Commentons l'humour contemporain, et surveillons ses dérives

Les gens qui savent de quoi on cause peuvent pracher ch'boutoir pour tomber sur eu'l'sommaire.

Les plus attentifs d'entre vous l'auront peut-être remarqué: le comité de surveillance de l'humour contemporain fait peau neuve. Frêle euphémisme, car plus que d'une simple mue de printemps tardif, il s'agit là d'une véritable révolution, dont les fondements constitutifs peuvent être résumés ainsi:  

  1. Adoption d'une charte graphique d'une sobriété monacale

    Faisons fi des polices de caractères odieuses façon "Comic sans MS" et des couleurs à la con, soit dit avec tout le respect qui est dû au considérable De Guérande, qui, si on ne lui connaît pas de rival sérieux sur le plan de la création et de la rédaction de matériel comique, ne dispose que de très peu des talents qui font le bon décorateur d'intérieur. (Avec la version 2.0 de ce site, ce paragraphe est obsolète. Marcel de Guérande)

    Ladite charte, qui ne sera presque jamais respectée, comporte les éléments suivants:

    Apparence Signification
    Phlébite Aucune. C'est du bon texte en dur, gravé dans le marbre, sur lequel on ne reviendra pas, sauf pour corriger l'une ou l'autre faute d'orthographe, personne n'est infaillible.

    Phlébite

    Un titre. Rien de très original, nous avons pensé qu'il valait mieux maintenir une certaine tradition.
    Phlébite Le rouge étant la couleur de l'urgence, de la stupeur, et du trouble amoureux déjà bien avancé, il sera employé ici pour mettre en avant les nouveautés. Le fameux De Guérande a d'ailleurs adopté cette convention un peu partout dans le site, rendons lui hommage et ce qui lui appartient, et sachons suivre son sillage lumineux.
    Phlébite Ce gris léger et difficile à supporter sur fond blanc sera utilisé pour mettre en arrière le texte dont on ne veut pas qu'il soit lu avec trop d'attention. En général, cela concernera les formulations d'intentions vagues et de projets à long terme. Extrême, même.
    Phlébite Le passage du noir au bleu signifiera: "on passe du texte normal au texte bleu, c'est curieux". Je vous laisse déduire la réciproque. Le passage du bleu au rouge devra être interprété comme: "ah, tiens, on passe du texte dont on ne sait pas pourquoi il apparaît en bleu à une nouveauté". Le passage du rouge au bleu ne se produire jamais, sauf quand la nécessité s'en fera sentir. Le passage du bleu au bleu ne sera absolument pas sensible, nous ne documenterons pas plus avant ce cas de figure.

    Attention toutefois, le bleu est aussi la couleur traditionnelle du "lien hypertexte", prenons garde à ne pas passer à côté.

    Phlébite Nous essaierons de restreindre l'utilisation du texte blanc sur fond blanc à des circonstances très exceptionnelles. Cela signifiera en général: "Si vous lisez ceci, c'est que vous l'avez quand même bien cherché, alors viens pas non plus faire suer pépère, hein, y a un taquet à la clé."


  2. Dissimulation maladroite du paragraphe introductif

    Le désormais ancien paragraphe introductif est relégué aux oubliettes. Il n'est certes pas supprimé, car les principes de la rubrique n'ont pas changé, mais il est habillé de sorte à être difficilement lisible. Notons au passage mais quand même discrètement qu'il a été scindé en 2 phrases. Et ça faisait longtemps que ça me démangeait, va savoir pourquoi.

  3. Restructuration complète du sommaire

    L'ancien était illisible et pour tout dire idiot, le nouveau est élégant et synthétique.

     

  4. Publication de l'organigramme du comité

    En fait non, pas encore. Mais bientôt, un lien mènera le badaud d'ici vers un organigramme présentant les différentes entités impliquées dans la rédaction des articles du comité, c'est-à-dire principalement le comité de surveillance lui-même, ses différents groupes de travail, sa commission de contrôle, son bureau de désoiffage, sa vitrine illégale, sa façade hors-la-loi, et sa devanture délinquante.

  5. Conception, réalisation, et inclusion d'un macaron informatif libellé "Nouvelles phrases!".

    Il s'agissait à la fois d'insister sur les bouleversements qui agitent ces quelques pages, et évidemment de rendre hommage à François Rollin et sa fameuse "Nouvelle chemise!". Certains parleront de plagiat maladroit, ils ne seront pas tout à fait dans le faux. A ce propos, j'ai comme un doute à propos du point d'exclamation, y en a t'il un derrière le "Nouvelle chemise" de l'affiche de "Colères", je ne sais plus, et c'est un petit peu embêtant parce que je déteste faire usage de ce procédé ponctuatif que je considère comme dictatorial, n'ayons pas peur des mots. Je m'exclamerai où et quand je voudrai bien m'exclamer, et c'est pas un écrivaillon qui va me forcer la main à grands coups de points d'exclamations. Je n'orne donc "Nouvelles phrases" d'un point d'exclamation que parce que je crois me souvenir que "Nouvelle chemise" s'écrit un fait "Nouvelle chemise!", qu'on veuille bien me pardonner si ce n'est pas le cas.

    Et évidemment, ces considérations générales à propos du diktat exprimé par le point d'exclamation ne s'appliquent pas au cas particulier de "Nouvelle chemise!", toujours à supposer qu'il ne s'agisse pas de "Nouvelle chemise", parce qu'il y a ici clairement matière à s'exclamer. Non pas que je mette en doute l'hygiène corporelle ou vestimentaire de Rollin, mais plutôt que "Nouvelle chemise!", ah ça, là d'accord, dis donc, une nouvelle chemise pour un spectacle dont on peut craindre qu'il ne rapporte pas autant d'argent qu'il le mériterait, c'est quand même un sérieux investissement, d'autant qu'il va en falloir beaucoup plus d'une, des chemises, parce que l'interprète ne fait pas semblant de suer, il sue en abondance, il sue pour plusieurs, il sue comme s'il pleuvait, de sorte que sa nouvelle chemise, au bout de trois représentations, ça n'est plus qu'une triste limouille défraîchie dont personne ne pourrait croire qu'elle est neuve. Si on n'en changeait pas fréquemment, la production recevrait des plaintes par paquets de cent, des "Non seulement il ne s'agissait pas d'une nouvelle chemise, mais en plus le spectacle a commencé à 20h03 et non pas 20h01 précises, et je sais de quoi je parle, mon beau-frère est livreur chez Swatch, alors tu penses si l'heure exacte ça me connaît", il faudrait rembourser tout ce joli monde, et ça en serait rapidement terminé de "Colères", aucun capital-risqueur n'étant partant pour remettre ne serait-ce que 10 balles dans l'affaire.

    Alors on peut quand même se fendre d'un bon point d'interrogation.

    Ou pas. Et alors vous aurez à coeur de constater la couleur dans laquelle ces quelques mots apparaissent désormais, sauf si bien sûr vous ne disposez pas d'un écran apte à l'affichage simultané de couleurs multiples, êtes atteint de troubles neurologiques tels que vous ne distinguez plus les couleurs, ou êtes simplement daltonien au point de confondre le bleu et le noir, et alors dans ce cas veuillez noter que le texte là, celui qu'on lit, vient, il y a quelques mots, de se parer d'une teinte bleutée qui, si elle lui va plutôt bien aux joues, ne lasse de surprendre le lecteur attentif qui avait cru comprendre, quelques lignes plus haut, qu'on allait un peu arrêter les conneries avec les "polices de caractères odieuses et les couleurs à la con", texto. Vous comprendrez bien que ce changement n'est pas la conséquence d'un caprice de décoratrice d'intérieur, hein, rassurez vous, Philippe Stark ne vient pas de faire irruption chez moi en me pointant une arme sur la tempe pour me forcer à "mettre un peu de peps dans tout ça, merde, faut que ça respire, faut que ça vive, et la vie, c'est la couleur", non, il s'agit d'un changement volontaire et exceptionnel, destiné à faire comprendre au lecteur que le paragraphe sur lequel on marche en ce moment a été écrit bien après tout le reste. Il s'est presque passé un mois, c'est dire si ça nous rajeunit pas. Et dans cet intervalle, figurez-vous que j'ai eu l'occasion de jeter un oeil sur l'affiche de "Colères". Il y en avait une chez moi et je n'y pensais plus. Ah, ça, on n'est pas plus bête. Faut dire qu'elle était scotchée sur le flanc d'une armoire que j'avais remisée dans un placard de telle sorte que la tête à Rollin était collée contre un mur dans un placard sombre, et que du coup on ne la voyait plus. L'autre jour, je me décide finalement à ressortir l'armoire du placard, ayant constaté à l'usage qu'une armoire sise dans un placard tendait à faire perdre une place considérable dans un logement, en rendant le placard inadapté au stockage de machins volumineux, comme par exemple l'amant de ma femme. Alors donc je vais pour sortir mon armoire, ce qui ne va pas sans peine parce que ledit placard est fermé par des portes qui sont montées sur des rails fixés sur des montants à environ 10 cm du sol d'une part, et du plafond d'autre part, ce qui fait que pour sortir des machins volumineux du placard, on ne peut pas se contenter de les tirer vers soi en les faisant traîner sur le sol, il faut carrément les soulever de 12-13 cm, hein, mieux vaut prévoir une marge sans quoi on risque de racler sur le rail pour passer au-dessus. Du coup il s'en fallait de peu que l'armoire ne passe pas sous le rail supérieur, mais à force d'efforts, j'incline dans un sens, je tourne dans l'autre, je sue et je peste, je finis par extirper mon armoire, et je tombe nez à nez avec la tête à Rollin qui me regarde de biais en arborant un air franchement consterné. Je survis péniblement à un sursaut de vive terreur avant de réaliser qu'il s'agit de l'affiche, et alors stupeur, que "Nouvelle chemise" s'y écrit bien "Nouvelle chemise", et pas "Nouvelle chemise!". Il n'y a pas de point d'exclamation,!,. Alors là vous me voyez à la fois pas mal contrarié, mais aussi un peu satisfait. Satisfait parce que manifestement, Rollin n'aime pas non plus les points d'exclamations. C'est toujours ça de pris. Imaginez, on lui fait crédit d'un point d'exclamation, mais non, grand seigneur, il l'ignore et s'en détourne, préférant le laisser croupir dans je ne sais quel phylactère au-dessus de je ne sais quel personnage de bande dessinée de Bilal de mes couilles, soit dit sans aigreur aucune. Mais alors contrarié aussi, très contrarié, parce qu'il faudrait que refasse mon macaron informatif "Nouvelles phrases!" pour en ôter le point d'exclamation, ce qui d'une part me ferait suer dru du pourtour anal, et d'autre part m'obligerait à supprimer tout ce qui précède, incluant cet addendum bleu. Si t'es ne serait-ce que le tiers d'un finaud, t'auras compris que je ne vais rien en faire, sans quoi je me serais pas esquinté la santé à écrire ça, là, en bleu.

Sommaire

Gourmandons le créatif

Le créatif utilise de nombreuses formes de comique dévoyé afin d'instiller ses vilaines conceptions mercantiles dans l'esprit des moins attentifs. Dénonçons ces odieuses pratiques avec la dernière énergie.

Faut-il cesser de simuler des explosions de petits chiens de salon?

L'équipe du 20h20, qui portait avant un autre nom que tout le monde a déjà oublié, a diffusé et rediffusé cette saynète idiote jusqu'à l'écoeurement. Voyons pourquoi il ne fallait pas le faire.

Nagui est-il l'Antéchrist?

Quand Nagui s'essaye à l'humour, c'est l'univers entier qui vacille. Un tel pouvoir n'est pas le seul fait d'un simple animateur, ni même d'un animateur simple: Nagui est-il l'Antéchrist?


Chantiers

Objet Terme
   
De la synthèse du comique chez Laurent Ruquier

Où l'on étudiera les conditions qui président à la production du comique chez Laurent Ruquier, afin de pouvoir le synthétiser sous forme d'une pommade aux surprenantes propriétés émollientes, et le vendre en tubes.

Conséquent
Peut-on produire des talk-shows de qualité américaine en France?

On s'attachera à comparer méthodiquement "The late show" (celui avec ce monsieur Letterman) et "La grosse émission". On constatera de nombreuses différences.

Non négligeable
François Rollin est sensiblement plus drôle que Guy Bedos est-il au moins aussi drôle que Popeck?

Hophophop, range ton briquet, on ne va brûler aucune idole: on va établir une critique polie mais non complaisante de ce site. 

Peu probable
De l'origine et du rôle de la ride chez le comique raté

Plus le comique est mauvais, plus la ride est nombreuse et crevassée. Y a t'il un lien de cause à effet? La pommade à l'humour de Ruquier pourrait elle être d'une aide quelconque?

Annulé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ce paragraphe est obsolète. C'est-à-dire, pas exactement: il présente encore assez bien le thème de cette rubrique, mais il me semble vilain. Comme je n'ai aucune envie de écrire un autre, et qu'il faut bien que je justifie, même de façon spécieuse, les citernes de fiel qui sont (vont être) déversées ici, je le laisse. Mais en tout petit, et en blanc sur fond blanc. Alors si on veut le lire, faut s'impliquer un peu, faut y mettre du sien, du coup on a l'impression de collaborer, presque de travailler en équipe avec l'auteur, ce qui force à l'indulgence. Le procédé est odieux. 

Ca commence ici: Comme son titre l'indique, ce qui tombe plutôt pas mal vu que c'est sa fonction, nous nous livrerons dans cette rubrique à une surveillance circonspecte de l'humour tel qu'il est pratiqué par nos contemporains, de façon d'abord à louer ceux qui pratiquent le véritable humour drôle, mais aussi pour mettre en lumière et dénoncer l'usage scélérat que certains en font. Car en effet, l'humour, le très saint humour, conçu pour faire s'agiter les gens en soubresauts sonores illustrant le bien-être dans lequel il les immerge, l'humour, première des mamelles de la félicité, l'humour, ce machin rigolo qui fait qu'on s'poile, cet humour là est trop souvent bafoué, avili, malmené, et détourné de ses fonctions pour, selon le sagouin qui le manipule, élever de sombres trous du cul sur des piédestaux de gloriole usurpée, dissimuler d'un voile diaphane des convictions néfastes qui en d'autres contextes auraient été sanctionnées par le bras d'airain de la justice, ou remplir jusqu'à la nausée les poches déjà bien rembourrées d'usuriers modernes, hein, 200 balles la place pour Palmade, c'est quand même un beau foutage de gueule, et ce même si j'ai envie de tout sauf d'aller voir un spectacle de Pierre Palmade, c'est quand même surprenant le nombre de virgules qu'on peut caser dans une seule phrase, allez une petite dernière pour la route. Et ça  se termine là.