La première personne que j'ai eu envie de tuer, c'était Jackie Sardou. Bien d'autres lui ont succédé depuis, mais c'est de cette pulsion meurtrière originelle que je garde le souvenir le plus vif. A l'époque, Jackie Sardou représentait à mes yeux l'incarnation physique de ce qui me répugne le plus au monde, pas forcément quelque chose de descriptible, sur lequel je pourrais mettre un nom, mais un sentiment, une impression mal définie mais ressentie avec violence.
En ressortant épuisé du Café de la gare la première fois que j'allais assister à Colères, donc juste après mon premier contact, contondant pour le moins, avec le rouleau-compresseur Rollin, je ressentis le sentiment inverse. La sensation de m'être pris dans la face quelque chose de foncièrement bon pour moi, là encore pas nécessairement quelque chose de précis, mais au contraire le même sentiment confus, la même impression indescriptible, mais aux antipodes de la précédente.
Quel rapport, me demanderez vous. Il est très simple: Jackie Sardou, avant de devenir épouse, s'appelait Jackie Rollin. Sous ce même nom cohabitent donc les deux choses les plus fondamentalement opposées à mes yeux, telles le noir et le blanc, le plus et le moins, le yin et le yang, Saddam Hussein et Georges Bush, De Vélo et l'eau plate.
Je pense donc utile de préciser qu'il n'y a aucun lien de parenté entre Jackie et François Rollin.
Et tout aussi utile d'ajouter qu'évidemment, dans de telles conditions, le premier qui se croit obligé de faire de l'humour douteux sur ce thème se prend un coup de chignole dans les joyeuses, qui pour le coup ne le seront plus.