
Marcel Métrossin nous parle de Titoff à la télé, donc il nous parle de Titoff, quoi.
Titoff est ce qu'on appelle parfois un " jeune talent ". On donne ce surnom à un jeune humoriste qui
cherche à percer dans le métier, par exemple par le biais des Coups d'Humour, indispensable fabrique de comiques tous
plus fantastiques les uns que les autres, comme Gigi, Bobo, Lulu, Fred, Bob ou encore Jocelyn, que des futurs grands
noms, que de la tête d'affiche assurée. Titoff en fait partie. Enfin, soi-disant.
Titoff n'est en effet plus tellement un " jeune talent ", puisqu'il a deux spectacles à son actif, et qu'il est
constamment présent sur les plateaux télés les plus prestigieux, comme Vidéo Gag, Combien Ca Coûte ou TFJeunesse. Il y
a 15 jours, il était chez Dechavanne, dans le cadre d'une de ces émissions d'archives de fous rires, pour la promotion
d'une vidéo quelconque ou d'un spectacle dans je ne sais quel bled. C'est à cette occasion que j'ai découvert pour la
première fois ce qu'il faisait, lors d'un extrait de son one-man-show. J'en frémis encore d'indignation. Vous n'allez
pas en croire vos yeux vous non plus, si vous êtes sensibles, éloignez-vous, c'est du méga-hard, je vous préviens.
Titoff nous mime une nana dans des chiottes de station-service. Vous ne rêvez pas. Il nous fait la totale, la nana qui
arrive, le verrou qui ferme pas, le papier sur la cuvette, la fille qui refuse de s'asseoir, qui tient la poignée, le
public rit, symbiose, ambiance, communion, ah, qu'on rigole bien avec les petits tracas de la vie quotidienne ( on parle
souvent de la lourdeur des galeries de personnages, mais les petits tracas commencent à peser également ), surtout quand
ils vous sont chiés par un gros con avec un accent idiot et qui rit à ses propres calembours, ce qu'il ne devrait plus
faire après les avoir écrit, répété et joué une bonne centaine de fois.
Plus grave, le public ne devrait pas rire non plus. Ce sketch n'est déjà pas fin à la base, mais quand il a été
successivement joué par Jean-Marie Bigard puis Patrick Sébastien dans une imitation de Jean-Marie Bigard, on se dit que
le plagiat n'est pas loin, et on ravale ses éclats joyeux. Bigard avait certes seulement parlé des toilettes de camping,
sans faire de distinction entre les sexes, mais Sébastien/Bigard lui, l'avait faite. Ce que Bigard avait du trouver très
amusant, puisqu'il avait reproduit un mix total-funk, à bases de mimes et de regards, de ce sktech et du sien dans une
émission dont j'ai oublié le nom, mais qui passait à l'époque où il avait les cheveux longs. C'est à ce mélange que nous
allons nous intéresser, puisqu'il est le jumeau absolument parfait, quoique muet, du sketch de Titoff. Tout y est. Et
quand bien même il manquerait quelque chose, on le retrouve dans les premières versions de cette désopilante histoire.
Le mime de la femme ? Pareil. Le mime du papier ? Pareil. Le mime de la poignée ? Pareil. Le mime de la culotte au
niveau des genoux ? Pareil. Les mimes sont les mêmes, les phrases sont calquées à la virgule près, les attitudes sont
meilleures chez Bigard et Titoff rit tout seul : nous avons là une recette indéniable du plagiat complet mais de
mauvaise qualité, de la contrefaçon grossière, de la copie à la gomme. Je m'étonne encore qu'aucun avocat n'ait pour
emploi d'interdire à ce bras cassé de monter sur une scène. Ca ferait du bien à beaucoup de personnes.
Parce que vous comprenez, le plagiat discret, on avait l'habitude. Des vannes de Coluche, de Desproges, voire de Timsit
ou de Raynaud, inscrutées discrètement au détour d'un sktech, on connaissait, et puis, c'était souvent l'oeuvre d'un
obscur humoriste de carnaval, celui qui ne fait rire personne dans le restaurant qui l'a engagé, qui a le même sketch
depuis 20 ans sur Rires et Chanson, toujours à moins le quart, l'heure des nouveaux talents, alors que ça fait belle
lurette qu'il turbine, le malheureux, il aimerait bien passer dans la section Grand Classique, mais non, obstinément
collé à moins le quart, qu'il est...C'est le gars dont on a facilement pitié, alors, on passe l'éponge sur ses petits
larcins... Mais 5 minutes complètes de repompe, sur une grande scène, par un gars qui se veut " jeune talent ", voire "
confirmé ", voire " je fais des films à gros budget " ça n'était jamais arrivé. Notez que ça n'est pas surprenant de la
part du bonhomme, dont le nom de scène sent déjà à lui seul la resucée.
Alors, Titoff, mon bonhomme, permettez-moi de vous cracher à la gueule, de vous vomir mon mépris dans la face, de vous
arracher les yeux puis de me masturber dans vos orbites, et de vous envoyer dans un sauna gay où des rugbymen joviaux
vous feront votre affaire. Voleur.