Lefebvre. Il a même fait de la publicité pour des compléments capillaires. Pourtant, Olivier Lejeune est un « type adorable », on n’en doute pas, « rempli d’humour et de talent » selon Franck Godard, dont je vous conseille d’aller lire l’interview sur un site d’humour.  D’autre part, Olivier Lejeune a sa propre boite de productions et je me demande qui, sans méchanceté aucune, voudrait être produit par lui compte tenu de l’énorme pancarte qui l’a dans ce métier. Comme quoi, on passe rapidement de la célébrité à l’anonymat.

 Ainsi, je m’inquiète pour les comiques d’aujourd’hui. Que vont devenir les Maxime, les Titoff et autres comiques mis en avant par des émissions télé types « Graines de Star » ?. Deux solutions se présentent à eux  :  soit persister dans le métier et ne pas hésiter à jouer leur spectacle à Maubeuge et Berck sur Mer ; soit retourner à la vie normale sans avoir peur du regard des gens qui n’hésiteront pas à leur demander : « C’est toi l’ancien comique. Allez, fais moi rire. » Il y en a un pour qui je ne m’inquiète pas. Patrick Bosso, le comique exhibitionniste, a d’énormes qualités de reconversion. Je le vois bien représentant de l’ONU. Il pourrait régler les différents problèmes internationaux en jouant son célèbre sketch : « Je lui fais pouet pouet. Elle me fait pouet pouet. On se fait pouet pouet ».  Bosso demanderait ainsi aux Afghans et aux Talibans, pour se réconcilier, de se faire pouet pouet. Idem pour les Israéliens et les Arabes. Bosso, ambassadeur de la paix, n’hésiterait pas aussi  à se foutre à poil pour demander à tous ces gens d’arrêter de se foutre sur la gueule. Quelle génie ce Bosso. Si tout le monde avait le talent comique de Bosso.

 Ainsi, si un jeune me dit qu’il veut faire comique, je lui dis : jeune, fais attention. Il faut savoir où tu vas. Tu peux rester un comique anonyme comme certains humoristes qui ne recherchent pas absolument la reconnaissance médiatique. Sinon, tu peux vouloir devenir un comique médiatiquement reconnu, quitte à perdre ton intégrité, mais tu t’exposes au retour de bâton, à savoir devenir un has been c’est à dire une grosse merde. A ce jeune, je lui dirais la chose suivante : « Ne suis pas la voie d’Olivier Lejeune mais plutôt celle de « Patrick Bosso ». Pour terminer, je ne peux m’empêcher de vous citer une phrase d’un des plus grands philosophes de notre époque, Vincent Lagaf’, qui résume le métier de comique en ces termes : « Il y a deux façons de faire ce métier. Ou on fait rire une poignée de gens, ou on en fait rire le plus possible ». Bonne méditation. 


Burger Quiz & Canal Plus

Pourquoi parler de Burger Quiz ? En ces temps de crise où la censure règne un peu partout imposée par le diktat américain, Riigolax se met à parler du Burger Quiz. Est-il malade ? Non, compte tenu de ma relative liberté de parole qui règne sur ce site, je me permets de l'ouvrir et de parler d'un sujet qui me tient particulièrement à cour: ce putain de jeu à la con qui passe sur Canal Plus. Veuillez m'excuser de mon emportement et de ma vulgarité mais il faut bien que quelqu'un en parle.

Pour ceux qui n'ont jamais vu ce jeu (je ne crois pas que cela soit possible tant cette émission frôle l'indigence humoristique, tout du moins si on la regarde tous les jours), je leur rappelle rapidement les règles. Deux équipes s'affrontent dans un décor de fast-food. Chaque équipe, l'une appelée sobrement ketchup et l'autre dénommée mystérieusement mayo, diminutif de mayonnaise ( j'entends déjà ce con de Ruquier dire: ah bon ! je croyais que c'était une abeille car Mayo l'abeille. Il est vraiment con ce Ruquier) est composée de trois personnes c'est à dire un candidat et une entité qu'on arrive pas à qualifier, certains parlant d'invités, d'autres allant jusqu'à parler de stars, moi personnellement, je la qualifierais de schmurz (je laisse aux personnes bien pensantes de ce site la compétence pour déterminer si le mot schmurz peut être utilisé en toute liberté sur Ou-Pas.net). Le tout est animé par l'ex-Nul Alain Chabat. Les questions sont d'un niveau si faibles (mais cela est voulu car le jeune, public visé par ce jeu,n'a pas besoin de culture mais de distraction) que même Julien Lepers, l'animateur de Questions pour un champion, pourrait y répondre sans regarder ces fiches. Outre ces considérations basiques, une question demeure: Peut-on rigoler en regardant Burger Quiz ?

A cette question, je répondrais par la négative. Cette émission n'est pas forcément drôle. Il faut prendre drôle dans le sens où on est pas en train de se tenir les côtes, plié en deux en regardant ce joyeux divertissement. On peut seulement sourire voire faire Ah! Ah!. Le problème vient essentiellement des invités. Plusieurs catégories d'invités sont à différencier. Il y a tout d'abord les gens de la maison qui viennent soit faire de la promo, comme Kad et Olivier ou bien encore Jamel, soit montrer qu'ils sont toujours vivants malgré le fait qu'on ne les voit plus à l'antenne comme les Robins des Bois qui heureusement pour nous ne viennent pas à 6 sur le plateau ce qui ne les empêche pas de sortir le même humour qu'à NPA (j'écris Nulle Part Ailleurs en abrégé sinon cela ferait des phrases interminables et il serait impossible de s'y retrouver surtout si on rajoute des parenthèses qui n'en finissent pas). Ensuite, on trouve les personnes qui n'ont pas autre chose à faire et on se demande bien ce qu'ils font là comme Anne de Petrini, Dominique Farrugia. ou bien encore la splendide Clotilde Courau. Enfin, dans la dernière catégorie d'invités, indéfinissable, on peut citer Doc Gynéco et Joey Starr. Oui, cette émission a pour but de réinsérer certaines personnes dans la vie active mais nous ce qu'on demande c'est de la poilade et pas du social. Heureusement que Alain Chabat sauve l'ensemble. Oui, Alain Chabat n'est pas forcément drôle mais ses talents de comédiens permettent à cette émission de sortir du marasme le plus total. Bien sur, Chabat a fait partie des Nuls et, pour beaucoup de personnes de ce site, les Nuls n'étaient pas drôle. En tant que présentateur, Alain Chabat est sobre: il ne dit le mot couille que toutes les deux émissions et la célèbre blague: « il est où mon crayon? dans ton cul » qu'une seule fois pas semaine. De plus, les questions sont parfois d'une intéressante causticité. Je laisse à chacun le droit de penser ce qu'il veut de cette émission. Ce que je veux dire en écrivant ces lignes, c'est que J2M (allias Jean-Marie Messier. C'est comme NPA c'est trop long à écrire donc j'utilise le procédé des sigles qui est très utile par moment) a cassé le mythe (le mot est peut-être fort mais j'ai du mal à en trouver un autre, vous savez ce que c'est quand on est en panne d'inspiration) que constituait pour moi Canal Plus.

Oui, Canal Plus va à sa perte si ce médisant personnage reste à sa tête et cela me fait beaucoup de mal, moi qui suis un enfant de Canal Plus, de voir cette chaîne dans l'état où elle est aujourd'hui . En effet, Canal Plus a toujours permis la révélation de jeunes comiques. Il est inutile de rappeler les noms mais je vais quand même le faire: les Nuls, Baer, Wizzman, Poelvorde, les Robins des Bois, les Deschiens, Michel Muller et même François Rollin. Bien sûr, cette liste n'est pas exhaustive, j'en oublie forcément. Il y a forcément du déchet en matière d'humour sur Canal Plus. Tout de même, Canal Plus servait de tremplin pour des personnes voulant débuter dans le métier. Et maintenant, il n'y a plus rien si ce n'est une chaîne en crise dont les programmes sont dirigées par une personne qui s'est occupée des variétés sur TF1, c'est dire. Canal Plus s'est toujours voulu être une chaîne à part et maintenant elle devient comme les autres. Cela me déçoit grandement et c'est tout un pan de ma jeunesse qui s'effondre. J'accuse J2m ( c'est bien de se prendre pour Zola quelquefois) , au nom de la rentabilité et de la mondialisation, d'avoir brisé mon jouet, mon seul vrai divertissement lorsque j'étais petit. J2m, vous n'êtes qu'un casseur de jouet. Cessez les émissions en clair car, inévitablement, si on les compare avec le passé de votre chaîne, il n'y pas photo. Que de poilade à voir Edouard Baer courir sur le plateau de NPA avec une énorme tapette à mouche, que de plaisir à savourer Monsieur Manatane assister aux obsèques de Tarzan, que de joie à regarder De Caunes et José Garcia se déguiser dans les costumes les plus invraisemblables. Aujourd'hui, de cette période, il ne reste plus rien sinon des souvenirs et des cassettes vidéos. Canal Plus, aujourd'hui, c'est Omar et Fred dont on se demande si ils arrivent à faire rire du monde à part eux-même (c'est déjà pas si mal de se faire rire), c'est les Guignols, hélas loin de leur niveau d'antan, et Canal Plus, c'est enfin cette speakerine, plus énervante que drôle, qui chaque soir nous donne envie de jeter notre poste de télévision par la fenêtre. Comme je regrette le temps pas si lointain où Canal Plus me faisait rire. Nostalgie du temps qui passe et des programmes de Canal Plus qui, hier, nous faisaient encore rire.

Vous le voyez, je n'ai quasiment pas beaucoup parler de Burger Quiz. Je vous laisse faire votre opinion. Même si ce jeu est loin d'être le pire en matière d'humour à la télévision, il me laisse perplexe quant à l'avenir de Canal Plus. Monsieur Jean-Marie Messier, cessez ces programmes indigents. De toute façon, vous ne pourrez jamais retrouver le niveau d'antan où Canal Plus servait d'identification à de nombreuses personnes. En regardant Canal Plus aujourd'hui, j'ai du mal à croire que j'ai passé des heures de mon adolescence à me poiler devant cette chaîne. Heureusement, une simple cassette des Guignols ou des Deschiens dans mon magnétoscope me permet de constater que ce n'était pas des visions. Aujourd'hui, l'esprit Canal est bien loin et j'ai bien peur qu'il ait disparu pour toujours.