Quel avenir pour Michaël Youn?

Michaël Youn est l'animateur vedette de l'émission "Le Morning Live", diffusée le matin de 7 heures à 9 heures sur M6. Un programme que je ne connaissais jusqu'à récemment que sous forme de bribes dans le zapping de Canal Plus, souvent très drôles. Un exemple: En pleine nuit au bois de Boulogne, Michaël Youn surgit d'un fourré pour poursuivre un homme qui vient de se faire éponger le chibre, en hurlant dans un porte-voix "t'as été aux putes, t'as été aux putes". Indéniablement hilarant.

En plus de ces quelques séquences révélées par les zappeurs de Canal Plus, on a récemment pu voir le gars Youn et ses amis foutre gaiement la merde dans la dernière cérémonie des 7 d'or, comme le faisaient les comiques de Canal Plus il y a quelques années. Paroxysme de la soirée: Michaël Youn, vêtu d'un simple string coquettement orné d'un noeud papillon au niveau des poils pubiens, court hystériquement dans tous les sens en hurlant dans un porte-voix (le gars aime beaucoup les porte-voix), au beau milieu des centaines de pingouins encravatés qui constituent la morne assistance. Un peu facile, me direz vous, et pas franchement révolutionnaire, mais ce genre de facétie est toujours plaisante, d'autant plus que le gars connaît particulièrement bien son affaire, et qu'il y met tout son coeur.

J'ai donc fini par me résoudre à regarder le Morning Live, qui comme on pouvait s'y attendre est une émission sans aucun intérêt, une connerie de divertissement musical pour adolescents attardés, nourris au Yop, à la Playstation et à Britney Spears.

La question qui se pose est donc: Michaël Youn peut-il exister en dehors du cadre de l'émission qu'il anime et de ses rares dérapages heureux? Quand le Morning Live s'arrêtera, ce qui arrivera fatalement, son choix sera restreint: continuer à faire le con ailleurs, ou devenir magasinier chez Franprix. S'il opte pour la seconde possibilité, il devra se résoudre à un anonymat opaque, difficile à accepter quand on a connu une relative notoriété, que ses nouveaux collègues lui feront par ailleurs payer en lui demandant régulièrement de montrer de son cul comme il savait si bien le faire à la télé. Nul doute qu'il choisira donc de perpétuer sa carrière d'amuseur naissante. Mais où?

A la télé? C'est voué à l'échec à plus ou moins court terme. Il n'y a qu'à regarder la voix de garage sur laquelle ont été aiguillés Omar et Fred sur Canal Plus cette année pour s'en rendre compte. Au cinéma? Si Michaël Youn écrit un film, ce sera forcément un ratage, avec tout le respect que je lui dois, car on n'écrit pas un scénario solide et des dialogues percutants avec sa seule audace exhibitionniste pour matériau. Au théâtre? C'est un peu le même problème: on ne tient pas une heure et demi sur une scène en montrant son cul, ou alors dans une boîte de travelos, mais je doute que le gars ne soit emballé à l'idée de finir ses vieux jours chez Michou sous les yeux hilares et imbibés de bière des touristes allemandes de passage à Pigalle. Il est de toutes façons trop brun et trop poilu pour faire ça.

Il semble donc que Michaël Youn soit irrémédiablement condamné à ne connaître qu'une gloire éphémère, le temps de quelques déloquages irrévérencieux. C'est dommage, car on l'aime bien, mais c'est la dure loi de la logique.


Monsieur Patate est allé voir le one-man-show de Mickael Youn

Le vendredi 17 janvier 2003, je suis allé voir le premier spectable de Mickael Youn intitulé Pluskapoil. J'allais le regretter amérement. Mais n'anticipons pas.

On m'a proposé d'aller voir à la Cigale le spectable du joyeux trublion de la télévision, du sympathique agitateur du PAF, de l'exhibitionniste scatophile et matinal de M6, bref, de Mickael Youn. Compte tenu de la description que je viens de faire du personnage, il eut sans doute été incongru de ma part d'accepter l'invitation. C'est ce que je fis pourtant. Tout d'abord eu égard à la longue amitié de l'invitant, mais également parce que, le spectacle commençant à 20h30, j'avais toute les chances d'être rentré à temps chez moi pour regarder l'émission "On ne peut pas plaire à
tout le monde", présentée, faut-il le rappeler, par le séduisant Marc-Olivier Fogiel.

J'avais une autre raison d'accepter l'invitation. En effet, Mickael Youn, au travers des entretevues que j'ai pu appercevoir de lui à la télévision, laissait malgré tout transparaitre une certaine sensibilité, une intelligence et, j'ose le dire, une finesse sous-jacentes à un personnage que je cru percevoir comme étant attachant et sans doute intérieurement torturé, évacuant ses tourments via son humour gaulois et graveuleux. "Pipi-caca", me souffle t'on.

J'acceptai donc. Et moi voici confortablement assi (ce qui est relativement rare pour un théâtre, qui plus est ancien, pour être signalé) en cette belle salle de la Cigale. Les lumières se tamisent, la musique d'ambiance également : le spectable va commencer. Et le comique apparait sur scène. Et là, première gêne : le public se met à hurler, à scander le nom du comique. Je commence à craindre que mes espoirs d'assister à un spectacle de qualité ne soient décidemment bien vains.

Premier sketch. Mickaeul Youn a un bonnet de bain sur la tête (oui, je sais, c'est somme toute relativement commun) et une serviette de bain à la taille. L'individu gesticule, cours, fait de grands gestes, mais n'est désesperement pas drôle. Le public semble malgré tout apprécier. Puis, il se retourne et laisse tomber sa serviette, laissant apparaitre son postérieur. Rebelote, le public se déchaine. Mes craintes se concrétisent.

Les sketchs suivant seront du même accabit. Le comique dépense une énergie folle, mais il n'est pas drôle ! Ses sketchs sont plus navrants les uns que les autres. On a même droit au sketch du deumeuré de service, et, ô comble de la facilité, au sketch du "je choisis quelqu'un dans le public, par exemple toi, mais non finalement pas toi parce que t'es moche". Horreur.

Pour être tout à fait honnête, j'ai ri deux fois dans le spectacle. Notamment la deuxième fois, lors du dernier sketch, où l'individu entame un streap-tease, se retourne et laisse apparaître une énorme stouquette touchant terre (il s'agissait bien sûr d'un artefact, car, excepté celui de Marcel Sassetou, il est médicalement prouvé qu'un pénis est plus court qu'une jambe). L'effet de surprise est tel que je n'ai pu m'empêcher de rire et parce que c'était objectivement bien trouvé. Hélas, au lieu de s'arrêter là, Mickael Youn en rajoute, genre "je joue au golf avec mon engin, je me sers de mon engin comme d'un micro, etc.". La bonne trouvaille se trouve ainsi aussitôt décapitée, et le rire tourne court.

Mes espoirs furent donc déçus, et je quittai le théâtre avec une seule pensée en tête : "c'est pas trop tôt". Mickael Youn n'a pas su profiter de sa notoriété acquise à la télévision pour écrire un spectacle de qualité et ainsi transformer l'essai, et je crains fort que le personnage ne tombe rapidement dans les oubliettes des célébrités de télévion déchues, d'autant que les Brastisla Boys, Alphonse Brown et son film La Beuze semblent l'y pousser de plus belle.

Monsieur Patate.


Pour ceux que le sujet intéresse, Libération dit sensiblement la même chose que le gars tubercule.


LA BEUZE

CET ARTICLE N'EST PAS DROLE - par Marcel Métrossin.

Si il y a un gars qu'on ne peut pas critiquer sur le plan du travail et de la productivité, c'est bien Michael Youn. En voila qui, tout en étant assez discret dans ses apparitions télévisées, ( je veux dire par là que vu le nombre de ses produits ces derniers temps, on était en droit de craindre un squatt permanent de sa part sur les plateaux ), nous abreuve d'une production riche et variée, à défaut d'être d'une qualité constante. C'est déjà à mes yeux un bon point. J'aime beaucoup ce que tente Youn. Le produit fini m'exhalte rarement, mais l'intention est belle. Créer un faux groupe, leur faire sortir un disque, avant de les tuer et de leur préparer un hommage, puis de les oublier ( tout en se préservant une véritable identité et une probable carrière au moyen d'un one-man show ), voila un schéma dont Patrick Mille/Chico, entre autres, devrait s'inspirer. C'est quelque chose que je trouve d'une part extrèmement osé, d'autre part assez rigolo, et plutôt réussi dans l'ensemble. Plus d'un se seraient à mon avis lamentablement planté. La plupart des humoristes merdent déjà quand ils tentent de sortir un single sous leur propre nom, alors mettre en scène tout un tas de personnages et d'évènements fictifs, j'en vois assez peu qui sauraient s'y prendre correctement.

Donc, après avoir créé puis détruit les Bratisla Boys, Youn a décidé de remettre ça avec Alphonse Brown. D'abord un single, plutôt bien branlé, ou pas, après tout, on s'en fout, et puis après, un film. La Beuze. Et c'est à mon avis là, je le dis tout de suite, qu'il y a échec.

La Beuze, c'est l'histoire de Scotch, un jeune dealer havrais, et de son pote Alphonse, qui se prend pour le fils caché de James Brown. Ils mettent ensemble la main sur du shit trafiqué par les nazis, et décident d'en faire commerce pour éponger les dettes de Scotch, et lancer la carrière musicale d'Alphonse. C'est tout. Mais dans ces deux lignes de scénario, vous aurez déjà noté une erreur fondamentale de la part du scénariste, et sans doute de la part de Youn : " La Beuze, c'est l'histoire de Scotch. "

Il est là, le problème de la Beuze. Le film en soi est assez mou, assez bas de gamme, mais on rit de temps en temps, et on ne s'endort pas. Globalement, ça passe. Difficilement, mais ça passe. Ca passe un peu comme un spectacle de Sellig. Mais ce n'est pas l'important. L'important, c'est que la Beuze n'est pas l'histoire d'Alphonse Brown. La Beuze est l'histoire de Scotch.

Honnêtement, imaginer lancer la carrière du fils caché de James Brown, français, blanc et moustachu, avec juste cette idée, il y avait déjà matière à s'amuser. On aurait aimé voir les démarches dans les maisons de disques ( on en voit pas 3 minutes ), les premiers cabarets, les découragements, la rencontre avec un producteur de merde, et puis par-dessus ça, on aurait greffé un ennemi rigolo, des concurrents, des attachés de presse, des top 50 ringards, on aurait fait une sorte d'Aile ou la Cuisse adapté à la musique style fast-food, et ça passait. Et puis merde, si Youn et Desagnat tenaient vraiment à leur histoire d'herbe, et bin, allez, on en mettait un peu, de l'herbe, et puis voila, ça roule.

Bin non. C'est pas comme ça que ça s'est fait. On ne raconte pas l'histoire d'Alphonse. On raconte celle de son copain dealer. Ce qui fait qu'on retombe dans le film bas de gamme " petits dealer sympas ", comme dans les plus belles fresques de Djamel Bensala, l'auteur du Raid, cette merde retentissante, par exemple. Evidemment, c'est en moins catastrophique, puisqu'on a ni Jamel, ni Lorant Deutsch, ni Atmen Kelif, ni Julien Courbey, ni Elie Semoun. Mais, comme un symbole, il y a quand même Lionel Abelanski. C'est un signe. Par sa seule présence, cet acteur nous fait bien comprendre que ce film n'est pas une bouse monstrueuse, mais il s'en est fallu d'un cheveu.

Voila en gros mon problème avec la Beuze. On sent à plein nez qu'on est passé à côté de quelque chose de sans doute très drôle, pour tomber dans quelque chose de franchement moyen. Mais on s'estime quand même heureux de cette médiocrité, qui maintient le film au rang des productions " bof, pas mal ", grâce justement à la présence du duo Youn / Desagnat, et au fait que le film ne soit pas une ode style Canal + au cannabis, qu'il se contente juste de s'en servir. Je ne suis pas sûr qu'avec les premiers acteurs pressentis ( Jamel, Omar et Fred, Eric et Ramzy ), on ne soit pas tombé encore plus bas.

On retiendra quelques bons moments, quand même, à base de yaourt à boire, de cercueil, de Viet-Nam, de Chupa Chups, de rappeurs de mes couilles et de plein d'autres trucs, ça sauve l'ensemble, ça fait rire, ça évite de s'ennuyer jusqu'à la mort. Mais putain, c'est pas passé loin. Oh non.




Michaël Youn dans On Ne Peut Pas Plaire À Tout Le Monde - par Marcel Erah
(l'extrait de l'émission commenté dans cet article date du dimanche 24 octobre 2004)


On pourra lui cracher dessus à volonté, l'une des qualités de l'émission de Fogiel le dimanche soir est qu'elle est en direct. Instant notable, ce soir donc, le passage de Michaël Youn.
Le contexte ? Après les parties consacrées respectivement à Patrick Sébastien, et Jean-Pierre Jeunet, Fogiel commence avec une allusion aux péripéties des 11 commandements: "Michaël, c'est dangereux, de faire de l'humour ?". Là, Youn enlève son costume pour découvrir un déguisement de "Frotte-man, l'homme qui se frotte" et commencer un énième numéro de bouffon de plateau, mais avec une variante supplémentaire qui amènera tout l'intérêt du récit, un truc prononcé genre "Attention, chaque fois que vous serez agressifs avec moi, je me frotterais à vous ou à Carlier". Quand il n'y avait pas tout à fait lieu de dire une telle chose à cet instant. On sent donc déjà comme une pointe de défensive.
Soit, le Marc'O est téméraire, tente de s'accrocher à son interview "en profondeur" en répondant qu'il s'intéresse juste à lui, qu'il n'est pas agressif(ce qui est en l'occurence vrai), et arrive ce qui doit arriver, Youn se frotte, etc. C'est bien sur, peu drôle, prévisible, comme du Michaël Youn donc(du moins en promo), et maladroit plus qu'à l'accoutumée. Un mauvais timing, qui amène votre serviteur à penser que le gars ne se donne pas d'autre choix que de faire le con de cette manière, déjà d'ordinaire, mais surtout à cet instant précis.
C'est après que ça se gâte. Michaël Youn, devant la relative platitude de ses effets comiques, et pendant que Fogiel veut faire le sérieux, commence à prendre une attitude plus cassante pour affirmer qu'il est là pour rire, et qu'en dehors de ça, il n'a rien à dire. Fogiel répond un truc du genre "Mais vous pouvez être intéressant sans faire rire, aussi". Youn réplique alors assez froidement: "Oui mais ça m'emmerde, je ne suis pas là pour ça". Retour du Frotti-frotta mais en moins drôle, car le malaise commence à s'installer. Fogiel insiste, Youn rigole de moins en moins jusqu'à plus du tout, se plaint que ce qui est en train de se passer le fait chier, qu'il est là pour rire, et que de toutes façons, "c'est toujours tendu quand il vient dans cette émission", le tout de manière assez premier dégré pour que ça ne passe pas complètement bien. Puis Michel Field, qui était sur le plateau, s'en mêle, pour dire je ne sais quelle connerie qui achèvera d'huiler le brasier, Youn commence à s'énerver, repète qu'il n'y a rien d'intéressant à savoir sur le gars derrière le trublion,continue sur son discours avec une répartie minimum, qui hésite entre mutisme et ras-le-cuïsme, "non c'est bon, ça me fait chier, je suis venu pour me marrer, c'est toujours tendu quand je viens" à outrance, bref l'ambiance se dégrade, surtout du fait de Youn qui s'avère alors comme pris au piège devant l'inefficacité de son mode "déconneur". Fogiel retente d'autres questions de son inimitable cru, et Youn oscille entre agressivité, agacement, et silence radio. Puis se casse. Excédé, très triste et blasé aussi semble-t-il. Relative incompréhension des invités du plateau, vague amusement gêné de Fogiel, qui lance une bande-annonce du spectacle de Youn pour calmer le jeu en attendant qu'il revienne.

Je précise que Michaël Youn est parti en ayant visiblement bien les boules, et dans un sérieux total, après avoir choisi de ne plus du tout jouer le jeu pendant plusieurs minutes de conflit, incarnant une sorte d'anti-thèse du personnage qu'il a toujours me semble-t-il servi jusqu'ici, ce qui est assez rare, je crois, pour être signalé. Après "la pub", Youn revient néanmoins sur le plateau, cette fois se murant quasi-totalement dans son mutisme.
Guy Carlier, qui doit faire son portrait, y va de son coté gros nounours pour rassurer Michaël Youn qui a ce stade semble se sentir agressé par tout et tout le monde, Carlier qui donc se la joue soft. L'idée maîtresse(enfin, si on peut parler de véritable idée) du portrait, d'un point de vue humoristique, était d'affirmer que Youn avait arrêté le Morning Live parce que Télématin était une concurrence trop dynamique.
J'en profite pour vous avouer que c'est la première fois que je voyais Guy Carlier, et que je ne partais pas avec un mauvais à priori, mais ceux qui avaient cru pouvoir prédire sa chute(si tant est qu'un jour il eut été caustique et talenteux) ne se seront peut-être pas complètement trompé si j'en juge d'après ce que j'ai vu. D'ailleurs, pour continuer sur une idée que j'ai vu écrite ici et là, "Carlier nouvelle potiche de télé", on en a pas nagé très loin à la fin du portrait de Youn, puisque le final, de manière flagrante prévu à l'avance, reposait sur le fait de confier un marteau à Michaël Youn pour que celui-ci aille détruire une maquette en carton du plateau de Télématin. Bien sur, l'ambiance était assez clairement sinistre, et on pouvait s'attendre à tout sauf à ce que Michaël Youn se mette à poil à ce moment-là, s'enduise le torse de neige carbonique ou coure à travers le plateau en string en hurlant dans un mégaphone. Mais le gars aura été vaguement beau joueur quand même, dans un sursaut de je ne sais quoi, et aura pris le marteau, de son même air dépité, pour se trainer mollement jusqu'à la maquette et y donner deux tout petits coups sans grande conviction, comme un enfant malheureux à qui l'on aurait brisé son jouet préféré(en l'occurence, son droit de faire le con partout où il passe sans jamais être remis en question). Youn se rasseoit, et ne dit plus rien, ce qu'avait anticipé Fogiel qui enchainera plutôt vite avec un ultime "Alors, on s'est tout dit ?". "On s'est tout dit", répondra Youn, avant de définitivement s'en aller.

À l'heure actuelle je ne sais pas encore si ce passage fera du bruit, mais la logique voudrait que oui, un minimum. Ce qui fut intéressant dans le fait d'assister à ce moment de l'émission est qu'il semblait sur le coup être comme un point clé dans l'histoire de Michaël Youn, qui est loin d'être si important pour la cause de l'humour, ça c'est sûr MAIS dont j'ai toujours pensé qu'il était quelqu'un d'intelligent qui se réfugiait un peu trop dans la facilité, au point de n'en plus faire que celà pour exploiter son filon à 200%, avec tous les risques que ça comporte. Devant cette observation, on peut penser au coté obscur et séduisant de la démagogie pour public djeunz, et je serais volontiers prêt à soutenir cette théorie, en ce qui concerne le principe de l'humour de Youn. Mais pour le gars, je suis peut-être un peu naïf, mais ce que je vois dans son attitude vis-à-vis de son impressionnant non-renouvellement, c'est de la sincérité brute. Une volonté de se jeter à corps perdu, le nez dans le guidon, dans cette forme d'humour pas très fin mais qu'il a eu le mérite de pratiquer jusqu'ici avec une belle énergie, on ne peut pas lui ôter ça. Ou du moins si on lui ôte, il ne reste plus grand chose, le gars n'a pas de plan B visiblement. Le passage de l'émission de Fogiel ce soir ne faisait que le démontrer, car enfin, si Youn bluffait, c'est le meilleur comédien de sa génération.
Même si ce n'est donc pas le drame de l'année, je n'ai pas trouvé franchement jouissif de voir Youn se retrouver plus qu'à poil (hum), sans son humour. Peut-être va-t-il prendre un peu de recul après cet incident, et opter pour de plus judicieux choix de carrière. Je lui souhaite en tout cas.