Colères

Il aura fallu attendre la rénovation de la section Rollin de ce site, trois ans après sa création, pour y voir enfin figurer un texte sur son spectacle Colères. Pourquoi un silence aussi long? Car s'il m'est beaucoup plus facile d'écrire sur ce que je n'aime pas que sur ce que j'aime, il m'est carrément impossible d'écrire sur les choses auxquelles je voue un culte. Et Colères est une. Il y a des choses comme ça, qui modifient votre existence; quelques livres, certaines musiques, telle bouteille de vin, des choses formatrices et durables. Là, il me semble que tout est dit, en ajouter serait odieux, noyer Rollin sous un déluge de superlatifs mielleux franchement gênant, surtout quand on sait qu'il lui arrive à l'occasion de parcourir les pages de ce site. J'imagine assez mal le gars roucouler d'aise à la lecture d'un panégyrique écrit à sa gloire par un de ses fans les plus acharnés.

Résumer l'histoire de Colères, brosser le portrait de Martineau, son héros, citer des scènes en exemple serait tout aussi superflu. Faire la revue de presse de Colères avec des articles vaguement élogieux glanés ça et là sur le web serait carrément grotesque. Bref, il n'est pas utile d'en parler, le mieux que je puisse faire est de conseiller chaudement à ce qui ne connaissent pas Colères de l'acheter dans sa version vidéo. Et même si un spectacle de Rollin se consomme dans une salle, au premier rang, dans les décibels et les postillons, la version vidéo offre au moins l'avantage de faire comprendre pourquoi, chez ou-pas.net, on estime que François Rollin est sensiblement plus drôle que Guy Bedos, Laurent Ruquier et consorts.

Ceci n'est pas une critique, certes, mais il m'apparaissait nécessaire de sortir Colères de l'énumération bibliographique dans laquelle ce spectacle a trop longtemps été cantonné dans la rollinothèque d'ou-pas.net. C'est chose faite. Ou-pas.net = François Rollin = Colères, j'espère que c'est clair pour tout le monde.


Marcel Piston a retrouvé dans un vieux Fluide Glacial ce dessin de Goossens, publié à l'époque de Colères. Il montre bien à quel point il est difficile de parler des choses qu'on aime, et de Colères en particulier. Gossens, dont le talent n'est plus à prouver, a visiblement aimé Colères, et n'a pas pourtant pas réussi à pondre autre chose que cette merde pour en faire la promotion.