L'actualité du site
Premier janvier 2003: meilleurs voeux.
Le jour où j'ai décidé de créer cette page, j'aurais été mieux inspiré d'avoir une gastro. Parce que chaque année, trouver quelque chose d'original pour formuler mes voeux aux internautes rollinophiles de bon goût, je ne vous explique pas le calvaire que c'est. En plus, là, je m'y prends au dernier moment, avec moins d'idées en tête qu'il n'y a de cheveux sur la tête à Sassétou, si bien que j'en viens à me demander si je ne vais pas me restreindre à une bête formule de courtoisie, du style: "ou-pas.net vous présente ses meilleurs voeux pour l'année 2003", éventuellement agrémentée de quelques méchancetés à destination d'une sélection de comiques de mes couilles, toujours la même du reste, Ruquier et consort, c'est dire si le risque que je batte des records d'originalité est proche de la température qu'il fait actuellement, du moins de là où j'écris, car évidemment, si vous me lisez depuis le Cameroun, ça n'a plus aucun sens.
A moins que...
Mais oui, suis-je bête!
Ahem.
"Ami internaute, rollinophile de bon goût, défenseur de l'humour drôle et ennemi juré des comiques de mes couilles, ou-pas.net n'a pas besoin de vous présenter ses meilleurs voeux pour l'année 2003, qui n'en aura pas besoin pour être bonne et heureuse, puisqu'elle verra le retour à la scène du professeur Rollin.
2003, l'année Rollin."
Hop là.
Alors bien sûr, pour que tout soit parfait, il aurait fallu que Rollin revienne en 2001, m'offrant ainsi le bénéfice de la suivante rime, du meilleur effet: "2001, l'année Rollin". Du reste, Rollin projetait déjà son retour en 2001, mais la vie d'artiste vous savez ce que c'est, on écrit pour les autres, on met en scène, on fait prospérer la maison Peugeot, sans parler de la cohorte de groupies poitraillées qu'il faut quotidiennement honorer et des litrons de grands crus classés à descendre pour justifier sa fortune, bref, tout ça se traduit au total par un retard de deux ans, mais tant pis la rime, le plaisir des retrouvailles n'en sera que plus grand.
A l'année prochaine pour de nouveaux voeux, qui, à défaut d'être mieux inspirés, seront je l'espère d'un enthousiasme aussi justifié, encore que je ne vois pas comment cela soit possible.
Octobre 2002: Trois ans.
En ce jour béni, ou-pas.net fête son troisième anniversaire. "Que de chemin parcouru depuis octobre 1999!", me confiait récemment un de nos plus vieux lecteurs. "Pour sûr, Arthur!", lui répondais-je en partageant son émotion. "Mais je m'appelle pas Arthur, je m'appelle Benoît", me rétorquait-il indigné.
Preuve éloquente que notre mission est loin d'être achevée. Voilà un gars qui nous lit depuis trois ans avec fidélité, qui n'a pas raté une seule ligne de la cataracte de théories, démonstrations et conseils en tous genres déployés ici sans compter pour inculquer l'humour aux masses ignorantes, et qui ne comprend pas que quand je l'appelle Arthur, c'est pour le plaisir de faire une rime avec pour sûr. J'aurais tout aussi bien pu lui répondre "Un peu mon neveu", qu'il m'aurait répondu sans conteste: "Mais... t'es pas mon oncle!". Et ainsi de suite.
La tâche est ardue, croyez bien que j'en suis conscient. Car pour un internaute rollinophile perdu que la providence oriente vers notre aimable confrérie, combien de ruquiérophiles en puissance inaptes à la compréhension des bases humoristiques les plus élémentaires? Ces gens là ont-ils un avenir au royaume de la Poilade? Les plus pessimistes prétendront que non. Pour ma part, j'ai choisi d'y croire. Je pense qu'un monde où Rollin bourre Bercy tandis que Bigard peine à trouver un producteur est possible. Je pense que le déclin de Ruquier et de sa bande ne relève pas de l'utopie, que Sept jours à Groland diffusé en prime time sur TF1 le samedi soir n'est pas inconcevable, que Marc Jolivet hué par ses propres spectateurs est une idée qui a de l'avenir.
Et je ne suis pas seul, à en juger par le nombre considérable d'intronisations homologuées cette année dans la Confrérie. Alors nous continuons, seuls contre tous, mais provisoirement seulement. Car bientôt, nous serons au pouvoir, formant un gouvernement. Je l'imagine déjà: Pison ministre de l'intérieur, De Vélo secrétaire d'état aux affaires viticoles, Savon aux personnes âgées, Monpatron à la culture, Métrossin aux arts plastiques, Sassétou à l'enculade. Ce serait une dictature. Nous commencerions par immoler par le feu, publiquement, tous les comiques jugés comme étant de nos couilles. Puis nous mettrions la région PACA, terre titoffile, à feu et à sang, en préservant toutefois les vignobles de Vaqueyras, sur recommandation de notre secrétaire d'état aux affaires viticoles, mais en n'épargnant pas ceux de Tavel, pour instaurer un blocus efficace contre Bedos. Enfin, nous raserions Le Havre, fief de l'ennemi principal.
La tâche accomplie, nous nous barricaderions dans les jardins de l'Elysée, avec ce qu'il faut de spiritueux et de putes à gros seins pour nous amuser jusqu'à la fin de nos jours, regardant de l'intérieur le monde courir à sa perte, en nous tapant sur les cuisses, entre deux représentations privées de Colères par son auteur lui même, séquestré pour l'occasion.
En attendant, on rempile pour un an.
Premier janvier 2002: Meilleurs voeux
On a encore changé d'année. Tous les ans, c'est la même chose, entre le 31 décembre et le premier janvier, on change d'année. Et on mange, on boit, on veille jusqu'à pas d'heure, en prenant les sempiternelles même "bonnes résolutions", qu'on ne tient évidemment pas, puisque c'est le propre de la bonne résolution, de ne pas être tenue. Les fumeurs se résolvent à arrêter de fumer, les obèses se résolvent à arrêter de baffrer, les célibataires se résolvent à trouver l'âme soeur, et dès le lendemain, les fumeurs en rallument une au bout de trois heures de torture, les baffreurs vont récupérer au fond de la poubelle les trois pauvres Léonidas qu'ils avaient jeté la veille d'un geste décidé, et les célibataires se tapent une queue. Et les exemples se déclinent à l'infini. Prenez Ruquier: tous les ans, dans la nuit du 31 décembre au premier janvier, il prend la résolution d'arrêter d'être con. Et il la trahit dès le lendemain. Regardez Rollin, qui à chaque réveillon jure que cette fois, c'est sûr, il remonte sur scène cette année. Et les mois passent, et il ne remonte jamais sur scène.
Le mieux, si vous voulez mon avis, ce serait de ne plus prendre de bonnes résolutions le soir de la Saint-Sylvestre, quitte à passer pour un iconoclaste, mais il vaut mieux passer pour un iconoclaste que pour un velléitaire poussif. Moi en tout cas, c'est ce que j'ai décidé de faire. Donc, à défaut d'énoncer mes résolutions, je me contenterai de présenter mes voeux pour l'année 2002 à tous les Marcels, Emiliennes, Candide et autre, avec plein de bonnes choses, de la thune, du nichon, de la biture sans gueule de bois, à la mirabelle pour certains, au poppers pour d'autres, et surtout, plein de rollinades inédites (j'ai bon espoir qu'il reste encore deux ou trois conneries dans les profondeurs du disque dur à Rollin, d'ailleurs Rollin, si vous me lisez et que c'est effectivement le cas, vous connaissez mon adresse e-mail...). Donc bonne année, bonne murge, bonne bourre, en vous remerciant de votre fidélité et de votre dévouement à la Cause.
Simple, mais efficace.
Premier octobre 2001: Haro sur le mafflu !
En ce mois d'octobre 2001, ou-pas.net fête ses deux ans. Vingt-quatre mois de bons et loyaux services à la gloire du bon goût et de l'humour drôle, vingt-quatre mois de mises à jour régulières et abondantes, certes pas toujours dans la qualité, mais bon hein, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
Vingt-quatre éditions du top five, dont la majorité avec Ruquier en tête, et ce n'est pas prêt de changer. On me dit parfois que j'ai déjà tout dit sur Ruquier, que je me répète, que je deviens lassant, que c'est bon, on a compris. Il me semble pourtant que c'est à Ruquier qu'il faut formuler ces reproches, car c'est lui qui a commencé à se répéter, c'est lui qui devient lassant, c'est lui qui continue à l'être et n'a pas franchement l'air décidé d'arrêter. Au contraire, il est chaque jour plus envahissant, à se demander comment il fait, à croire qu'il ne dort jamais, qu'il a un clone, que sa grosse gueule mafflue est un masque derrière lequel se cachent des milliers de chinois à la solde du capitalisme humoristique.
C'est pourquoi, de mon coté, je continue à répéter la même chose: Ruquier est un con, un épicier, une enflure autosatisfaite, et je continuerai à le dire, encore et toujours, inlassablement, dans l'espoir insensé de rééquilibrer la balance, jusqu'à ce que la grande faucheuse vienne me caresser le cou de ses doigts glacés. Ruquier, c'est mon fardeau, ma croix, ma mission sur Terre. Pour certains, c'est l'impérialisme américain, pour d'autres, l'obscurantisme islamiste. Pour moi, c'est Ruquier, Ruquier le sec, Ruquier l'inapte, Ruquier le maquereau, Ruquier la pute. Zboubou mafflu est mon credo.
Alors que commence la troisième année d'existence de ce site, le professeur Rollin semble avoir définitivement pris sa retraite. Les conséquences sont lourdes. Le royaume de l'humour est livré au chaos, et le bon goût quotidiennement foulé par les bottes crottées de ses hordes barbares. L'heure du débat démocratique est révolue, il est plus que temps de passer à la lutte armée. Ami Marcel, astique ta cocotte en fonte et met un coup de déodorant, car la guerre va commencer. Si nous ne saisissons pas notre chance aujourd'hui, nos larmes deviendront demain l'ultime recours au règne du calembours foireux et de la bile chansonnière.
2001 a été l'année de la chute du World Trade Center, 2002 sera celle de la chute de la holding Ruquier.
Ben Laden m'a contacté. Il a compris à quel point Ruquier incarnait la pensée unique et le capitalisme à l'américaine, et se propose de financer notre action. Son plan est simple: il s'occupe d'affaiblir l'ennemi en envoyant ses hommes de main éliminer progressivement tous les membres de la bande à Ruquier, et suggère, en s'inspirant de notre dernier sketch collectif, que Marcel Sassétou aille porter l'estocade au roi de l'humour pas drôle en pénitence de ses nombreux pêchers. Au nom de la Confrérie, et pour le rayonnement de la Cause, j'ai dit banco.
Sassétou, apprête toi à seller ta plus robuste monture, et affûte ta plus fine lame. Quant à vous les autres Marcels, restez vigilants. La prise de pouvoir ne sera pas facile, et vous devrez sûrement jouer de la cocotte jusqu'à l'épuisement. Mais le jeu en vaut la chandelle.
En ce premier jour d'octobre 2001, je brandis bien haut l'étendard du Saint Paper-Board.
Allahou Akbar !
Haro sur le mafflu !
Muf ! (belliqueux)
Lundi 10 septembre 2001: le cap des 20 007 visites est franchi !
Et bien voilà, ça y est, c'est fait, ou-pas.net vient de franchir le cap symbolique des 20 007 visites. C'est pas rien, tout de même, 20 007. Dans tout un tas de domaines, c'est un chiffre qui impose le respect. Le gars qui gagne 20 007 francs par mois, par exemple, n'est pas à plaindre. Il commence même à entrer dans la catégorie des nantis. L'année 20 007, c'est pas rien non plus. Les plus audacieux des auteurs de romans de science fiction n'ont jamais osé aller jusque là. 2035, 2072, 3050 éventuellement, mais 20 007, jamais, personne n'a eu le courage d'imaginer comment serait le monde cette année là. C'est tellement loin ! Alors 20 007 visites sur un site web vous pensez si ça en impose.
Les esprits les plus conformistes ne manqueront pas de me rétorquer que 20 000 est autrement plus symbolique que 20 007, car c'est un chiffre qui tombe rond. Je leur rappellerai simplement que 20 007 est la somme de 20 000 et de 7, et qu'il ne faut surtout pas négliger le 7. Partout dans le monde, il rayonne de l'éclat de la notoriété. Les 7 mercenaires, les 7 jours de la semaine, les 7 pêchers capitaux, les 7 filles du docteur Marsh, les 7 de table, l'agent 007, que sais-je encore. 20 007 est donc un chiffre doublement symbolique.
Alors bien sûr, il y aura toujours un grincheux pour me répondre que 20 007 est aussi la somme de 14 562 et 5472. Je lui répondrai d'une part qu'il ne sait pas compter, et qu'il ferait donc bien d'apprendre à sa servir d'une calculatrice avant de faire le mariole, d'autre part que je me fous de son avis comme des mycoses vaginales de sa femme.
"Parler plutôt que se taire, quitte à parler pour ne rien dire" (Jean-François Revel)
16 Avril 2001: Joyeuses Pâques !
Décidément, je ne suis pas très doué pour les célébrations.
Résolu à ne pas rester sur mon échec cuisant du premier avril, j'ai travaillé dur pour dignement fêter Pâques. Mais une fois de plus, force m'est de constater que le résultat est navrant. N'allez pas croire que je sois victime de ce qu'il est convenu d'appeler le syndrome de la page blanche, bien au contraire, j'ai noirci trois cahiers de cent pages d'idées et de pistes en tous genres, mais infructueuses. Rien à sauver.
Comme ce petit brainstorming m'a tout de même coûté une nuit complète de travail, ainsi que 65,40 francs en papier (oui je sais, ça fait cher pour trois cahiers, mais je ne travaille bien que sur du Clairefontaine à reliure spirale), j'ai quand même décidé de vous condenser le fruit de mes efforts dans le résumé qui suit, car il n'est pas question que je travaille à perte.
Pâques, c'est avant tout la fête des oeufs en chocolat. Quand on parle d'oeufs, on imagine vite la poule, et quand on parle de poule, il ne faut pas faire un effort d'imagination démesuré pour arriver à dinde. De dinde, il ne reste plus qu'un petit pas à franchir, autant dire une formalité, pour arriver à Clémence Arnaud. La piste est intéressante, car tout en étant étroitement liée à la célébration Pascale, elle nous permet de faire le lien avec l'animatrice de Fous d'Humour, et donc de parler... d'humour! On est donc à la fois dans le sujet du jour et dans celui du site, c'est ce qu'on appelle faire d'une pierre deux coups. Oui, mais pour dire quoi?
A partir de là, je passe de "Faire d'une pierre deux coups" à "Faire d'une paire de couilles", et j'enchaîne sur un hommage à Frédéric Dard d'une trentaine de page dont je vous épargne le développement. L'argumentation se poursuit ainsi:
... Mais finalement, tout ça ne répond pas à la question posée trente pages plus haut: Oui, mais pour dire quoi? Que Jimmy Lévy, le compagnon de l'animatrice, est allé se plaindre dans "Plus de Zapping" sur Canal Plus, de ce que Daniela Lumbroso lui a avait piqué le concept de son émission pour en faire un ersatz sur TF1?
Suit alors une cinquantaine de pages sur le thème d'un comparatif entre Clémence Arnaud et Daniela Lumbroso, que je vous épargne également, pour ne pas encombrer un propos qui devient déjà passablement pesant, et qui se poursuit de la sorte:
... Avec un total de 114 points pour Daniela Lumbreso et 67 pour Clémence Arnaud, on peut raisonnablement affirmer que la première est considérablement plus baisable que la seconde. Mais cela n'a pas grand chose à voir avec Jimmy Lévy, qui n'a d'ailleurs lui même pas grand rapport avec Pâques, ou alors à condition de rappeler l'aspect mercantile de la fête, entièrement au profit de l'industrie chocolatière, et d'établir un parallèle avec l'industrie de l'humour, dont Jimmy Lévy est un peu le Jean-Marie Messier. Mais là, on tombe tout de suite dans la revendication sociale, et dieu sait qu'on peut rire de tout sauf de ça en ces temps de licenciement chez Danone ,qui ne sont d'ailleurs probablement pas les derniers à profiter de la manne financière des oeufs en chocolat.
Suit alors une diatribe acerbe de 70 pages sur l'ultralibéralisme, fastueusement illustrée de graphiques à la pointe de l'outil statistique, et se concluant ainsi:
Comme quoi, tout est lié, les plans de restructuration, les inondations dans la Somme, les affrontements israélo-arabes, j'aime autant te dire que ça sent le complot à plein nez, moi c'est bien simple, je décroche plus mon téléphone, j'envoie plus un e-mail, je me calfeutre chez moi et j'attends que ça pète.
Viennent alors, sans aucune forme de transition, 45 pages d'une critique au vitriol du film Belphegor, dont on peut légitimement se demander ce qu'elles viennent faire dans le cadre d'une argumentation sur le thème de Pâques. On peut tout autant s'interroger sur l'opportunité des 10 pages de la recette de tarte afghane au pétoncles qui viennent conclure cette démonstration peu glorieuse, mais qui a au moins le mérite de boucler la boucle, ce qui vous l'avouerez, n'était pas une mince affaire:
... attendre une heure que le plat refroidisse, démoulez, et servez. Vous pouvez éventuellement garnir votre tarte afghane aux pétoncles de petits oeufs de Pâques, si l'occasion si prête, si vous aimez les oeufs de Pâques, et si vous en avez.
C'est promis, pour le premier mai, je serai au point.
Premier avril 2001
Pas de blague, de bonne farce, de mauvais tour, de mensonge gros comme une montagne, de figurine de papier accrochée dans le dos des gens, bref: pas de poisson d'avril.
Notez, c'est pas faute d'avoir essayé.
J'ai d'abord pensé à marquer le coup d'une discrète allusion à Colères, en insistant sur le caractère particulièrement adapté du premier avril à la rigolade, au contraire, par exemple, du 11 novembre. Mais non. Trop simple, trop prévisible.
J'ai donc finalement décidé de creuser l'aspect "poisson d'avril" de la farce, en partant sur le thème de la "blague maritime". Mais tous les poissons ne viennent pas de la mer, ai-je rapidement déchanté, et rien n'empêche une imagination une peu gastronome de voir dans le traditionnel poisson découpé dans une feuille de papier un gardon de rivière, auquel cas la blague maritime n'en est plus une, ou alors à condition de mentionner dès le départ "Blague maritime sauf quand ça n'est pas le cas", ce qui donne au final un intitulé passablement lourdingue, de surcroît pour un développement des plus aléatoires. Car figurez vous que le thème du poisson d'avril n'est pas si propice à l'argumentation humoristique qu'il en a l'air.
A vrai dire, après sept heures de brainstorming acharné, j'en suis arrivé à cet unique idée:
"Comment se fait-il que le premier avril soit le jour du poisson alors que la pêche n'est pas ouverte à cette époque?"
Le problème est que le premier avril, la saison de la pêche est ouverte. C'est dommage, car j'aurais ensuite pu enchaîner sur un tonitruant:
"C'est peut-être pas la saison de la pêche, mais c'est la saison de la poire, alors on va pas se gêner pour se la fendre"
Ce qui m'aurait alors permis de conclure:
"A l'intention des plus ignares d'entre vous, je précise que l'expression se fendre la poire désigne le fait de rire un bon coup, qu'elle est synonyme de se fendre la pipe, et pour le coup, c'est le pot, au contraire de la pêche, y a pas de saison pour la pipe, contrairement à ce que te prétends ta femme quand elle est à cours d'imagination pour décliner tes offrandes."
La boucle était ainsi bouclée, avec une savante et inédite utilisation du couple vanne graveleuse/humour fruitier, ça aurait vraiment été tout bénef.
Mais voilà, le premier avril, on est en pleine saison de la pêche, la tranquillité bucolique des rives des lacs et rivières de notre beau pays sont bel et bien troublées par des légions de pêcheurs aux bottes crotteuses, inconfortablement assis sur des sièges pliants à cuver des litres de mauvaise bière, car c'est bien connu, le pêcheur est un pochetron, un soiffard, une véritable éponge, notez, ça peut se comprendre, il faudrait vraiment être autiste ou bouddhiste pour rester cinq heures d'affilées à fixer le bouchon inerte d'une ligne de pêche en toute sobriété.
Cela dit, tout n'est pas perdu.
Car pendant que le pêcheur cuve, l'apprenti pâtissier du village lui joue un bon tour: il encule sa femme. Ca doit être ça qu'on appelle le poisson d'avril. En tout cas, c'est ma chute, et je ne suis pas mécontent d'avoir réussi à en trouver une avec un développement aussi hasardeux.
Premier février 2001
Ce site est désormais consultable à l'adresse http://www.ou-pas.net (clique pas ducon, t'es déjà dessus). Avec cette nouvelle adresse, ce site est officiellement rebaptisé Ou pas. Sans point d'exclamation. J'y tiens.
Les mots ou et pas, lorsqu'on les colle l'un derrière l'autre, ne prêtent pas à rire à priori. En fait, c'est une question de contexte. Si Ruquier, dans une des émissions qu'il anime, demande à l'assistance: "Vous êtes d'accord ou pas?", on ne rit pas. Mais si Rollin, dans le cadre d'un de ses spectacles ou pour conclure une des scène du "Professeur Rollin a toujours quelque chose à dire", fait usage de ces deux mots, alors on rit violemment. Comment expliquer ce mystère? On pourrait répondre que Rollin est plus drôle que Ruquier, voire, plus simplement, que Rollin est drôle et Ruquier non. Mais ça ne suffit pas. La vraie question, du moins celle que les incrédules se posent, remettant en cause au passage ma bonne santé intellectuelle, est: le "Ou pas" rollinien est-il vraiment destiné à faire rire, où ne sert-il que de transition?
Pour répondre à cette question, le mieux est encore de le replacer dans son contexte.
Chute d'une scène issue de la vidéo "Le professeur Rollin à encore quelque chose à dire":
(...)
Nous en reparlerons une prochaine fois.
Ou pas, ou pas.
Si l'on enlève le double "ou pas", on obtient:
(...)
Nous en reparlerons une prochaine fois.
La démonstration est implacable. La première chute est ahurissante de drôlerie, alors que la seconde l'est tout autant, mais moins.
Certains se diront que je me prend un peu le chou, d'autres m'accuseront carrément de pratiquer la branlette intellectuelle. Je demanderai aux seconds de quitter ce site dans les plus brefs délais, et répondrai aux premiers que le cas est moins anodin qu'il n'y parait, car à l'heure où l'humour engagé semble définitivement l'emporter sur l'humour tout court, le Ou pas rollinien incarne tout simplement l'alternative humoristique du nouveau millénaire. Et il l'incarne doublement, du fait de ce qu'il exprime: Ou pas, ça veut quand même dire non, n'y comptez pas, allez vous-en, sans moi.
Faire du Ou pas rollinien le nom officiel de ce site, c'est brandir l'étendard de l'alternative humoristique.
Premier janvier 2001
Les premières pages de ce site ont été mises en ligne il y a plus d'un an. Quinze mois exactement. Quinze mois de lutte obstinée, courageuse et acharnée contre l'humour pas drôle. Et pour quel résultat? En ces premières heures de l'année 2001, Nagui, Ruquier, Gerra semblent être les grands noms de l'humour du troisième millénaire. Rien n'a changé. J'ai peur.
Cher monsieur Rollin, un jour, un vieux monsieur viendra frapper à votre porte. Après avoir craché quelques ronds de fumée colorée, il vous confiera un anneau, et vous recommandera d'aller le jeter à l'autre bout du monde, en vous invitant à prendre garde aux Orques et aux Nazguls. Ne lui claquez pas votre porte aux nez. Prenez l'anneau, et faites ce qu'il vous demande.
Bonne année à tous.
Décembre 2000
Mise en ligne de la version 2.0 du site François Rollin est sensiblement plus drôle que Guy Bedos, rebaptisé Ou Pas pour l'occasion. Les initiés comprendront, les autres sont invités à aller se faire cuire un oeuf, voire à aller se faire déplisser le fion dans les toilettes du Queen. A défaut, ils peuvent toujours aller chercher quelques lumières dans la rubrique Glossaire.
Ou pas, donc, en hommage à qui vous savez, brandi comme un signe de ralliement des internautes de bon goût adeptes d'humour drôle et pourfendeurs de l'indigence humoristique. Ou pas, comme volonté de crier à l'alternative: Laurent Ruquier? Ou pas.
L'idée de cette nouvelle version est née d'un désir d'organiser le bordel indescriptible des pages de ce site, et de lui apporter un peu de cette nécessaire cohérence qui rend les combats plus efficaces. Désormais, tout sera rangé, classé et archivé. Une place pour chaque chose, chaque chose à sa place, et Ruquier dans les geôles poisseuses de mon mépris.
Il ne fallait surtout pas s'attendre à un site tout-beau-tout-propre avec un "super visuel", et des putains de gifs animés à tout bout de page. Non, rien de tout ça. Fond blanc, police arial et titres en bleu à tous les étages. Si ça vous casse les couilles, les rubriques Internet des magazines pseudo-branchés de Canal Plus sauront vous trouver les bonnes adresses de dessins-animés-en-moins-bien on line. Je suis un très mauvais web-designer, et c'est pas plus mal. Le fond l'emportera là où la forme fait presque toujours office de but en soi en matière d'humour sur le web.
Ce ravalement de façade étant fait, le site va pouvoir entrer dans la deuxième phase de sa rénovation, qui consiste en une relecture de tous les textes, suivie des améliorations qu'il sera nécessaire d'y apposer.
La version 2.0 est donc en ligne, plus résolue que jamais à dénoncer les indigents de l'humour, tricards de la poilade et autres clochards de la "chose comique". Amis rollinophiles, remplissons nos verres et trinquons à la mémoire des Monty Python, au retour sur scène du professeur Rollin et au déclin de Laurent Ruquier.
Octobre 2000
En ce mois d'octobre de l'année 2000, François Rollin est sensiblement plus drôle que Guy Bedos fête son premier anniversaire. Pas de champagne, de cotillons ni de larmes, mais un bilan.
Un an, dans une vie d'homme, ca représente quelque chose. Mais dans une vite de site Web? L'Internet est relativement récent (le premier qui croit utile de m'expliquer que euh l'autre, t'étais encore qu'un spermatozoïde dans les couilles de ton père que l'Internet existait déjà, c'est pas parce que tu l'as découvert le mois dernier que ça existait pas avant, et je sais de quoi je parle, j'étais un des premiers chez MSN, etc, se prend cinq phallanges dans la face). Le net est récent, et si les sites fleurissent chaque jour plus nombreux, il est encore trop tôt pour évaluer leur durée de vie moyenne. Même si les sites ectoplasmes sont légion, et que ceux qui semblent voués à perdurer soient les sites d'enculés d'E-business de mes burnes. Du coup, quelle unité de mesure adopter pour évaluer l'âge d'un site? Un an, trois jours, quatorze seconde, 101457siècles? Difficile à dire. Nous nous contenterons donc de calquer les anniversaire de ce site sur celui de l'homme, en espérant que son espérance de vie soit équivalente.
Donc, on fête notre premier anniversaire.
Alors, ils sont où les cadeaux? Bein oui, si on fait comme dans une vie d'homme, on ramène des cadeaux en plus de sa fraise quand on va à un anniversaire. Et vous vous pointez comme ça, vous voyez un lien, tiens, on fête un anniversaire, vous cliquez sans même songer à aller acheter une petite connerie symbolique, on vous demande pas non plus de dépenser des fortunes, mais enfin merde, un magnétoscope, un magnum de Léoville Las-Caze 1982, c'est pas grand chose, et ça fait plaisir au webmaster. Tas de pique-assiettes va.
Bon alors du coup, n'allez vous plaindre que je ne vous serve pas de champagne. Pareil pour le gâteau, tu peux te brosser, tu crois quand même pas que je vais gaspiller mes bougies et ma crème au beurre pour une bande de fesse-mathieu sans éducation. Et puis de toute manière, le Champagne circule très mal par ligne téléphonique. Donc, comme je vous le disais en introduction de cette fastidieuse célébration, on ne vas pas faire la fête, mais plutôt dresser un gros bilan.
Un bon gros bilan des familles.
Quoi de mieux pour commencer un bilan que quelques chiffres?
En un an, auront été proférées sur ce site:
- 125874 fautes d'orthographe, donc 2254 sur des
noms propres
- 2258774569 fautes de grammaire
- 0 fautes de goût
- 455 injures, donc 455 justifiées
- 11 000 critiques négatives
- 7 critiques positives
En un an, auront été nécessaire à l'élaboration de ce site:
Pour la section parisienne:
- 800 hectolitres de vin rouge (dont 795 pour Marcel de Vélo)
- Une ardoise de 155 000 francs au restaurant La Sologne, avenue Daumesnil,
Paris (couverte à 154 997 francs par Marcel de Vélo)
Pour la section lilloise:
- 2100 hectolitres de bière
- 2 tonnes d'anti-dépresseur (pour oublier les briques rouges)
Les bonnes résolutions
Ben oui, un anniversaire s'accompagne toujours d'un énoncé de résolutions. Cette année, j'arrête de fumer, je me mets au régime, je prends soin de mon corps, etc. C'est pareil pour un site web. Et si "François Rollin est sensiblement plus drôle que Guy Bedos" n'a pas décidé d'arrêter de fumer, et encore moins de ce mettre au régime, il compte effectivement prendre soin de son corps. Vous aurez sûrement remarqué que le présent texte est rédigé dans une police de caractère inhabituelle. De l'Arial 10, au lieu du traditionnel Verdana 10. C'est un début. On rentre doucement dans une phase grand travaux, qui devrait aboutir sur un nouveau site, tout beau tout neuf, d'ici quelques semaines. J'y travaille activement ces jours-ci. Ou alors sur un nouveau site encore moins bien que la première version, ce qui n'est pas impossible vu mes qualités de "webdesigner". Mais enfin, là, il faut faire quelque chose, ça devient vraiment trop le bordel. Je m'engage également à relire mes textes et ceux qu'on m'envoie, à en corriger les fautes, et à accorder les subjonctifs. Ou pas, ou pas.
Une diplomatie accrue sera également au chapitre des bonnes résolutions. Arrêter de traiter les gens d'enculés sous prétexte qu'ils ne sont pas drôle. Connard suffira. Sauf dans un cas, et c'est là la principale résolution de l'année qui commence, résolution en forme de déclaration de guerre, de leitmotiv et de ligne éditoriale: Haro sur Laurent Ruquier. Laurent Ruquier est l'ennemi public numéro 1, il faut que ça se sache, et il faut surtout que ça cesse. Encore plus de vigilance, de diatribes dénonciatrices, mais aussi des actions commandos à Europe 1, France 2, voire au domicile de Laurent Ruquier, avec lettre anonymes, béquilles sur les cuisses et bite au cirage au programme.
Plus généralement, nous cesserons de tirer sur les ambulances, et privilégierons des cibles moins évidentes, mais bien plus néfastes et sournoises. L'arrivée de Télérama dans le top five de ce mois est un début.
Le mot de la fin
Plus que jamais, j'en appelle aux bonnes volontés: envoyez moi vos textes, vos images, vos avis, vos idées, vos liens, sympathique ou pas. Il reste beaucoup de postes à pourvoir. Et je profite de l'opportunité pour saluer bien bas mes collaborateurs directs, ainsi que tous ceux qui nous écrivent régulièrement et enrichissent considérablement ce site. Ami rollinophile, garde la foi, ne t'éloigne pas du droit chemin, et marche la tête haute.
Octobre 1999
Mise en ligne du site François Rollin est sensiblement plus drôle que Guy Bedos.
Quatre pages, un ignoble fond verdasse, et la résolution inattaquable de faire l'éloge de François Rollin, trop peu représenté sur le Web, tout en dénigrant systématiquement et sans aucune forme d'objectivité l'essentiel de ses confrères humoristes.
Dans le métal de la ruquiérophobie, la hache de guerre est forgée, et pas prête d'être enterrée.